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tes communes et redoutaient, pour des motifs différents, le sort que la politique réservait à la région dés Alpes.
Parmi tous ceux qui servirent le duc Charles-Emmanuel , deux hommes sont restés po-
fulaires: Antoine Favre et François de Sales. 1s résument, dans l’opinion, le double aspect, religieux et positif, du caractère savoyen. Ils étaient pour le cabinet de Turin un mobile et puissant levier qui, tour à tour, maintenait ou agitait la Savoie. Ils jouèrent dans ce pays, et même au dehors , un rôle considérable ; ils y façonnèrent l’esprit public; ils y laissèrent des traces profondes; à tous ces titres, leur portrait doit se détacher en saillie de cette période compliquée qui s’étend du traité de Venins à la convention de Cherasco.
En 160-1 , René de Lucinge avait tout quitté plutôt que de servir d’instrument à des faussetés calculées. Un homme d’esprit, préparé aux intrigues de cour par l’étude des arguties juridiques, le remplaça dans la confiance du prince et demeura, pendant plus de trente années, l’arbitre des affaires intérieures de la Savoie. Charles-Emmanuel aimait qu’on fût heureux et qu’on ne s’embarrassât pas de scrupules ; Antoine Favre répondit à son espérance. Né français', Antoine Favre n’adopta pas la
1 A Bourg, le 4 octobre 1557, deux ans avant que la Bresse fit de nouveau partie des Etats des ducs de Savoie. 11 étudia à Paris, chez les Jésuites, dont il resta l’élève toute sa vie. 11 fit, en 1606, l’apologie enthousiaste de cette compagnie : Tanlosque societalis Jtsu paires quibus nihil celas nostra tulit ferelqne erudiiiùs, aut religiotiàs, nihil denique loti christianœ reipublicœ in lanlâ seculi infelicitale utiliùt (Codex. 1072). Président du Sénat dès 1610, il mourut & Chambéry le 1er mars 1624. Sauf certaines petitesses de caractère et de singuliers