‹ Histoire de Savoie (volume 2)Chapitre 11 sur 38 · MO · texte numérisé non relu

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core que ceux des moines. Dans le Y^ siècle, Avenches était la résidence d'un évéque qui étendait sa juridiction sur la plus grande partie de l'Helvétie occidentale; après la ruine d'Avenches, Tévéque Marins transporta le siège épiscopal à Lausanne (entre 585 et 594). Le Vl® siècle vit s'élever les sièges de Martigny (Octodurus), transféré quelques années plus tard à Sion ; de Belley, entre 517 et 555, avec Tévêque Vincentius, émigré de Nyon, que les Huns avaient incendié; de Maurienne, avec l évéque Felmase, en 575 ; l'église de Lémenc fut bâtie vers 546, sur l'emplacement futur de Chambéry. Vienne, un instant dépossédée de sa primatie au profit d'Arles (418 à 450), était redevenue métropole, depuis Honorius, pour les diocèses de Valence, de Grenoble, de Tarentaise et de Genève; Arles ne conservant que les autres sièges de la vaUée du Rhône * . Les richesses du clergé s'étaient augmentées en proportion de son influence. Déjà, sous les empereurs, l'évoque avait été libéré de la responsabilité des curiales pour les impôts'. Les conciles d'Agde (506), d'Orléans (511) et d'Epaone (517) traitent des biens ecclésiastiques réserves à la réparation des églises, à l'entretien des prêtres et des pauvres, et au rachat des captifs. Ce patrimoine fut nientôt frappé d'impôts, car, au concile de Clermont, les évoques demandent à jouir des biens de l'Eglise, en ne payant que la cotisation habituelle ; Lothaire, roi de Soissons, fixe cette taxe au tiers du revenu, et Grégoire de Tours s'élève avec véhémence contre ces usurpations des

f rinces. Tout puissants au début de la conquête des ranks, puis exploités par les successeurs de Ghlovis , les évêques se dégagent de l'oppression royale en même temps que les autres seigneurs féodaux. La dîme, ordonnée en France par le concile de 585 % fut

* Sirmond. Concilia Galliœ, tome I, 27 et 302.

* Rescrit de l'empereur Valentinien à Probus, préfet du prétoire des Gaules (365). — Code Théodosien. De Decur. XII, Ht. ly 49. — Loi de Constantin et Constance de Fan 361.

' Actes des Conciles, — Edit. de Mausi (Venise, 1757. — 31 vol. in-foL).

déclarée obligatoire par les capitolaires de Charlemagne; elle était affectée, par tiers, à l'entretien des églises, à celui des pauvres, à celui des prêtres. Puis là règle s'altéra, la dîme devint un revenu sans contrôle et son impopularité grandit avec la rigueur de sa perception. Dès 845, au concile de Heaux, puis en 888, au concile de Metz, les prélats font défense à tout chrétien, quel qu'il soit, de faire payer tribut aux prêtres et d'exiger une redevance des terres ecclésiastiques; quelque vingt ans plus tard, l'Eglise avait définitivement conquis l'exemption des charges communes. Les anciennes dénominations et les anciennes limites des provinces gallo-romaines subsistèrent dans la hiérarchie ecclésiastique dont l'invasion des Barbares respecta partout les juridictions. L'étendue des diocèses au moyen-âge est souvent utile pour déterminer avec précision le territoire des peuples primitifs. C'est ainsi que les diocèses de Grenoble, de Genève et de Belley * se partageaient avec Vienne la vieille Allôbrogie de César. Depuis le IV® siècle, la notice des dignités impériales mentionne les titres de ducs ou commandants militaires des provinces, de comtes préposés à la recette des finances ou à la garde spéciale d'une localité importante ; de mandataires du prince pour la régie des domaines impériaux (rationales rei privdtœ) ; etc. Les Wisigoths et les Burgondes vont eux-mêmes adopter ces qualifications qui deviendront les titres de la féodalité. Un autre fait se produisit dans la région savoyenne des Alpes exactement comme en Bourgogne et en Dauphiné ; c'est la transformation du langage et l'apparition de l'idiome moderne. Au Vie, au vJI« et au VIII^ siècles, on aperçoit dans la vallée du Rhône et dans les vallées adjacentes la langue germanique, langue du vainqueur, mais dont il ne faitpoint usage dans le gouvernement et qu'il n'impose pas aux Gallo-Romains ; puis la langue latine, langue des évêques et des diplomates, langue des affaires. De vingt

* De Bomhourg. Mémoire sur le diocèse de Belley (Revue du Lyonnais, juillet 1867).

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ans en ¥ingt ans, on put suivre une altération progrès^ si?e du langage ; les restes des anciens idiomes celtiques, que la conquête romaine, continuée par la prédication chrétienne, avait effacés aux deux tiers, reparurent dans les vallées les plus reculées ; Quelques mots usuels, apportés par les Éurgondes, les uoths ou les Franks, s'introduisaient avec des désinences latines. Puis, dans l'ignorance universelle qui du peuple monta jusqu'aux classes riches et nobles, où le goût des arts se perdit avec le charme du loisir, ces désinences devinrent un embarras ; on les supprima. L'idiome nouveau qui naissait chaque jour de l'entretien d'hommes grossiers n'eut rien de régulier, d'uniforme, jusqu'à ce que, dans chaque région, la langue parlée, mobile et variable, s'écrivît, puis d'écrite devînt littéraire et, par un phénomène inverse à celui qui dut présider à sa création, s'imposât peu à peu à la foule par l'ascendant des lettrés et des prêtres ' . C'est ainsi que du latin naquit la langue romans ; puis que se formèrent les dialectes particuliers qu'on appela le français, l'italien, l'espagnol, tandis que la langue allemande s'accentuait aussi pour sa part et se précisait. »

Les événements particuliers de Thistoire locale de la Savoie n ont pas percé l'oubli qui rend difficiles à apprécier ces origines des nationalités européennes. Pendant cinq siècles, du V® au X«, les évéques de chaque province, réunis en concile, se concertent et impriment à la politique la direction qui leur paraît être la plus utile aux intérêts dont ils sont les représentants ; les actes de ces assemblées et la correspondance des prélats sont les sources uniques où l'on puise quelques détails sur l'état social de cette pénode. Il ne faut pas

* Voir pour ces questions de philologie le Tableau de la littérature au moj/iiv^dge de M. Villemain. (I> 59.)

d'ailleurs avoir la prétention d'expliquer aujourd'hui avec une entière certitude les noms et les choses de ce temps. Dès le XI® siècle, le moine Paul, chargé de copier les vieux titres d'un monastère de Chartres , avouait ingénument que la plupart des terriers et contrats étaient devenus incompréhensibles, les colons et les serfs ne parlant déjà plus le même langage et n'attachant plus aux mots la même acception : Neque habent vocahula rerum quœ tune sermo habebat vulgaris.

