‹ Histoire de SavoieChapitre 14 sur 126 · MM8W · texte numérisé non relu

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de Chambéry ne sont ni chaussées ni déchaussées, quelle chaussure portent-elles? »

Les Royales-Finances donnèrent des ordres minutieux pour la rédaction des inventaires et la |)rise de possession à titre conservatoire des maisons religieuses, au nom de la Caisse ecclésiastique ; mais en invitant les agents chargés de l'exécution à s'entendre au préalable avec les évêques et à user de la plus parfaite courtoisie. Les journaux religieux publièrent aussitôt le chapitre XI du décret de la XX"™« session du concile de Trente, aux termes duquel est excommunié, ipso facto, quiconque prête les mains à une entreprise du pouvoir laïc sur les biens du clergé. En même temps, les évêques adressaient aux curés des instructions, qu'on lut au prône, et oui réglaient leur conduite pour tous les inciaents relatifs à la spoliation imminente des biens ecclésiastiques.

Les couvents de Chambéry étaient au nombre de six, parmi lesquels trois seulement tombaient sous l'application de la loi d'incarné ration. Les dames du Sacré-Cœur redoutaient le sort des Jésuites; l'influence française les avait sauvées jusque-là; elles comptaient 34 religieuses dont 29 s'étaient liées par des vœux solennels et 5 par des vœux simples; elles avaient une seule novice. Sur ce nombre, 19 religieuses étaient françaises, 10 italiennes, 6 de Savoie*. Les sœurs de Saint- Joseph, spécialement exceptées par la loi, et les frères de la Doctrine chrétienne, en leur qualité de corps

* Ces détails sont tirés des listes oiBcielles de riacaméraliofl que les religieux ou religieuses devaient émarger de leur si-

S nature. Les documents dont il est fait usage portent la date es 8 et 39 norembre 1855. (Arcbires delACaits$ucUn€utiqiu*J

enseignant, n'avaient rien à craindre ; il y avait 68 sœurs et 33 frères. Les trois ordres directement menacés avaient en Savoie des attaches profondes. Les dames de la Visitation appartenaient toutes à la noblesse ou à la haute bourgeoisie ; on trouve sur la liste des 4f5 religieuses du monastère de Lémenc, dont 40 avaient fait les vœux solennels, les noms de mesdames Elise de Glapigny, Thérèse de Revèl, Aime de Viry, Stéphanie et Augusta Perrier de La Bâlhie, Elise de Fa verges, Agnès de Saint- Bon, Henriette d'Agoult, Josette de Saint- Bonnet, Marie Anthonioz, etc. Quatre seulement n'étaient pas originaires de Savoie. Les Carmélites de la Réforme de Sainte-Thérèse en France étaient au nombre de 24 mères et de 8 novices ; les Capucins comptaient 26 pères et 10 frères lais. Le revenu net des biens de main-morte fut évalué par les intéressés euxmêmes à 212,721 fr. 47 pour l'année 1854; mais, sur ce chiffre, 151,587 fr. 45 appartenaient aux hôpitaux, environ 4,000 fr. aux prêtres infirmes et 19,638 fr. 80 au séminaire. Le profit à retirer d'une saisie, déduction faite des frais de régie et de la pension viagère de chaque titulaire dépossédé, était donc bien minime; mais l'obstination devint telle, de part et d'autre, que le scandale fut aussi complet qu'on avait pu le souhaiter.

Le vendredi, 20 juillet 1855, l'insinuateur, assisté de l'avocat fiscal *, accompagné d'agents de la force publique, se rend au couvent des

^ Aax termes de la loi, l'agent du fisc devait procéder avec l'assistance du juge de mandement ; celui de Chambéry et son substitut (MM. Naz et Revil) refusèrent d'exécuter un acte qui répugnait à leur conscience ; ils furent révoqués.

