DOCUMENT N« CXLIII
(Se rapporte a la page 130 du tome III®.)
Il résulte d'une enquête du mois de juin 1790 dirigée par le baron Noël Brunet, juge mage, sur Tordre du Sénat : 1® cpie l'Archevêque de Tarentaise et son Chapitre jouissent, depuis les temps les plus reculés, de i presque toutes les aimes du diocèse; ce sont sans doute es préjugés du temm, ajoute le syndic Gurpery, qui ont fait passer au prélat cette portion de fruits qui, dans les conditions de son institution, ne devait servir qu'à la subsistance des curés; 2» que l'archevêque et le cha-
Sitre ont fait entre eux le partage des dîmes par un acte e 1170 ; 3« que saint Pierre II a donné à l'Hô tel-Dieu de Moûtiers la moitié de ses dîmes; que Herluin, en 1231, lui donna la moitié de la dîme du blé qui lui restait sur Moûtiers et toute celle de Plainvillard; 4» qu'en 1790 il y a trois décimateurs à Moûtiers : l'archevêque pour 2/8 de la dime en vin dans tout le territoire, l'Hôtel-Dieu pour 1/3 de la dîme en vin et la dîme en blé, le séminaire pour la portion qui appartenait au couvent des Bénédictins lors de la donation de 1231 et qui avait été résenée ; b^ que le produit de la dîme, déduction faite des frais de culture, est de 539 livres 14 sols; 6» que s'il ne s'élève pas plus haut, c'est que les fonds appartenant à l'Archevêché, au Chapitre, à l'Hôtel- Dieu en sont exempts, ainsi qu'un mas de 18 journaux (la Chaudane) aliéné par les Finances ; que ces fon(}s sont les plus beaux et les plus productifs de tout le territoire dont ils forment le tiers, et que ce tiers produit autant que les deux autres ; 1° que la dîme est 1/16 du revenu ; les décimateurs ou leurs fermiers la prennent sur les champs pour le blé, dans les cuviers pour le vin noir; le vin blanc paie 2 pots par setier; le vin noir pressé ne paie rien, non plus que les légumes et le chanvre; 8^ que la dîme n'a jamais été, à Moûtiers, contestée ni discutée. (Archives du Sénat.)
DOCUMENT No 6XUV
(Se rapporte à la page 399 k tome I^.)
P.- A. Délia Cbiesa a dit le premier CCftrcma reale diSavoja. Cuneo. 1665. l», 366) qae Tingéoienr Michel Caoale inaugura l'invention des fronts bastionoés, Tan 1461, par la cooatmction dn battion vert à Turin. L'ingénieur d'inloni confirma ce détail dans son livre de 1778. M. Ch. Promis réfute cette assertion dans ses Mémoira tur V architecture militaire en Italie (2 vol. et atlas, Turin, 1841). Lorsque les Français se présentèrent devant Turin, le l*''' avril 1536, il n'y avait que des redoutes en terre élevées à la hâte en 1535; on les revêtit de maçonnerie, ft la prière des habitants, de 1588 à 1541 ; Stefano Colonaa dirigea ce travail (JlR. TUKIN. Mss. de Soldati. 1590). 11 parait établi que Francesoo di Giorgio Martini inventa les ba»tiont entre 1491 et 1506, et que Julien de San Gallo en fit usage, pour la première fois, en 1509, à Pise. {Mim. Mit, tur l'art de l'ingénieur en Italie, par le colonel Âiigoyat. Paris. 1846, page 186.) Note commaoiqnée par M. D£ Rochas d'àiglun, capitaine du génie.
DOCUMENT No CXL.V
(Se rapporte i la page 62 da tome W.) Cardinaux savoyens.
de Constantinople vers 1420; Fabri Âdhémar,de La Roche, évéque de Genève en 1385; François de Hiez, de Saint-Marcel, évè(iue de Genève en 1428 ; Loyt Âllamand. de Saint-Jeoire en Faucigny, cardinal d'Arles,
Erésiae le Concile de Bâie en 1440; Philippe de La hambre, cardinal en 1518, préside lesEiats^Généraux de 1528; Hyacinthe Gerdil, né à Samoêns en 1718, cardinal en 1777, mort en 1802: Alexis Biiliet, des Chapelles en Tarentaise, né le 28 lévrier 1783, évéque de Haurienne en 1825, archevêque de Chambéry en 1840, cardinal en 1861.
Papes nis m Savoie.