L'organisation rudimentaire des tribus germaniques continuait à se modifier au contact de la civilisation romaine; les rivalités des chefs, l'habileté avec laquelle les Gallo-Romains surent se rendre nécessaires, introduisirent des nouveautés dans le régime politique des Franks. L'influence énervante de victoires prolongées dompta leur vitalité de peuple sans trop adoucir parmi eux la rudesse de l'individu; dès qu'au lieu de chefs militaires ils eurent des rois , il y eut des favoris et des parvenus. Aussi, en 752, le pape Zacharie proclame que celui-là doit être roi qui exerce le pouvoir royal, et l'assemblée de Soissons remplace le dernier des Mérovingiens par Pépin, fils de Karl. Les deux expéditions de Pépin en Italie ressuscitent le vieil empire romain sur les bords du Rhin et relèvent, à Rome, au profit de TEglise, le trône tant de fois renversé des Césars et des Byzantins (755 et 756). De 768 à 800, Karl, fils de Pépin, évangélise les Saxons et les massacre, restaure le pape et l'asservit; pendant quatorze ans, il se fait l'illusion de l'unité et de l'avenir de son œuvre ; les invasions dos Northmans sur

les côtes de la mer du Nord troublent son orgueil; il meurt (814).

Aux temps où Karl major, comme disent les chroniques, voulut faire un seul peuple des multitudes éparses dont il pouvait se croire le maître, les souvenirs de la grandeur romaine étaient encore assez énergiques pour impressionner les conquérants, mais la fusion des races est l'œuvre du temps et la volonté d'un grand homme ne peut y suppléer. Faisant revivre la tradition césarienne au profit de sa propre domination, Charlemagne se servit du pape comme les chefs des Franks s'étaient servis des évéques. Sa tentative avorta par l'excès de sa grandeur ; l'empire n'aboutit qu'à des ruines ; ce furent des ruines solides , et il en resta par toute l'Europe comme une verdeur d'allures, comme une sensation de l'unité, un instinct d'association morale que Rome, à son tour, reprit et raviva pour créer la chrétienté du moyen-âge. La Savoie doit à Charlemagne sa division en provinces, des écoles de latin et de chant, de riches subsides pour ses abbayes, des* soins intelligents pour ses routes * . Plusieurs capitulaires sont datés de Genève, entre autres celui qui ordonne aux intendants des domaines de faire, pendant le carême et avant la moisson, deux parts des produits agricoles, l'une pour le prince, l'autre pour les pauvres. Charlemagne, dur pour les esclaves militaires ramenés de Saxe, de Bavière, d'Espagne, se montra, dans ses ordonnances, plein de mansuétude et de prévoyance

* Saint-Pierre de Genève fat rebâti; l'Eglise de Tarentaise figure parmi les 21 métropoles légataires du vieil empereur; des maîtrises furent établies à l'abri de tous les clochers, etev

pour les serfs de la glèbe. Ses capitulaires constituent une transition normale entre les lois urbaines de Rome et les habitudes rurales des Barbares ; ils règlent, si je puis dire, le double courant parallèle des serfs et des citadins qui vont lutter au moyen-âge, les uns

f)our le rachat de droits qu'ils ont abdiqués, es autres pour la reconnaissance de franchises qu'ils ne laissèrent jamais prescrire. L'œuvre sociale du règne se perpétua par fragments ; l'œuvre politique, vioiepament discutée par des ambitieux (814 à 837), mal étayée sur l'antagonisme de races rebelles à l'assimilation, ébranlée par la bataille de Fontanet (841), s'écroule au traité de Verdun (843).

Les trois vastes territoires que se partagent les fils de Louis-le-Débonnaire vont successivement se morceler en quantité de petits Etats subdivisés à leur tour en milliers de fiefs. On choisit pour frontières les fleuves; Lolhaire, le vaincu , retient le titre impérial et les capitales du double empire, Rome, Aix-la- Chapelle. Ses Etats s'étendent de la mer des Sarrasins à la mer des Saxons ; ils ont pour limites l'Escaut, la Meuse, le Rhin, la Saône et le Rhône. Ce long territoire qui sépare le lot de Charles, la France, du lot de Louis, l'Allemagne, deviendra l'enjeu des batailles. En 875, à la suite d'événements compliqués, Charles - le - Chauve possédait la Lotharingie , la Provence * , 1 Aquitaine , et le pape

* Lothaire l^' se fit moine (855) ; ses trois ûls dispararent Tun après l'autre. Louis avait eu l'Italie ; Lothaire» le pays outre la Meuse et le Rhin (Lotharingie) ; Charles, le pays entre les Alpes et le Rhône (Provence, Dauphiné, Savoie). Charles meurt w 868» Lothaire II en 870, Louis II en 875.

Jean VIII réclamait son épée contre les Sarrasins. Charles avait des goûts d'aventures; il se crut appelé aux destinées d'un second Charlemagne ; les visions de l'Italie et de rOrient ont troublé toujours les plus sages politiques. La reine Richilde, amoureuse de couronnes f dit Baronius*, décida le départ. Les Franks franchirent de nouveau les Alpes de Savoie ; Charles reçut à Rome la couronne d'or, à Pavie celle de fer. Rappelé sur le Rhin par la mort de son frère , il essaie de dépouiller ses neveux , Louis et Carloman ; battu en deux rencontres , épuisé d'hommes et d'argent, il accorde à ses capitaines, associés contre lui par Boson de Provence, le capitulaire de Kiersy, suprême concession de la faiblesse royale. Charles ne dépasse point Pavie ; pris en flanc par une descente des Sarrasins a la Spezia, menacé par Carloman qui descend du Tyrol, trahi par ses feudataires dont les troupes s'étaient arrêtées en Savoie, l'empereur reprend en toute hâte la route du Mont-Cenis. L'impératrice le devançait avec le trésor et l'attendit à Saint-Jean de Maurienne. Chaînes, pris d'un mal subit , entre Turin et Suze, empoisonné peut-être par son médecin , le juif Sédécias , avançait lentement. Richilde, avertie, court à sa rencontre et le rejoint au village de Brios * où il expira. Boson, l'une des figures les plus énergiques et les plus chevaleresques de ce temps, était frère de la reine-impératrice Richilde; lieutenant de Charles -le -Chauve en Provence,

* Annales ecclésiastiques, Edit. de Lacqaes, 1738. CIX, tome XVI.