Capucins ; sur leur refus d'ouvrir il fait enfoncer la porte et, derrière la grille, trouve la communauté dont le chef proteste en présentant le contrat d'acquisition de l'immeuble, portant quittance du prix payé comptant aux Royales- Finances en 4818. (Jet argument déconcerta l'agent du Domaine qui se retira.

Sur des ordres reitérés venus de Turin, ropéralion recommença le mardi 24. Les représentants de l'Etat, entourés d'une compagnie de bersagliers et suivis d'ouvriers mis en réquisition, se dirigent vers le couvent des Carmélites au milieu d'un immense concours de peuple, d'abord surpris de la nouveauté du spectacle, puis ému, mécontent, et n'épargnant aux incamérateurs ni le sarcasme ni la menace. L'insinuateur fait briser, l'une après l'autre, cinq portes et forcer dix-sept serrures ; il parvient jusqu'à la chapelle où les sœurs, groupées autour de l'autel, psalmodient le Miserere. Au couvent des Capucins , même refus d'ouvrir, même bris de clôtures, même protestation dédaigneuse que rompt le chant sépulcral du chœur. Les dames dé la Visitation, protégées

Êar la bienveillance spéciale du comte de lavour, ne furent point molestées. Des scènes semblables se passèrent, le 28 juillet, à Hautecombe où l'abbé Prarsone proteste au nom de la donation que Charles-Félix fit de l'abbaye, en 4826, à Tordre de Citeaux; les curés de Saint-Pierre de Cur tille, de Lucey, d'Ontex protestent avec lui, et les carabiniers sont obligés de défendre les agents du fisc contre l'attitude menaçante des paysans * . Aux Capu-

* Lire dans VEtpero de Tarin, numéro dn 2 novembm 1855, It récit dramatique de la prise de possession d'HaateeMliM.

cins de Conflans, Tinsinuateur local procéda avec une insolence que le Père gardien réprima d'un mot : secouant au visage du Piémontais ébahi la besace du frère quêteur, il dit en souriant : Ecco la cassa ! Voici notre coffra-fort ! Et montrant quelques légumes : voici nos billets de caisse ! Dans les premiers jours d'août, on rédigea des inventaires aussi dérisoires chez les Capucins d'Yenne, de La Roche, de Thonon, et chez les Augustines du Pont-de-Beauvoisin; à la chartreuse du Reposoir, le couvent avait passé, depuis quelques jours, entre les mains d'un possesseur laïc qui exhiba son titre. Partout, un blâme énergique accueillit des mesures au moins inutiles et que, dans tous les cas, il était excessif d'accentuer par le bris des portes, alors qu'il suffisait, pour sauvegarder les droits de la Ôaisse ecclésiastique, d'un simple procès-verbal de sommation. Mais, d'une part on exploitait le scandale, de l'autre on espérait intimider la résistance. La polémique du Courrier des Alpes devint si violente que son rédacteur en chef, M. Gault, Français d'origine, fut expulsé de Savoie le 44 août.

Les Ordres atteints par les actes du gouvernement portèrent la question devant les tribunaux; le procès des Capucins et des Carmélites contre la Caisse ecclésiastique fut plaidé une première fois, à la Cour (25 août), par les avocats Pillet et Greyfié. En novembre, le ministre Lanza enjoint aux dames du Sacré- Cœur d'avoir à se présenter dans les huit jours aux examens universitaires qui donnent droit aux diplômes de capacité, si elles ne préfèrent fermer leur pensionnat; nouveau procès. Quelques jours plus tard, le roi Victor-Emmanuel,

accompagné de M. de Cavour, traverse Chambéry à son retour de Paris ; Mgr Billiet réclame le maintien des établissements religieux ; les manifestations de la foule furent significatives ; un témoin oculaire les résumait ainsi :

