‹ Histoire de Savoie d'après les documents originaux. T. 2Chapitre 18 sur 43 · I.K POIDS DK CINQ U AN T K ANS DK RÈGNE · texte numérisé non relu

I.K POIDS DK CINQ U AN T K ANS DK RÈGNE

La vie de l’humanité est ainsi faite qu’il n’y a pas, en politique surtout, de successions longtemps vacantes. La perte de ces deux grands esprits, Antoine Favre, François de Sales, fut profondément sentie par le prince et par la nation ; mais la gravité des événements contemporains en atténua l’impression durable. D’autres acteurs, plus jeunes et plus vigoureux, occupaient la scène du monde.

Richelieu, qui sacrifiait tout à l’unité du pouvoir, attaquait les Protestants à l’intérieur et les soutenait au dehors. Depuis l’occupation de la Valteline et la convention de Suze 1 , le duc de Savoie ne devenait lui-même qu’une arme de guerre au service de la France contre l’Espa-

Ïfnol ; cette situation parut intolérable à Chares-Emmanuel qui voulut brusquer l’attaque de

1 Richelieu entre au conseil comme ministre dirigeant , le 34 avril 1624 ; la Valteline est envahie le 18 mai ; la convention de.Stjzc est signée le 21 octobre.

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Gênes, prix de son alliance; Lesdiguières fit tout manquer par ses lenteurs calculées1. Il avait pour mot d’ordre : empêcher les Espagnols d’écraser le duc et surtout le duc de prendre Gênes. On savait par expérience que la nécessité seule retiendrait le prince dans la coalition de 1023; l'ambassadeur de Venise ne cessait de rappeler à Créqui combien peu il fallait compter sur le duc , des qu’il était victorieux; Charles-Emmanuel, consterné, s’aperçut avec douleur que la méfiance de ses alliés lui faisait perdre l’occasion sûre de rendre l'Italie aux Italiens. Déplorable condition de quiconque met l’intérêt à la place du devoir.

Hector Milliet, successeur d’Antoine Favre en Savoie, dirigeait de Chambéry les missions diplomatiques de ses collègues. Le président Guillet de Monthoux négociait à Berne l'accession des Cantons protestants dans la coalition a.

' La campagne de 1025 so fit sur les deux versants des Apennins et dans la rivière de Gênes ; elle eut été désastreuse sans la solidité des troupes de Savoie auxquelles toutes les relations contemporaines rendent justice ; c’est à leur tête que Victor-Amédée, prince do Piémont, dégagea l’armée francopiémontaise au combat de Monestè ; à Savorgnano le duc, malgré son âge, se jeta en pleine mêlée comme un soldat de fortune et ne dut la vie qu'au dévouement du secrétaire d’Etat Crotti, qui se fit tuer en le couvrant de son corps. A La Versa, l’escadron de Savoie, conduit par le baron d'Hermanee sur les canons espagnols masqués par un bois, voulut attaquer par te côté le plus glorieux, c'est-à-dire par l'inaccessible, et, comme vingt ans plus tard Condé à Fribourg, perdit les deux tiers de son effectif dans cette folie héroïque. Au siège de Verrue, le marquis de Cillan sauva le régiment de Maurienne par ses charges désespérées. — Lire Roburente fArchivio storico. IX) et Bouche CHist. de Provence. X , chap. xvi), Corbellini (Storie militari). Silhou (Mém. sur les dernières guerres d'Italie), et la relation manuscrite des Arch. de cour sur le siège de Verrue.

* Les documents attestent tous que, de 1624 à 1627, la France et la Savoie eurent une action politique commune. En 1625,

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