' lyrieux, sur la ôve droite de l'Arc, près Moda&e,

décoré du titre de duc de Milan, lors du couronnement de sa sœur à Pavie, il revint dans' la vallée du Rhône qui gardait le nom de Bourgogne cisjurane (Provence, Dauphiné, Bugey , Bresse / , et y épousa la princesse Hermengarde. lille de Louis II, dont la dot pouvait être rltalie*. En 879, le 15 octobre, il réunit à Mantala en Savoie^ une assemblée d' évoques et se fait proclamer roi de Provence. Il meurt en 887, laissant à sa famille un héritage dont elle sera bientôt dépouillée. La déposition de Charles-'le-Gros à la diète de Tribur en Souabe est le dernier mot de Tempire des carolingiens. Raoul Welf ou Rodolphe, comte d'Auxerre, se déclare indépendant et s'attribue les provinces de la Bourgogne transjurane (Franche-Comté , Suisse et Savoie); il fait consacrer ses prétentions par le vote des seigneurs et des évoques dans rassemblée de Saint-Maurice d'Agaune , en Valley. Ce sera le second royaume de Bourgogne. Partout la possession de la terre est aevenue la condition unique de la puissance et de la richesse. Les vrais héritiers de Charlemagne sont les seigneurs. Ni l'investiture, ni rhérédité n'ont pu prévaloir, entre les

* En 855, Charles, fils do Lothaire I®', reçoit les vallées de la Saône Jusqu'au Jura et du Rhône jusqu'aux Alpes, sous le titre de royaume de Provence; en 863, ses frères Louis II et Lothaire lui succèdent ; en 870, Charles-le-Chauve occupe la Provence; en 875, Louis II meurt et Boson prend possession au nom de Charles.

* Près de Bourg-Evescal (Burgum epUcoporum) dans la vallée de l'Isère, entre Saint-Pierre d'Albigny et Saint^iean de la Pprte. — Charte de don. du monast. de Saint^Martin de Regny à l'abbaye de Charlieu, par le roi Boson (9 décembre 879), tirée des Af SS. PARIS par l'abbé Chevalier ; il y est fait mentioD d'Adalbert, évêque de Maurienne»

princes, contre le droit de la force; mais le régime féodal en fait sa base. Les rois, d'abord suzerains suprêmes de tous les possesseurs du sol, ont cédé leurs droits aux grands feudataires; ceux-ci, à leur toiu*, aussi impuissants que les rois à défendre le territoire contre les invasions des Northmans, des Sarrasins, des Hongrois, ne peuvent maintenir l'unité de leurs vastes fiefs ; les populations, obligées de pourvoir elles-mêmes à leur défense, s'isolent, et partout s'élèvent des abris fortifiés dont le maître devient le chef de ceux qu'il protège.

« Le système féodal ne surgit donc pas, armé de toutes pièces, avec ses complications symétriques, du chaos du IX^ siècle ; il fut la résultante des besoins du temps, et peu à peu l'intérêt et Tambition régularisèrent ces nécessites pour en faire des lois. Le capitulaire délibéré à Aix-la-Cnapelle en 825, délègue aux évê^ues dans leurs diocèses, les fonctions de Missi dommici pour les afiaires ecclésiastiques ; cette décentralisation

f>artielle est la première atteinte sérieuse portée à 'œuvre de Chariemagne. Le capitulaire délibéré à Pistes, près Rouen^ en 846, accorde à chaque possesseur de fief le droit de justice sur sa terre ; c'est un fait d'une portée considérable : la loi se fixe ; de personnelle elle va devenir territoriale. Chariemagne avait reculé devant l'œuvre immense de donner un code unique aux nombrei|ses nationalités qui couvraient l'empire ; le principe de la loi personnelle était un dissolvant de plus ; il isolait les races là où il ne jetait pas le désordre par la confusion des droits. Vers 839, Agobard, évêaue de Lyon, écrivait à Louis-le-Pieux

Ï)ouT le prier d'abolir la loi gombette et d'y substituer a loi franke ; les droits personnels disparurent insensiblement, par la difficulté même d'en justifier, . et furent remplacés par la coutume. Dans l'édit de Pistes, Charles-le-Ghauve distingue déjà les pays où l'on

• jfe7.!»6 — 'fie —

%li(tÔnit la'bî tbmdîne/Je'dj^bit gcrtt, de cetht)ii Van se dirigéait^r Vûirà^e titlL Eh'841F, dans l^aèèlétnblëe de Metèen, Vesih>ts prMcès dàt^cfHMgiens rénôneèKit à la ^oteotiontdfrecte 'sur It&^po^tmtSènH d'altelu, la

•petite 'propriété d'alors ; chacun est libre ée oboittr ^(^Migneur; Aoiii te VÀi, «oiï b vassai du roi. Cet acte capital règle par une i«ii^p|[e phrase li^ lûétavchiaites fiefs ; nul ne sera contraint 4e suivre le roi à lai^efre, si ce n'est coiltre Venoei^i étranger; mais chacm mivra son seidrihir. Les alleux se iransforment rswîdemfeAt en bénéfices ou fiefs. Piris, en 877, d&s

1\issemb!ée 'de Htefsv-suf-'Oîse, te féodalité exigeia coiisécralit^n tégslle ini principe 'devenu depuis irertte ans la loi des fiefs : Le fils au bénéficier Mriteta du bénéfice ; le fils d(u comt^e spçcédera à son père dans le coraté. L'usage et les usurpations étendent en peu d'années lliérédité à tous les fiefs restée viagers, â t^us les offices côjtfiés à titre précaire; le prince ne se réîiel*ve que te'dfoU apprent d'en ^î^poser, au moyen de rinVéstiture,"à c&àque nuitàtion par décès, vente, donation du écrn quête.» '