« On a cru remanpier que S. M. avait reçu des impressions pénibles, et Ton dit même qu'elle ne se serait point arrêtée à Chambéry si le maître de poste avait été en mesure de fournir des chevaux pour continuer im* médiatement le voyage. La présence de M. de Cavour causait dans toute la ville une sensation pénible indéfinissable. Le respect dû à S. H. a seul arrêté une manifestation oui aurait pu prendre des proportions in- Suiétantes. Tels sont les faits dans leur triste réalité, é que les feuilles minislérielles ont publié de l'enthousiasme et de l'allégresse des populations est une pure invention, à laquelle la ville ae Chambéry tout entière donne un démenti solennel*. t>

Les débats judiciaires à propos de la loi du 29 mai n'étaient point les seuls motifs du mécontentement public. Le tracé définitif du chemin de fer venait d'ôtre adopté ; ce tracé paraissait ôtre, aux yeux des hommes compétents, l'arrêt de mort de l'activité du pays. D'après les plans primitifs, la ligne principale devait, au sortir ae la Maurienne, s'embrancher à Ayton sur une ligne secondaire qui, remontant la

courant vers la vallée de l'Arve par Le Plot, La Roche, Bonneville, Annemasse, l'autre vers Seyssei par Rumilly. La ligne principale, se rattachant à Turin par la Percée de$ Alpes* ^

* Lettre du Inndi 10 décembre 1856.

* En 1833, un géomètre de Bardonnèchet Joseph Méd«ilt

devait, de Chambéry, gagner directement Lyon par la Percée de V Epine ^ Saint-Genix, Morestel et Crémieu. Le projet rétréci qu'on adoptait renversait toutes ces espérances ; cette ligne courte, coupée à Culoz, avec un embrancnement éventuel sur Albertville ou Annecy et un autre sur Grenoble, semblait imaginée pour ruiner la Savoie. On explique le rejet de la ligne sur Lyon par des motifs stratégiques, le rejet de la ligne sinueuse d'Annecy par des raisons d'économie, et de là à conclure que, si la Savoie devenait française, ces motifs s'évanouiraient, ces raisons n'existeraient plus, il n'y avait qu'un pas. Ce pas fut vite franchi.

Le tracé primitif des chemins de fer était si naturellement indiqué par la topographie que les populations en avaient de suite compris les avantages. Les communes du massif des Bauges et celles du delta de Novalaise , avec une louable émulation, ouvrirent à leurs frais des routes qui, en les rapprochant des voies ra-

fûdes, devaient décupler leurs productions et eurs ressources ^ La décision internationale 2ui brisait en deux tronçons la ligne du Montlenis parut un instant rendre inutiles ces

reprenant les projets des ingénieurs français du premier Empire (voir ci-dessus page 190) avait étudié les cols de Fréjus et de la Roue ; en 1842, il présenta ses plans de tunnel à la Chambre d'agriculture et de commerce de Chambéry.

' Dans les Bauges, les docteurs ^'eyret et Simon furent les promoteurs de ces grands travaux d'utilité publique : route de Saint-Pierre d'Albigny à Cusy par le col du Fresne, Le Châ-» telard et la grotte de Banges ; route de Leschaux aux Déserts par Lescheraines. Dans le Petit-Bugey, MM. Crotti de Gostigliole, Millioz, DuUin, Vallet, etc., dirigèrent les 28 communes associées qui ouvrirent la route des Echelles à Lucey par NovalAûe.

énormes dépenses. On se plaignait en même temps des entraves que le cabinet de Tmin semblait apporter systématiquement aux rapports traditionnels du Val d'Aoste avec la Tarentaise % et de l'escompte de 1/2 0/0 et même 3/4 OyO que les banquiers de Turin et de Gènes faisaient subir aux billets de la Bancjue de Savoie, lesquels étaient reçus au pair a Grenoble, Genève et Lyon. Le 43 septembre 1855, le Courrier des Alpes avait, pour la première fois, timidement accepté les possibilités d'une annexion à la France; six mois plus tard, il faisait de cette thèse le sujet favori de ses dissertations.

