II
et l'ôeèasion de sa vengeance * . L'évêqué de Reims devient le conseil plutôt (jue Tami de Ghlovis, et dès lors (493) les evêques catholiques eurent tout lieu de croire qu'ils resteraient les maîtres de ces barbares dont ils allaient faire la fortune. Ghlovis bat à Tolbiac (496) les Alamans qui venaient de forcer le passage du Rhin, et reçoit le baptême avec les principaux de ses soldats. Aussitôt qu'il se fût déclaré lils de l'Eglise romaine, les evêques lui ouvrirent les portes de toutes les villes du centre de la Gaule jusqu'à la Loire et à la Bretagne ; bientôt les suggestions de CSilotilde venant en aide à leurs conseils, ils jettent les Franks au sud-est, à la conquête du royaume burgonde. Ghlovis envahit les vallées de la Saône et du Rhône, soi-disant pour venger les meurtres commis par Gondebald , signale son passage par 1 incendie, arrache les vignes et les arbres à fruits, pille les couvents, brise les vases sacrés. Le roi des Burgondes se soumet aux vainqueurs (504 à 507) qui lui imposent le tribut , à lui et à toutes ses villes, lui font jurer d'être à Tavenir leur allié et leur soldat, et retournent au nord de la Loire chargés d'un immense butin.
La victoire des Franks sur les Burgondes remit toutes les cités des bords du Rhône sous le pouvoir de l'Eglise romaine et du palais de Saint-Jean de Latran, où se recueillait ainsi pièce à pièce l'héritage du vieux Gapitole. Quand tu combats, dest à nous la victoire,
* A. peine Chlotilde avaiUelle quitté les défilés du Jura qu'elle donna l'ordre aux Franks qui entouraient son chariot de mettre le feu aux douze derniers villages des Burgondes qu'on allait traverser.
écrivait à Chlovis Févêque de Vienne, Avîtus*. L'intervention des Franks dans le premier royaume de Bourgogne, c'est-à-dire dans la Franche-Comté, THelvétie et la Savoie , eut une portée d'autant plus grande que le roi Gondcbald était à la veille de constituer dans la région des Alpes un puissant empire. Dès 404, il avait çorlô la guerre en Ligurie*, et Théodoric, roi des Goths, lui envoya, pour traiter du rachat des prisonniers, Epiphanias, évéaue de Pavio^ et Victor, évoque de Turin ; les détails fournis par les contemporains laissent supposer que cette invasion des Bur- Rondes en Italie se fit par le Mont-Cenis^ Après la révolte et la mort tragique de ses frères, Gondebald transféra sa résidence de Genève à Lyon. Il réunit successivement dans ces deux villes les députés de son peuple; c'est à Genève que, du consentement des principaux de ses sujets, et après mûre délibération , il oromulgûa In code des lois burgondes appelé (le son nom Loi Gombette*^ dans l'intention, avoue Grégoire de Tours qui lui rend justice malgré son schisme, de protéger les
* Epistola Àviti in app. ad Greg, Turon» I, page 1323. — Six ans après, sons les mAmes auspices, commença la guerre contre les Wisf goths. — Aug. Thierry, loco citato, l, 69.
' La Ligurie dos dernières divisions administratives romaines n'était plus seulement la c6te, du Var h la Spezzia ; elle s'étendait, d'après Fline, depuis le Var jusqu'à la Macra qui la séparait do 1 Etrurie, et depuis la mer jusqu'aux sources du Pô, la rivière Tidone et la Socchia, ce qui explique le choix des deux évéques.
' D après Ennodius, biographe de l'évéquo Epiphanias.
* Cette loi fut discutée en public comme l'indiçiaent les termes formels de son préambule : Legei eommuni trataetu
compotitœ omnium voluntaU eoram potilit optima-
Ubui noitrii, ete,