Les élecfeoiiH de 879 ei de *887 restent lés faite ftaîlMts de Thistoit^e de la Savoîe du '1X« au Xe siêéte [les. dytiastîes,s'6^*disant' héritières des 'Bosoiiîdès et i^es Ro^olphieus. ,se rattachèrçut' tpuj^urs à cette spute o^ooii^cr^UoiA natii^maji^. Les trois siècl^^^pii Bwvetit le démamb^eBieiU tle la manardue càdoIâbgiernie resseifibient '^u'ciiaos où tomba rie mèn^ civiliftéwrla €h«rte de l^<3mpire rêttiaîn^ '»fttiP^tie la ^o^lflé's'y retrempe et î4'y relève au Ken de's^âî^sotidtc. Une* brusque m vasion Ara jeter *ùne fois* encot^e le trouble parmi ces pôpula,tiojhs à peixie assises; brulâlje secousse qui précipite le classement des ressources

Il • •

VÈglise gàtlihane.

rSQ»4ÇR- fÇbM^ û^vasron 3p .çPi^Jrçue j^

étante :4ôs AÏBes; ,à mes\iiçe ,^p^ Ja coi^iUon :pi4^qjua ^^ mpdi^e^ )Ies çi^utres de pû{)iu^ûn Qëdi^nty se ij^épiaceiit ^ûu disparaisseiaLt. I^e fi^cul{(las Pi?>consuls {avait J)éti Aime, Merquiy- Gecsiilly, ^amtrGfiiiix.d'Abste, Nyon, Viepne* ; le caprice àeà QpiuQ^jlcMqpam? epLnqtiissait Aix ^t .(^»èy^ ; frjwp.ulm^n des rois t>urgoft4çs çré^ des villes et îJ^S;Piianast^ps à Sm^X-Md^xç}ce d'Ags^ij^e, Sfii\t--SigiOTi03^(iide r^Içspital, ^Mbignyle iirand, .Bourê EvescaP; ^a iérr^^vir .des Hongrois ^t âes Saifra^iix^ hérissaria 4^ tours le versant :4^s vallées l^s plus étrpîtes.

^n 906, les Hçngrqis attaquent l!Jt^lia ; çn

907,. ils enval#»sent ï' Allemagne; en .915, as

déyastent la vplléedu Rhin et se jettent daps

i^ Jiîra; en;'^4, i^s mettent a feu et, à sàbç

5|ps ^çuxi^^prs ^ Alpes. Rodplphe II, roi

4e. te- '^oiMspgne tr^nsjurane et fils de. Rp-

49Jphe ^Ii,.«5rt atjtiré kxi Ituïie p^ les sei-

iSAWrs )laiQs associés aux préla^ts lombajrds

r#c»|fje,^'enffeije,^,R^^Big8r; malgré ^SQnÏTji-

du Rl^^^.* En ^;^V CQnrad^Jei-^PsKiJJpipe

* Voir les dissertations sur Civitas equestrium, Àuguttwn, Vienna AHobrogurjfiAfïns les Méra. de FAesd. des inscriptions ; le segment III de là Table t«iéodosienne et Fltinérairè d'jkntonin (Ëdit. de Wesselin^?» 344).

* Voir les chartes puMiées jpar Chorier (Etat polH. du Daupkiné, tpme I, page ^6^) et le tomelll, page IdS^du Djiçt. de l'afebé Grillet.

» flligufls. 4'Aç}«8, usB^fiteur 4v jjçjwi^roe 4ç Proyemîe, dHvree ; il sacrifiait tout à refg^çyir^^e. i|$inHi7p« Ai^W^^ "

remplace Rodolphe II sur le trône des deux Bourgognes. De son règne de cinquantesix ans les chroniqueurs et la tradition n'ont conservé qu'un seul souvenir , celui de la bataille de Valprofonde. Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire . a dit quelqu'un, comme si l'ignorance, l'affaissement ou la résignation étaient des preuves de félicité ! Depuis aeux siècles, l'Eglise sacrifiait une partie de ses richesses à assurer la défense du territoire contre ces tribus errantes, de types et de noms variés. Hongrois, Bretons, Northmans, Sarrasins, blonds ou hâves, montés sur des chevaux maigres et rapides ou cheminant avec de lourdes maisons roulantes, qui terrifiaient les populations par l'imprévu de leurs attaques, la sauvage ardeur de leurs chefs, et ne laissaient après eux qu'une traînée de sang et la fumée des incendies*. Tandis que les Hongrois entraient en Italie par le Tyrol , les Sarrasins envahissaient les Alpes occidentales

ar la vallée de la Durance et celle du Rhône.

n 911 , les cols sont occupés , de la mer au glacier du Rhône; on paye rançon sur les routes qui d'Italie conduisent en Provence, en Dauphiné , en Savoie , en Helvétie. Les abbayes d'Oulx et de la Novalèse détruites, les

Rodolphe le patrimoine de son papille Louis II, fils de Louisl'Aveugle, et fait épouser & son propre fils, Lolhaire, la bourguignonne Adélaïde, fille de Rodolphe (933).