Gérald, de Chevron (Nicolas II), de 1058 à 1081 ;
Geofifroy, de Chfttillon en Chautagne (Célestin IV), de 4241 à 1243; Pierre, de Champagny en Tarentaise (Innocent V), en 1276; Robert, de Genève (Clément VII, anti-pape a'Âvignon, élu aussi en Italie), de 1378 à <394; le duc Amédée VIII (Félix V, anti-pape du Concile de Bàle), de 1439 à 1449.
DOCUMENT No CXLVI
(Se rapporte à la pa^e 401 du tome IK)
Je dois rectifier ce passage en ce sens que les émigrés ne descendirent pas à Conflans ; voici leur itinéraire d'après les récits do vaudois Benaudin« du cévenol Hugues et du pasteur Henri Arnaud : vallée de l'Arve par Boëge, Closes, Sallanches ; vallée de Mégève, >al d'Uaoteluce, col du Bonhomme, Sainte- Foy, val deTignes, coi d'Iseran, Bonneval, Bessans, le Petit- Hont-Cenis, la vallée du Jaillon et Salbertrand.
DOCUMENT No CXLVII
(Se rapporte à la poje 550 du tonie II*.)
Hobbes, ne reconnaissant d'autre droit que celai de la force, réglait la politique par le despotisme du fait accompli. Né en 15S8, mort en 1680. il publia ses œuvres en 1668.
Spinosa, supprimant la liberté dans Thommeet le mouvement dans la nature, immobilisait Dieu loi-même dans ïunité de la substance. Né en 1632, mort en 1677, il publia ses livres en 1B63, 1670 e^ 1676.
Molinos.plos radic^il queHobbes et Spinosa, était Fapôtre de la mort de Vàme. Né en 1627 » mort en 1696 , il publia son livre en 1675.
DOCUMENT No CXLVIII
Remontrance du Sénat à Voccasion des couvents d'Ursulines,
(9 mars 1680.) -
adame, nous avons examiné avec beaucoup d'application les motifs de la lettre que les scindies ae la
BonneYille ont escripte à Y. À. R. pour Tinvulster à leor accorder lestablissement dans leur ville d'une maison religieuse de Tordre de la Saincte Ursulle. sans closture. Elle nous a causé quelques surprises d'apprendre que dans le temps que nous voyons les Communes de cet Estât les mieux reiglez se deiïendre avec beaucoup de zèle de ces sortes destablissements comme contraires au bien publiq et tousiours à charge à la noblesse et au tiers estât, nous voyons ces scindics en demander un au nom de la leur avec beaucoup d'empressement : Il est constant, Madame, que l'on ne le sçauroit faire que sur la ruine de quelques familles particulières et en les dépouillants dautant de biens et de bastiments qu'ils leur seront nécessaires dacquérir pour leur logement et leur subsistance et surcharp^eront par conséquent les autres des devoirs personnels comme gardes, logements et exactions de taillie par où les uns seront obligés d'abandonner la ville et les autres pour ny avoir plus de maisons ny biens aux environs ce qui sera un préjudice considérable au service de V. A. U. et au bien de ses peuples ^ Il y a peu d'apparence, Madame, nue le couvent des Ursulles de Besançon dont elles prétendent se tirer veuillient fournir comme elles promettent une somme assez considérable pour en establir un autre à la BonneVille où elles disent vouloir venir en petit nombre pour y enseigner gratuitement les petites filles et ny estre à charge à personne. Ce sont des prétextes spécieux, desquels se sont servy la plus grande uart des maisons religieuses de filles qui se sont establys en sy grand nombre en cet Estât et quelles précautions (jue nous ayons sceu prendre pour les obliger à se tenir à leurs conventions et aux reigles (]ui leur ont été prescriptes ])ar leur arrest destablissement on ne les y a point peu nécessiter.— La BonneVille neslant pas même )euplee de gentilshommes ny de bourgeois rirhes pour es soustenir en cas de malheur de peste ou d'une pau-
* Voir au Registre secret (I. folios 97 et 81) d^s lettres dans le même sens relatives aux reiigieases Annoaciades (16 janvier 1645 et 4 jnin 1650).
vreté extraordinaire, comme nous en voyons avec desplaisir dans cette ville * et des autres dans les voysines ' prestes à tomber dans un pareil inconvénient, et elles seroient obligées à rompre la closture qui ne se fait
C' mais sans c[uelques scandalles. Ce sont les motifs, adame, qui nous ont obligez il y a quelques jours de faire un arrest par lequel nous avons ordonné à ces mcsmes religieuses de se retirer de la ville de La Roche où elles se vouloient establir, et sur lesquels on refusât en Tannée 1650 la liberté aux religieuses Ânnonciades de s'establir dans ce mesme lieu de la Bonne Ville. Nous supplions Y. A. R. de faire la réflexion Qu'elle croyra estre du service de S. A. R. et du bien public et d'agréer les protestations (pxe nous luy faisons de nos obéissances et de nostre fidélité. De Y. A. R. les trez humbles irez obéissants et trez fidelles serviteurs et sujets les gens tenans le Sénat de Savoye.
