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juge d’Ai-borée ses deux cuusuis , chargés de réjiondre de la conduite de leur allié , et de promettre à l’empereur l’assistance d’une flotte , pour le mettre on possession de ce nouveau royaume. Frédéric n’accueillit point mal une proposition qui ne fiatliiit pas moins sa vanité que celle du juge sarde. Dès qu’elle lut connue des consuls pisans, qui se trouvaient alors près de la personne de l’empereur, ils réclamèrent vivement contre la concession qu’il paraissait dispose â faire. Ils représentaient que leur république était souveraine de la Sardaigne, et que Barisonr , qui affichait la ridicule prétention de régner sur un pays qui ne lui appartenait pas, était un vassal félon , révolté contre son légitime suzerain. « Que prétendez-vous , leur » dit Fiédéric ? Je ne reconnais pas la Sardaigne « comme votre propriété. Un roi est-il un homme « à vous? Si je lui en défère le titre et l’autorité , » je le fais dans l’intérêt de ma puissance et de nia >• gloire , et parce que telle est ma volonté. J’en ai » le droit , et j'en userai , s’il me plaît. «
Les consuls génois, fidèles à leurs instructions, qui avaient pour objet d’arracher à tout prix la Sardaigne aux Fisans , profitèrent de ces bonnes tlispositions de l’empereur , et appuyèrent avec tant de chaleur l’offre de Rarisone , que Frédéric , qui était fort sensible à l’ap|iât de l’argent et s’o<ciipait lie furuier un trésor , s’empressa d’accep-
A X C I E 5 Mi E T M O D E II X E . 1 5f)
1er'. U ilt dresser par les notaires impériaux un diplôme par lequel il déclarait le juge d’ Arborée roi de toute la Sardaigne; mais il ordonnait en même temps , pour condition absolue , que la somme promise serait payée comptant. Cette exigeance de l’empereur, à laquelle ^amo/ie ne s’attendait pas , ne laissa pas de le mettre dans un assez grand embarras. Avant de quitter sa principauté insulaire , il passait dans sa petite cour d’Oristano pour un prince fort riche , parce que ses revenus étaient supérieurs à ses besoins ; mais dcpub qu’il s’était fait postulant de couronnes et roi à la suite dans les cours d’Italie , il avait vu promptement ses ressources épuisées , et il était sans aucun moyen de jïayer le prix de son marché. Il comptait bien, à la vérité, à son retour triomphant dans ses états , faire payer aux peuples de l’ile l’honneur d’obéir à un seul et même souverain, et mettre en usage sur eux l’art qu’il avait appris en des pays plus civilisés, d’augmenter et de multiplier les contributions. Il fallait |K)ur cela qu’il se rendit en Sardaigne pour presser ses sujets de concourir aux dépenses tlu
’ M. De f'o/lnire dit ( Aiiiudcs de l’Empire) Jet quatre haillis de
la Sardaigne , qui t’était enrichi , vint demander à FitÉDénic le titre de roi, et que l’empereur le lui donna. L’eni|iereiir ne le dunna pas , mais le seudil très liii'ii. Quant à la déiiumiiialiuii de , (pie / d/tni/r duiiiie aux rhefs |K>liliilurs de la Sardaigne , il |urait ipie c’est le. tilre de juget ({ui l’a induit en erreur. Il les a pris pour de grands offiru rs de jiidiralure. C’»*»! du reste la seule fois qu’il soit question , dans retanleur.de l’ile de .Sar daigne.
LA SAnOAIO’VE
Irône ; el il ea lit en eflet la demande à d’auguste vendeur. Mais Frédéric, qui était toujours si pressé en matière d’argent , qu’il venait de tripler d’un seul trait de plume tous les impôts de ses états d’Italie jx)ur en emporter le produit en Allemagne, et qui d’ailleurs avait peu de confiance dans l’autre jxirtie contractante, ne voulut accorder aucun délai, et déclara qu’il ne lui permettrait pas de s’éloigner de sa cour avant qu’il se fût acquitté jus- ([u’au dernier ducat, et eût entièrement soldé son compte. '
Les consuls génois virent bien qu’il n’y avait pas moyen de tromper un pareil créancier , et comme leur principal but était d’enlever la Sardaigne aux Pisans, ils jugèrent qu’il fallait se résigner à prêter au juge Barisone les 4t>oo marcs auxquels l’empereur tenait si fort, et ils les lui avancèrent sur sa parole d’honneur. L’empereur Fiédéric ne vit plus dès lors de difficultés à la reconnaissance du roi de Sardaigne , el permit qu’il fût solennellement couronné à Pavie.
Cependant les Génois, résolus à tirer tout le parti possible de ce singulier contrat, firent les frais d’un armement considérable pour conduire et installer le nouveau roi dans ses états. Les chefs de l’expédition , arrivés devant Oristano, capitale du judical d’Arborée, s’ajK'rciirenlavcc inquiétude t[ue les propres sujets de Barisone , loin d’être fiers
ANCIE}!«>'B BT MODERNE. l4l
de sa nouvelle dignité et de l’accueillir avec enthousiasme, comme on le leur avait fait espérer , montraient une extrême indifférence, et paraissaient même assez j>eu disposés à le recevoir. Ils jiensèrent avec raison que cette entreprise présenterait beaucoup de difficultés et entraînerait de grands frais, et , comme ils n’avaient d’autre caution que sa personne et sa parole , caution qui ne leur semblait pas suffisante , ils ne voulurent point le relâcher, ni lui permettre de débarquer dans son île. Après être restésquelque temps avec lui devant Oristano , attendant toujours une occasion qui ne se présenta jamais , et le soupçonnant d’ailleurs de chercher à entretenir des intelligences avec les Pisans, ils le ramenèrent à Gênes , oîi ce malheureux prince, qui n’avait pas su se contenter de sa modique fortune, demeura pendant plusieurs années prisonnier pour dettes.
L’empereur Frédéric oublia promptement un roi qu’il avait fait à prix d’argent , et qui ne savait pas mieux faire valoir les droits qu’il avait achetés. Il donna l’investiture du royaume au duc Guelfe, son oncle; mais celui-ci ne fut pas plus avancé avec son nouveau titre , que le roi captif Barisone , et on ne voit pas qu’il ait rien entrepris pour entrer en possession ' .
' Le duc Guelfe consena jii.vpi'à .«a mort le titre honoriGquc de mi de Sardaifpir. Il le )>ortait en iiS5 . lorsqu'il commandait lr.s tro.ipes de l'cni-