^ En 743, Saint-Boniface réunit à Leptines (Hainaut) un concile qui autorisa les princes et les seigneurs à disposer, à titre de précaire, d'une partie des biens ecclésiastiques pour solder les troupes levées par les chefs locaux contre les envahisseurs. Vers le même temps, les Sarrasins chassaient du Graisivaudan l'évéque de Grenoble, Gorbus, et le forçaient è se réfugier à Saint-Donat. Les Gaules étaient donc entamées à la fois au nord et an midi.

villes de Saint-Jean de Maurienne, de Gap, Embrun, Sisteron livrées aux flammes, les

J)èlerins, les moines, les évêques assassinés, es citadins réfugiés dans les bois, les paysans traqués sur les montagnes pour servir aux brigands de bêtes de somme ou d'espions : tel est le tableau lamentable qui se déroule aux yeux en lisant les actes de saint Romule, les poèmes de Luitprand, la chronique des monastères*. En 939, les Sarrasins occupent la Tarentaise et bâtissent au-dessus de Salins le château de Melphe, dont le nom arabe (eau salée) s'est perpétué jusqu'à nous ; ils pénètrent dans le Valley, s avancent jusqu'à Saint- Gall, et se font écumeurs de lacs comme ils étaient écumeurs de mer et coupeurs de routes. Près de Constance , leurs coureurs se heurtent aux cavaliers d'avant-garde de l'émigration hongroise*. La région des Alpes fut uvrée sans espoir aux indicibles tortures de ces brutalités périodiques, tombant comme les avalanches du haut des monts transformés en citadelles. On croyait à chaque heure du jour, à chaque bruit insolite^ dit un contemporain, voir apparaître ces loups affamés. Les Hon-

* Maratori. Rerum italic, script., II, 440 et 730. — Rivantella. Cartul d'Oulx, — Ughel. Italia tacra, lY, 839. — Gallia christ., III, 1067. — Dom Bonqaet. Rerum gcdlie. et franc, script., IX, etc., etc.

' Les Hongrois revenant d'Italie (915), par la vallée du Rhin, s'étaient aventurés jusqu'au cœur des Gaules en traversant les épaisses forêts de la Bavière, des Ârdennes, du Morvan; rejetés par le suprême effort des populations (924)» de la Loire sur la Saône et de la Saône sur le Jura, ils prenaient les Alpes à revers et allaient essayer de descendre la vallée du Rhône. Voir Reynaud (Invas. des Sarrasins dans le massif des Alpes), J. de Millier (Hist. des Suisses), Hergott (Génial, de la Mais, de Habsbourg), etc.

gi^cjiS ott^ Vandales IhSpiraîeiit' më terrdS!r ft?He qu^un'seûV, ajoute Luitprand, fait fuir iàide peréofiriéi et que deux en fôiit fuir dix fYvflU. Pal* bottheur, les oppositions dé rafeéà frép marquées, les contrastes de nature éf de refi^gion trôb accuè'éà empêchèrent etitW Féa Sâi'-^ rasins et îeë Hori^ois cette fusioh qui s*b|Jêre, dTiabitude, volontiers et vite, entre flibustiers dç tous pavs. Httgùefif d'Arles venait de môdlïier le re^me social des Sarrasins ert' lés isofarit de la mer et en les jetant au cœur desr Alpes pour y servir de boulevard à Fltalie éontre PAUemagnte (945). Les pirates de, tetré ri^âvàîeAt pas attendu d être confirmés dkns là possession dé la chaîné des Alpes pour transformer leurs camps en colonies ; iW prirent des femmes du pays, cultivèrent les terres, firent souche de familles arabo-germaines* et, tout en Atcupant des villes telles que Nice, Gap, Gfenôbté, ne 6e§sèi*ent pas de fortifier les dêÔîéé faitieïïi dé Columita; Jdviê et de MéHi pé^i^ nus. On les craignit Moins dés ^ù'on féë cotiiMt mieu^; quelques hbiùfties haï^dis éftldiérêtrt leurs tÙtùÈ faibles, le^ trouvéreilt àlan^ïBi^i^ les douceurs de leu^ vie nouvelle, dôntfhe I* sont les nomades assujettis à la résidence, et jugèrent qu'il serait moinâ difficile de secouer par un coup de vigueur oe ^oug détesté qua de se résigner à le sunir. Le roi Conrad sut ]()rofiter de ces velléités de résistance, il les entretint

* Sn Maarienno. on iràty^f daiil certaines paroisses, des hameaux ddtii Torigine arabe n'est pas dôutensé ; en Taretiiaise, huté établissements les plus connus sdnt ceux dé Salins, de Hautecour, et déé Ghapellei où le (j^pe dés fétnmés est Uttrtout resté pur et dëlieat. ils exploitèrent tés mitfè^ de Pééét et de Mfleot, comme Au pied du Mont-Ceni9 celle ^tt i botêéfié Itnr nom.

etjes réchaiiffit; puis il ijpj^nA de met^e ajux pHses îPes Sâfra^ms devenus propri^àires fet Ifes Hongrois restés bandits, pôur'se idélijVrer des uns toar les autres. ïl n*y à pdwt dà T^er^, fidie contre ces maudits, disait -on; maxime ifcamorale que toup les siècles ont pratiquée. Le roi les fit se heurter ^ur la route d'Italie, dans la partie la plus resserrée de là Màurienne, à Valprofonde , entre Argentine et Saint- Rémy, Tan 950. A la fin de la journée, Conrad, jusque-là simple témoin du duel des deux peuples, se jeta avec ses Bourguignons sur ce

ui restait des combattants et les extermina.

e succès de ce guet-apens fit évanouir le dernier prestige des Sarrasins; attaqu^ de toutes parts, us furent chassés des plaines. L'évéque de Grenoble, Izarn, fut l'un des chefs les plus habdfes et les plus heureux de cette croisade locale qai rétaiDlit dans la vallée de risêre le régime féodal et chrétien*. Refoulés, dans les hautes vallées, aux prises avec les seigneurs qui reconstituaient péniblement leurs fiefe, les Sarrasins se maintinrent quelques années encore sur cette chaîne " dëJs ÂÎpes df)n4 ilâ tenaient les portes ^ Bernard de ^;çn1^n ço^^tiniia ^^;is la Xarçutaise,^ \ç

* V4Jfij^Wfth% (Tlearn VA de 951 à 9T4S. Bu 9e5, il reprend ^ffmta^ii fiéllté ilés 6eign<mir8 (fa^ ràst associés déûê ndë aciiàtk cocbmane, se dëclarë sbuverain ip&t droit de l»»Diqiièt6 cN) \ii till^ ef lie la raHëe et eb distribue les fiefe. ta <îifconsënMion d'iftltoi^ féoitalëî^iiis ^ira{â«mëÀ éckIésiiMtfqiië'dttJMf;»tiàî éSSé^ékiiàé éëéeiie tééf}gaÈÎ8«(fêi} (lÊSS'éé t^'Oiitaiiiett).

