‹ Histoire de Savoie (volume 2)Chapitre 18 sur 38 · SU · texte numérisé non relu

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sauvegarde en échange de vingt mille florins de Florence \ somme énorme pour le temps. Il fallait que la position des juiis fût bien précaire, ou qu'ils fussent bien riches, pour se décider à un pareil sacrifice ; sur leurs prières, le comte Aymon réduisit cette taxe a douze mille florins, à la condition qu'ils seraient payés comptant*. Ce fait prouve combien la richesse mobilière s'était accrue avec l'extension du commerce et la variété des industries. Malgré le caractère monacal et militaire des Alpes occidentales, — une abbaye dans chaque

Eli de terrain, un donjon sur chaque cime, — la avoie s'inspirait des initiatives italiennes et des fiertés helvétiques. Le succès des ligues suisses ne fut-il pas un stimulant pour les citoyens de Genève? Puis, tandis qu'en France saint Louis essayait d'organiser le travail par des règlements, l'Italie Témancipait par la liberté ; le commerce et l'industrie y prenaient un prodigieux essor ; les marchands y devenaient princes'. Les quatre grands Amédée du moyen-àge comprirent tout cela, sauf qu'au lieu d'imiter Gènes, Pise, Milan, ils en révèrent la conquête. Le pays resta pauvre, tributaire de ses voisins pour tout ce qui était luxe et négoce; mais il en sortit une race de soldats indomptables. Les gens de Saluées, de Montf errât, de Gênes, les bforza, les Visconti,

* Le florin de Florence valait à cette époque 13 fr. 44 de notre monnaie. (Cibrario. Econ. polit, del meuio evo.j Avec cette somme, on pouvait en 1340 se procurer autant de denrées qu'en en achèterait en 1868 avec 51 fr. 09 cent.

* Cibrario. De/(e finanxe délia monarehia di Savoia. Cette somme représente exactement 599,040 francs d'aujourd'hui.

' Comte Pecchio. Hittoire de l'économie politique en Italie-

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les Médicis, apprirent à compter avec les loups de Savoie.

Malgré Tinfluence de Béatrix de Fiesque, de Marie de Brabant, d'Yolande de Monlferrat, le goût des arts avait fait peu de progrès en Savoie ; le luxe était tout personnel ; il consistait en tentures de soie , en vaisselle d'or et d'argent, en riches armures, en habits de gala; tout était pour le dehors et pour les yeux*. Les noblesse ruinaient en fêtes*, les princes en batailles ^ Le besoin d'argent mit

Elus que jamais le seigneur à la discrétion du ourgeois. Les financiers prennent rang à la cour, comme les légistes au siècle précédent ; la prépondérance du tiers-état, de son esprit et de ses mœurs, s'affirme par mille détails, intéressant le commun du peuple, l'ensemble des habitants, et non plus seulement les classes privilégiées. Les assemblées représentatives deviennent plus fréquentes, on contrôle l'impôt, lé prince abandonne au tiers-état presque tous les offices de l'administration civile ; les essais de codification, la fixation du poids et

1 En 1368, la comtesse de Saroie se senait d'une litière à rones dans laquelle il entra trois quintaux de fer (Chapperon. Chambéry à la fin du XIV^ siècle. 95.}; en 1416, lorsque l'eaipereur Sigismond vint à Chambéry, il n'y avait pas de vitres anx fenêtres, on les remplaça par des châssis de toile {Compte du châtelain : Archives On. des comptes.); an lieu de tapiSt on joncha les salles de paille fraîche et de verdure.

^ Voir dans Champier {Chroniques. I et IX), et dans Cibrario (^i^^conomia politica del medio evo. II. 181) le détail du tournoi de Chambéry en 1348.

3 La prise du château de Corbière, dans le pays de Gex (1321), coûta 256,669 francs de notre monnaie : plus de six cent mille francs d'aujourd'hui. ^Comptes du trésorier de guerre Guillaume de Chàtillon.J

du titre légal des monnaies * ; runiformité des

Soids et mesures * ; la statistique des produits u sol ; les prohibitions des réserves de crains, témoignent d'une sollicitude vigilante jusque dans ses erreurs. C'est ainsi que tout en ce monde se lie et s'enchaîne, et que les conuuôtes les plus fécondes de l'esprit public dans les temps modernes, la séparation des pouvoirs , le droit de contrôle , la justice meilleure, l'équilibre des charges, datent de l'embarras des princes. Mais^ et je ne saurais trop y insister, ces idées étaient encore troubles et confuses, toutes de sensation et de tradition. L'esprit humain ne se piquait point, on politique du moins, d'exigences philosophi- ([ues ; les assemblées, les barons, les princes, ne poursuivaient l'application d'aucune théorie: Les hommes avaient simplement le sentiment de leurs droits, et, qtiana ils étaient intéressés à les exercer, ils les réclamaient hardiment.

' En 1:^58, UDo Chorubro ôeê monnaies fat établie eu Savoie ; il y nvalt des ateliers monétaires, de ce eôté des Alpes, à Aigucbollo, à Saint-Gonix, h Chambéry, à Bourg, ù Genève.

* En 1331, un agent spécial fut chargé de contrôler les poids et mesures savoytns ; en 1389, il fut prescrit de les mettre en rapport avec ceux usités à Chambéry et de pa^rer un droit do maniue appelé badelleria; en 1407, des poids furent fabriqué.^ h F^yon pour servir d'étnlons.

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