CHAPITRE XX
Descente des Vandales. — Ils prennent la Sardaigne, la perdent, s’en emparent de nouveau, et eu sont délinilivcnieut eliassés.
La Sardaigne , soumise j>endant près de huit siècles à l’empire qu’avaient fondé les Romains, avait passe avec eux par toutes les alternatives de la bonne et de la mauvaise fortune. Un nouvel ordre de choses et de nouvelles destinées se préparaient, et le monde les attendait en silence. Les symptômes d’une prochaine dissolution étaient partout, et tout annonçait la ruine imminente du colosse
qui avait dominé l’univers. Des nuées de barbares s’étaient précipitées sur lui et déchiraient scs membres dispersés. L’empereur Valentinien III venait de mourir. Genseric , roi des Vandales , s’était rendu maître de la presque totalité de l’Afrique. Cartilage tomba en son pouvoir l’an 438. 11 y établit le siège de sa pui.ssance , et de là dirigea une expédition contre la Sardaigne, où ses troupes débarquèrent, et qui était si mal défendue qu’elles n’eurent pas de peine à s’en emparer. Marcellin , f^ls A'Àciius, la reprit sur eux
en 468, et la fit rentrer sous les lois de l’empereur Léon Z''. Les Vandales ne renoneèrent pas si facilement à une pareille conquête. Quelques années après , la trouvant dépourvue de troupes , ils la subjuguèrent une seconde fois , et la déclarèrent la septième province de leur royaume. Ils ne furent plus troublés dans leur possession jusqu’à l’année 555, qu’ils la perdirent pour jamais. Gélimer, leur dernier roi , avait donné le gouvernement de la Sardaigne à l’un de ses chefs, nommé Goda^ qui s’était révolté contre son maître et commandait en son propre nom. Zazon, frère de ce prince, se rendit en Sardaigne avec cinq mille hommes de troupes pour punir le rebelle, qu'il prit vivant, et dont il envoya la télé au roi, comme trophée de sa victoire. Mais Gélimer , menacé lui-même par l’armée de Bélisaire, sous les exploits duquel il succomba plus tard ', fut obligé de rappeler de Sardaig'ne les troupes qu’il y avait envoyées. Cj rille , général de Jiisfinien, prit Cagliari , et soumit d'autant plus facilement tout le reste de l'ilc , que les Sardes, opprimés par les Vandales, qui professaient l’arianisme, dont leur orthodoxie les avait rendus les
• Gélimer, vaincu et fait |uisonnicr par 7tc7/.tn/rc , finit en ptiilosophc et en liéros. Que vriiv-tii de moi , lui demanda généreusement le vainqueur? — Rien, n'pondit le fier liarliare, rien qu'une éjwnge pour laver mes hlrssures, et une Ijre pour chanter mes malheurs.
plus ardents ennemis, saisirent l’occasion de secouer leur joug, et reçurent à bras ouverts l’armée impériale.
La domination des Vandales en Sardaigne dura soixante-dix-liuit ans.
On fait remontera cette époque un usage qui s’est établi généralement depuis en Sardaigne , et qui a été fatal à son agriculture , celui des biens communaux.
L\ SAHDAIGIVE