* En Q72, les Sarrasins étijent éneore maîtres An mont ^nétre et de la vallée de Ih I>(rr«iiicé ; ils v firent payer

.,^Çon & SafÂt-Mayèni, abbé de Cittrijr, t^tit remettait de Rome aVec une Immense' èitayàne de pèlél'his. tti 979| Guillaume; ê^te~8èr FroTeneei se fnet k la mlé des ^Vsse^nrs'âé fiefs, diKtrd Si^(er<mi fftp, Embnun ^4}^ prSftd dr«SMi^'lé ehâ>

Val d'Aoste et le Valley la croisade conduite avec tant de vigueur dans le Graisivaudan

Ear révoque Izarn. De 970 à 980, il chasse les andits réfugiés sur les Alpes pennines et les Alpes grées, et remplace leurs forteresses par les hospices qui gardent son nom*. Izarn et Bernard sont les types les plus caractérisés du rôle organisateur de TEglise au moyenâge, l'un par son énergie féodale, Vautre par sa charité prévoyante. En 996, Tarchevêque Amizo achevé Tceuvre de Bernard de Menthon et restaure le fief de Tarentaise, de Conflans au mont Izeran, comme Tévêaue Izarn a restauré le fief du Graisivaudan, aepuis les défilés du Royannais jusqu'à ceux des Bauges. Le roi Rodolphe fait donation à Amizo de la province dépeuplée par les /Ureurs sarrasines, que ce prélat, épuisant son courage et ses ressources, a revêtue de T éclat de comté. Les termes de l'acte de donation ne laissent aucun doute sur le rôle actif d' Amizo et l'étendue de ses succès jusqu'ici trop laissés dans l'ombre». ^ ^ ^

(eau de Fraxinet (975) et| comme en Daaphiné, partage par moitié entre l'Eglise et les seigneurs les terres reconquises. (Honoré Bouche. BUtoir$ de Pro^me$, II, 480. Edit. de 1664.)

* On attribue aux invasions germaniques la fondation tnr les passages les plus fréquentés des Alpes de maisons fixes ou asiles en pierre destinés è abriter les voyageurs, appelés Hospicet pour les distinguer des maisons mooiles en bois, domut, H existait an XI« siècle six de ces refuges primitifs au col du Lautaret et sur la route du mont Genëvre (BuUet. Àcad. Delph., 3« série, II, 806).

* Àrehiep. Hiberieit ineurtionibus penitùi depopulatum

ui sieut pradiC'tornm malignœ incunionit tœpittimé aceidit fur or e, quem Àmixo, pro ut tiret appetunt, ORDINATVM VESTIT COMITATV. — Cette charte, de Tan 906, transcrite incomplètement aux Preuvet de Besson, se trouve à la page 878 du tome XII de la Gallia ehrietianei. (Edlt de 1770.)

On répète que les Sarrasins, bien différents en cela des Mores d'Espagne, dont la civilisation fut si délicate et si raffinée, n'ont marqué leur passage dans les Alpes ni {)ar un monument m par une institution. Mais, ils ont légué au Briançonnais le fameux cadastre qui resta la base visible de ses franchises, à la Maurienne et à la Tarentaise, plus de hardiesse dans la conduite des galeries de mines, plus d'art dans l'exploitation du sel ; partout en Savoie leur souvenir est demeuré meffaçable. Les traditions locales rattachent leur nom aux ruines dont l'oririne est inconnue, aux faits légendaires dont 1 attribution reste incertaine ; leur renom est à la fois mêlé de merveilleux et d'horreur. C'est un penchant naturel aux imaginations populaires de transposer les époques, de grouper confusément les souvenirs successifs de plusieurs générations autour du nom qui produisit l'impression la plus vive ou qui laissa l'empreinte la plus vigoureuse. Les invasions pénodiques, puis l'installation passagère des Sarrasins au pied des Alpes, dans les larges vallées du Rhône et de l'Isère, eurent un autre résultat plus immédiat et plus considérable. Le besoin de s'associer, la nécessité d'abdiquer dans les mains d'un chef militaire en face de ces hordes qui n'avaient d'autre respect que celui de la force, furent, ici du moins, la véritable origine du lien de protection qui forme l'essence du contrat féodal. On construisit de toutes parts des maisons fortes, les points élevés se nérissèrentde donjons, on fenna les défilés par des murailles et, jusque dans l'enceinte des villes, les bourgeois bâtirent des toiu*s pour se mettre à l'abri

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d'uxi awp dernaai»; Da ^43, 4 996^ il, aJy eut en réalite, d ajalre pouvoir reconnu que- celui du sQld^ bftureux. ^i, clerc ou lalc^ serl ou noble, arab^,. gaulois, frank ou germain. aap;§, le district QÙ il avait saisi rbiitiaUye. de, la défense ou de la révolte^ sut pwtéger qukjOBque. lui demaadait asiljç et se fomm son homme. Les règles délib^réea par les grands fe.udi^ taires, en 847 et 877, dans leur intérêt unique, sont mises en pratique à tous les degrés cfe la puissance locale par des milliers de vaseux

gui, Êieigneurs de fait, en prennent le aom. In discute les origines du ^e/" nommé, pour la i)remière fois, dan^ une charte de dnarlese-Gros de l.an 884. Les uns pensent qu'il dérive de Tusage gaulois dont parle Cé^îwr au livre VI des CQmmmtaires, et lui donnent pour racine le latin FID.ES (foi) ;, d'autres le font naître de l'invasion avec le mot tudesque FUDEN /nournr/; cotte double interprétation résun^ les éléments, de mutualité du contrat féodal tel que i;ious l'a légué le moyenrâce. Il {aut le voir en germe. çUns les bafeitudes. galloises, plus foirte^ent coni^tUué {wur le^ qout hmeii gwwwiiqjues, géméc^lwié, par lea besom§^ dgi salut public, maintenu par Fâprçté 4^s parvenus- et la, rydes^e des mœurs^

h^ çoâe des Bwgondes énujoiière toAi3 les. élém^ilts caractéri^itiq^s du ûef, ^çux^i cençxir dunt, tes nomme^f car si la chjoise est vieifle la looi est plus récent : um krve donnée a titre gratuit^ iramminsible pa/r hérila^ei^ avec oblU gdtion de foi et dç service * . La similitude qui exÎAte enh'e l'investiture germaine du ûei çt le

