CHAPITRE XXL
Imiptiuns des Goths et des Londmrds. — Conversion des montagnards de l'intérieur à la religion chrétienne.
Les barbares du nord avaient appris les chemins qui les conduisaient au cœur des plus belles provinces du midi de l’Europe , et où ils trouvaient l’abondance que leur refusait la nature dans leurs climats glacés. La Sardaigne partagea le sort des plus riches contrées de cette partie du monde. Mal gardée par ses maîtres, dont la vigilance ne pouvait suffire à tant d’attaques multipliées, elle devint la proie des barbares , qui se succédaient et se renouvelaient sans cesse.
A peine était-elle délivrée de l’occupation des Vandales, que les Goths, accourus du fond de la Germanie, vinrent lui imposer un joug encore plus oppressif et plus cruel. Dix-huit ans après l’expulsion des Vandales, Tolila , roi des Goths, profitant de l’absence de Bélisaire, battit les Grecs en Italie, et s’empara de la Sardaigne. C’était en 547. L’eunuque Narsès , qui avait remplacé Bélisaire , défit complètement , dans les années 552
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et 553, les barbares commandés par Tcïas , leur dernier roi, et les expulsa entièrement de l’Italie et des îles adjacentes. La Sardaigne rentra alors au pouvoir des empereurs d’Orient.
Les annales du temps parlent d’une expédition des Lombards; mais il paraît que ce ne fut qu’un simple débarquement, opéré après de nombreuses tentatives sur les divers points des côtes de l’île, et qu’ils bornèrent leurs exploits à ravager et dévaster quelques cantons. Paul Diacre , leur historien , ne dit pas qu’ils en aient jamais été entièrement les maîtres.
Dès que l’empereur Justinien se vit rentré dans la paisible possession de la Sardaigne , il s’occupa de réparer les maux que lui avaient faits les invasions. consécutives de ces nuées de barbares , qui avaient passé sur elle comme des ouragans , et l’avaient couverte de ruines. Il réforma son administration. Un président , subordonné au préfet du prétoire d’Afrique , était chargé du soin des affaires civiles ' , un général de celui des affaires militaires. Il voulut que ce dernier portât particulièrement son attention sur les peuplades des montagnes de l’intérieur, toujours indépendantes
' 5iept provinces dcpcmlaient de la préfecture prétorienne d’Afrique; savoir : Carthage, Byiantiiim et Tripolis, qui avaient des directeurs consulaires (^redores conjulares ) -, la ISumidie, les deux Maurilanies et la Sardaigne, qui avaient des présidents {pratides). Jufliniani imp, Coef, la I. De o/jfic. pia-fect. praclor. jlfrica:.
el indomptées , dont les rapines et les brigandages compromettaient sans cesse la tranquillité de l’ile, et insultaient à rautorilé. Il ne put cependant les soumettre entièrement. Maurice et Théodose furent plus heureux. Ils chargèrent de cette expédition , tant de fois renouvelée, et si souvent malheureuse, un de leurs généraux, nommé Zaharda, qui , à la tête d’un corps d’armée imposant , et assisté d’évêques et de missionnaires, que lui avait envoyés le pape saint Grégoire , les réduisit , moins par la Ibrce des armes’, que par la prédication évangélique. Le chefdeces montagnards, nommé Hospes, embrassa la religion chrétienne , et son exemple entraîna celui de tout son peuple, livré jusqu’alors aux pratiques de la plus grossière idolâtrie. La conversion de cette petite peuplado fut un grand sujet de joie pour l’Fglise. On peut s’en convaincre en lisant , dans le recueil des lettres du pape saint Grégoire , celles qu’il écrivit aux évêques sardes , au préfet d’Afrique, et à l’impératrice Constance , pour les féliciter de cet événement.
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