Tiré des Archives du Si^NiiT. Regiitre secret de 1680, folios 345 et 346.
DOCUMENT No CXLIX
(Se laprte à la pafje 115 da tome in«.)
Au moyen-âge, les aamônes établies par des fondations perpétuelles étaient nombreuses et considérables, surtout sur les rbutes les plus fréquentées (témoin l'aumône de Lans le Bourg et celle du pain de may à Moûtiers). Le prieuré de Thoiry distribuait k Noël aux pauvres de la paroisse 14 voissels de gros blé qui, réduits en pain^faisaient mille livres dont
* Le 98 août 1665^ le Sénat avait rendu d'office un arrêt formant le rôle des parents contraints à payer dorénavant 70 florins de pension viagère pour l'entretien des religieuses Bernardines de Chambéry, doot le couvent, privé de ressources, était menacé d'une ruine totale. (Registre des arrêts. XLII, folio 6^)
* Le le' mars 1677 , les religieux du couvent de Sainte- Catherine de Villard-Sallet sont forcés, par la pénurie de leurs ressources, de vendre au sénateur Castagnery, baron de Châteauneuf, tous les biens-fonds qu'ils possèdent sur la paroisse de Ghâteauneuf. (Reg. XLV, folio ISô.)
on donnait 1 livre 1/4 à cbaquo assisté. I«e nombre des panvre» était donc de 800, plus de la moitié de la paroisse, laquelle comptait 1,250 communiants. On y donnait aussi chaque jour, du 37 décembre au 34 juin, un eréveiron (U 64* partie du veitnel féodal du fromentj de fèves ou de pois secs a chaque garçon de la paroisse qui se présentait. Plus tard, la réduction ou la suppression des aumônes furent le fait de fermiers avides qui trafiquaient du bien dos pauvres, comme on le vit, en 1598, au prieuré de Douvaine et à Tabbaye de Filly, où les fermiers refusaient do continuer Taumâne* à Douvaine, de 12 coupes de blé de Baleyson ; à FUIt, de 25 muids de blé, froment et seigle pour les pauvres de nessery, Yvoh'e, Massengy et Siez (Reg. XXVIH. F» 34. Lettres du 19 juin 1598).
En 1570, les chanoines de Saint-André de Vienne, titulaires du prieuré du Pont-de-Beauvoisin, avaient été contraints à faire, sur les dîmes, l'aumône à tout venant de 60 tetiêrs de ieigle en beau pain bien cuit, les mardy, jeudy, tamedy de chaque semaine, dès la Chandeleur à la Saint-Jean d'esté. En 1693, ils renoncent aux revenus du prieuré sous le prétexte qu'il ne restoit rien l'aumosne faite. L'arrêt du 15 mai 1693 uutorisc les syndics à remplacer les religieux, dans Vadmtnistraiion du bien des pauvres, et désigne l'économe Cretet pour recueillir la dlmo et l'appliquer à Taumône. Par un arrêt du 3 mai 1587 (publié de nouveau le 35 mai 1639, Reg. 34, folio 13?), le Sénat exhorta les ecclésiastiques à distribuer exactement les aumônes provenant des fondations dont l'administration leur éttiit confiée et chargea les châtelains et euriaux de surveiller l'emploi des fonds. Le plus souvent, les syndics etcommunters prenaient l'initiative de la réclamation, comme h Moûtiers en 1613 et à Chamoux en 1669.
En Tarentaise, le procès intenté par les syndics de Moiîtiers et ceux des villages h rarchevâque Anastase Germonio relativement h lu fameuse aumône du pain du may qui devait être faite avec des pains de la forme et du poids traditionnels à tout venant, riche ou pauvre, après avoir duré bien des années et avoir donné lieu h d'étranges incidents, ne se termina qu'en 1(313 par le succès des syndics. Voir aux archives du Sénat le procès-verbal d'enquête et de transaction dressé par le sénateur Crespin, commis à cet ciTet, écrit àMostiers, au logis de Vhoste Trolliet, le Qmay 1613.
Les Prieurs de Chninoux, religieux de Saint-Rambert, refusaient de continuer l'aumône d'un pain do 1/3 livre, poids d'Aiguebelle, fait de blé cavallin (avoine et seigle), a tout venant, chaque vendredi de carême (transaction du 13 norembre 1693).