* Lêx tiêrgjmd. XXIVi Hu l, art. 111 et IV. — Lafirri^*

~iB8*— 9MMr

contrat romaifa d- efn^^ytéose a dû siiigaière»*> iiHeVit f^iSe&r, en Savoie et tm I>m{Mihé, rinstitution du pacte féodal, le servi&s^dlé là tentre. De^deux parts il y a k doidaine direct ou la'^tizeraineté morale du propriétaire ou à\k seigneur ^ parfaitement dUstuictde la. possession^ réelle du fonda par le tenancier ou le vassal. Le cosubrat d'emphytéose est fréquent dans la région des Alpes aux V«, VI® siècles, et jusqu'au XIIP ^ ;. nul doute que la stipulation ^eco-latine et le contrat féodal niaient réagi Fun sur Tautre. Vers l'époque où l'hérédité des fiefs fut acquise aux bénénciersy Temphytéose de temporaire devint perpétuelle et la confusion de ces deux natures de contrats passa en Quelque sorte dans la légalité. Les chartes, a€f>ms. le XI® jusqu'au XIV® siècle, renferment souvent les expressions : Dure in emphyteo$im vélin /fetwitfm; preuve i)lus significative, c'est l'assimilation que le président Favre fait de ces deux contrat8<y traitant de l'un et. de l'autre dans le» mêmes définitii4)ns, ne les séparant jaBoais-^ leur appliquant à tous deux les iftème$t argiHnents: thUo in feudufn v^l ei}^%«

teosim feudym smph^teuUca/num, ^t etc.

Maie, ù la nature eivUe du fief se rapi^rocW èm statuts ronoaine, c'est l'ii^vasion qui y initrodmsit l'élément spécial du psytronage militaire.

« Parmi les Bafbares, c'est entre les indiviAkë que lo lien iodal s'est formé, d'abord jM&r kl relation Ak obef au compagnony quand ils vivaient à l'état de bandes parcourant l'Europe ; plus tard, par la relation du suzerain au vassal. Dans les RépuDiiques ancieues,

* Ifàtelles dé JadUnieû fCodêx repetitœ pfœlêctionis). — Chorlèr. Hitt. du Dawphkné^ h ^ Favché-Pmnelle. JtwAcrc^s iH mtfimi Witiçêi f<rm. 0h Daupkmé, ch« I¥*

au contraire, aucun homme n'était attaché spécialement et librement à un autre homme ; ils étaient tous attachés à la Cité. * »

Dès le début de rorganisation féodale, on retrouve robligation pour Vhomme lige (lié par serment), pour le vassal vis-à-vig du seigneur, de Taider, per guerram et placitxim et htem*; c'est-à-dire de lui fournir le service militaire, l'impôt (plaict, aides, subsides) et de l'assister ^)our rendre la justice. En ce qui est spécial a l'impôt, le principe germain est resté celui de nos lois fiscales du XIX® siècle : Vimpôt est le prix d'un service rendu ; c'est la redevance proportionnelle à sa fortune, que chaque citoyen abandonne à. l'Etat en échange de la Erotection assurée . à sa personne et à ses iens. Sous le régime féodal, ce sacrifice d'argent, moyennant lequel le vassal payait son repos, était accepté par le seigneur au lieu de l'être par la société. Quant à l'aide que devait le vassal, comme soldat et comme juge, c'était une dette dérivant de la concession, une condition du contrat. Nous nous en déchargeons, dans nos sociétés modernes, moyennant une prime plus forte payée à l'Etat, un surcroît d'impôt affecté à l'entretien permanent des tribunaux et de l'armée. Les origines du servage sont parallèles à celles du nef; je le démontrerai plus loin. Je n'ai point ici à défendre la féodalité contre l'arrêt absolu d'un historien passionné ^ ; mais, si l'on a parfois trop vanté

< Giiizot. Hi$t. de la eivilis. en Europe, ll« loçoD.

* Salvaing de Boissieu. Traité de Image des fiefs, XII.

* L'état bizarre et monatmoux, prodigienaement artificiel» qui /ot celai da moyen-âge» n'a d'argument en sa foveer que

le moyen-âge, on Fa surtout trop maudit. Les détracteurs de ce temps oublient que la hiérarchie féodale reposait sur le lien des devoirs réciproques, sur la mutualité, si fort à la mode aujourd'hui. De ce que l'ignorance, l'équivoque, et surtout le défaut de sincérité, ont altéré le mot et la pensée, il serait imprudent d'en conclure l'étroitesse et la servilité de formules mal connues. L'universalité apparente de la forme ne prouve pas l'application universelle du principe ; rien de plus trompeur que ces lois générales imposées à une époque, lit de Procuste de la morale historique. On dirait, à les étudier de près, une brume épaisse qui s'éclaircit à mesure qu'on approche et qui laisse voir mille détails imprévus qu'on n'eût jamais soupçonnés de loin.

L'isolement féodal eut ses imperfections et ses dangers ; il morcelait la société, mais il donnait à l'individu une conscience plus nette de sa valeur personnelle ; l'horizon était plus restreint, mais l'énergie était plus libre. Cette société de transition, aux sensations neuves, point raffinées, s'obstinait dans des habitudes qui passèrent à l'état de préjugés. Ainsi, le sentiment universel taxait le travail de nécessité vile * et faisait de l'oisiveté l'attribut inséparable de la puissance : au vaincu le labeur

son extrême durée, sa résistance obstinée au retour de U nature, a dit Michelet dans son Introduction à l'Histoire de France au XVI^ siècle,

* Pendant le moyen-âge, quelques artisans conservèrent, au fond d'ateliers obscurs, la tradition des métiers les plus indispensables ; mais la plupart des secrets industriels se perdirent. Retrouvés par les Italiens, rapportés par les Grecs, ils furent propagés et vulgarisés par les Juifs. (Beugnot. Les Juifs d'Occident, II, 35.)

iitgnit, Qu mobla Ja fainéaotiae ^t Kocguoil. Lob tûoifiies véagûmit contre cette impiété sociale ; vêtus comme les aerfs, ooeiipé^ aux niêmes trai&aux.que los çay^ans^ secaiddain- «nani aux menées iuceiûtudes de vivre % se TBtruiBXLt parmi les noblefi i^saucoup plus ^ne

Eanni les pauvres % il^ toveèr^ni cette sooîété rutale à^entir la dignité du labeur et les cousolatÎQOB de la prière, ie n'eu veux d'autre exemple que le favori. d&Cblotaire 11^ leiic^le Ëjnudolroy, devenu mmne et Jbiaipant les mains calleuses des labmireurs du Jura^ £omîbmjk de fois les artistes 4e ces sié(des d'inspircitiosà n'ontnJs pas (seulpté au » porche

• * La rèffle de Saiat-Colomlian exigeait qpe les malades eux-

otténes alMisent bflttrei le blé sur l'aire; le moine âe^alt se

mettre au lit si fatigué .qyiiL dorpiV . M^ W 7 «llfP^; ift il

.-JCàlumb., XX.)

* Se rappeler lea fondateurs de la.'Ch^^en^e d^.'Saint-Çtti-ga^ cêm(ie*itèU^ife drTaaiét^ek.

'^HttttailidM Belland^tles,>4niift<YfI| ISO. Egilbêrtus, — «îPJ V^-^Wq ifUjH"»/*! i^fprW» pw,«ft,dquM^.«iiï^nt 4p;iAP^ro^s.U^r99 i)éc|ius y^rs ^^;9erTJ^e,et àfm esclàjea ▼ers la liberté, une maçse d^agiictîlteprs et d'artisans ruraux iiâomÊJlêtémikiéB fut dé» pins* i^n plua; ^le^ sane êtnja«fis |]nifM«ie« et..imr)9ûiiveanr^a^l 4e Aréfit^a js^ciftle se ,fit .(jiabs les ciamp(igj^j»8»pend^t.au.^lf8 yjille9:étaieut stçtiçpj^^ires ou déclinaient 9p ,i>lus ei\ puis.y.. ^es. abbayes, refuge des livMsJBt dUi savoir", abritaient éas aîeUars de tout genre f. ce

Sft^éVtài a»f«1* 4'4qo1«8. j?our )9s fhff^e» et les FwiAs.,9ui

urent sur leurs domaines des entreprises de culture et de co-

,loqjsation ; sur chaque, jp'ande t^rre dont Vexploitation prospé^

. rait« le .nombre des colons ou serfs arrivalt.V^rmer un groupe

'tl%abltéttons, puis ces groupes devinrent des ^Yijlages/ pui^ la

construction d'une éfflise érigeait le village en paroisse ; âer là

'OiMnayeni» «ws la iïonble amleifi(é,de l'inleBdanlItodal et du

atinllia(l#«lJâlMMU)})esv.apoDtaQées d'orgt vMaliovi jnunicipii» où

irËSiglisil leçKtiile- dép^t des jiites qtti»jii^loa.»le droiirMNajn,

:ieiiii9iiivjil0iit;aM ]00i Mgiflte^ii <)»t4a cHél » 4^ig. Thleiry.

paroisses de Savoie.

He» égH^s 4a Tîefrge ^fllaiitvçiTec'uja'%sç«in. ^t '((ùél trtus tcmcharit en^ême de la loi «u tt'avaîj ! L'EgMse, malgré le^ ab|fs et'îes scanttàles/étatt 5*yrs âla'tlte du progrès, relevatftt la femille, émancipant ^la'femttie, :maint0nant le priTïdpc "de l'élection en' face fte4a^6i:iJeventre presqtie umvers^éïle de l%érédit^, pifotiaxnam les droits — qu'on attrait pu 'cro^f e chimériques sayûs * son 'étenrote — 'èe (l'ég^ité ^•tielaiiharifé, élevant sur îe^tr^,pontiftcal Un 'serfcomme 'Adrien iy,/le fils^un^èbarpeti- 'i\èv ♦ comme tîrégoîre Vil, tm 'î)erger cohnne St*^te^Qt^t, Certes, 'il'MBut ^ cesTjefe épare, ^^ctes" seigneuries ntènacées,^ ?oes hourgéttsies îsôféesAmfe? vitalité Ipiêtx pu^ssjaritÇj^unefcibfen " vjVBj une ^^ergie ^ 1b^ soutenue., ^oour ne 'ttjirit feucfconiber "aux ^calamités ëfft^yétM^ mii flagellaient les peuples*. Mais cette soéteté était hérissée de libertés ; et l'esprit de résiS" tance, le sentiment du droit individuel, la pénétraient tout entière*. Lorsque les succès de la monarchie absolue eurent écarté ces

* Pour ne prendre qae la période des origines féodales, sur 70 années, de 970 à 1040, il y en eut 40 de famine ou de peste. (Chron* unifûtn, et Art de vérifier les dates»)

* O^ de Montalembert. Les moines d'Oeeident. I, 348. — Il faut dans une société des êtres collectifs, à mi-chemin entre l'Etat et l'individu; cela importe à l'équilibre des sociétés lesquelles autrement pencheraient sans mesure vers le pouvoir absolu ; cela touche à leur honneur qui est de s'appartenir aussitôt qu'elles ont atteint un certain degré de civilisation. — Les paroisses, disputées entre le seigneur laie et l'Eglise, vont profiter des concessions que l'un et l'autre leur accordent pour se les mieux attacher : dès que la Paroisse a défendu sog droit, d'où qu'il vienne, elle est devenue Commune ; la localité a pris une âme. Le reste est l'affaire du temps; et c'est le cas de rappeler le mot énergique du prophète : le jour qui s'en va crache an jour qui vient son mot d ordre, — Dies aiei eruetat vtrhuim.

entraves, on regarda le niveau comme un progrès et V identité du joug comme une garantie. Les vieilles libertés du moyen-âge se transformèrent, pendant la période qu'on appelle l'ancien régime, en privilèges; puis la Révolution les brisa à son tour; aujourd'hui, libertés et privilèges sont absorbés par le pouvoir illimité de TEtat. Le caractère énergique et personnel du moyen-âge a fait place à 1 affaissement des volontés ; la condition matérielle du peuple s'est améliorée dans des proportions moules, le tiers-état a conquis l'égalité, les classes privilégiées ont dispaini; mais le respect jplus universel et plus pratique des droits de rhumanité n'est-il pas payé trop cher par la déchéance de l'indiviau, la passion désordonnée du bien-être et 1 effacement des vertus viriles?

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