Le 2 janvier 4856, au cours de Tinstance intentée par les pères de Hautecombe pour être maintenus en possession de l'abbaye, les agents de la Caisse ecclésiastique ouvrent les enchères

Eour la mise en ferme des domaines et des âtiments ; à l'honneur des Savoyens de la vallée de Chambéry qui rappelèrent ainsi le beau trait des laboureurs d'Evian et de Blonav en 93, nul adjudicataire ne se présenta. Le 49 janvier, un arrêt de la Cour donne gain de cause aux Carmélites et qualifie d'attentat à l'instance, de mépris des droits de la justice, le

{)rocédé du ministre des finances disposant de 'abbaye d'Hautecombe avant toute sentence des juges. Le 2 février, les dames du Sacré- Cœur sont condamnées, par le tribunal, à

* La loi (la 2 mai 1855 sur le claBsement des roafes natio- • nales avait admis l'importance de la route d'Àoste a Moûtiers par Morgei et Bourg-Saint- Maurice, mais n'avait affecté à ce parcours de 116 kilomètres au milieu des hautes Alpes qu'une subvention dérisoire de 75,000 fr. Le télégraphe électrique reliait Chambéry à Turin depuis 1858 ; mais on ne l'avait oon-* tinué ni sur Grenoble, ni sur Genève, ni sur Lyon.

l'amende et au renvoi des élèves; le 14 mars, arrêt qtd réforme ; le 5 juin, arrêt de cassation qui révise la sentence de la Cour. M. de Cavour, décidé à réprimer 'vigoureusement les exagérations des partis extrêmes, essayait de se tenir à une distance égale des ultramontains et des radicaux* ; en Piémont, il luttait avec les démagogues, en Savoie, avec les cléricaux. Ne voulant, à aucun prix, paraître céder aux exigences de ces derniers, il prescrit la mise en pratique, sans plus de délai, de Farticle 25 de la loi du 29 mai 1855. Cet article augmentait dans de fortes proportions la taxe de 1851 sur les biens de main -morte. Les couvents, paroisses et canonicats ne payaient rien lorsque leur revenu net ne dépassait pas 1,000 fr. ; mais de 1,000 à 5,000 fr. on les taxait à 5 0/0; de 5,000 à 10,000 fr., à 12 0/0; à 20 0/0 au dessus. Les séminaires payaient 5 0/0 de 10,000 à 15,000 fr. ; 10 0/0 de 15,000 à 25,000 fr. ; 15 0/0 au dessus. Les évêques et archevêques, plus maltraités encore, étaient taxés à 1/3 de leur revenu net pour ce qui dépassait 12,000 fr. ou 18,000 fr., suivant leur titre; à 1/2, pour les revenus supérieurs à 20,000 fr. ou à 30,000 fr. Ainsi, en supposant que la mense épiscopale de Tarentaise fût d'un produit net annuel de 40,000 fr.,révêque payait à l'Etat 12,666 fr. C'était V impôt progressif sur le revenu si prôné par l'école socialiste. Quelques hommes clairvoyants^ essayaient, sans succès, de modérer

* Voir aux PREUVES, document n^ CIV, une lettre inédite de M. de Cavour, du 20 juillet 1854.

^ Les lettres confidentielles échangées de 1854 à 1859 entre le marquis Costa de Beauregard et le comte de Cavour seront la clef de bien des mystères si on se décide à les publier.

Texaltatiou des meneurs; en vain le cabinet de Turin fit-il cesser le régime exceptionnel dont gémissait Chambéry ; on élut un nouveau Conseil municipal, on réorganisa la garde nationale, on confia à de purs Savoy ens presque tous les emplois*; rien ne satisfit les nommes oui ne cessaient d'accuser le Piémont de vivre de la Savoie, et qui reprochaient au premier ministre d'avoir, dans de telles circonstances, enlevé la haute direction des affaires locales à un savoyen, M. Mercier, pour la confier successivement à deux piémontais, M. Gay di Quarti et l'avocat Magenta (avril 1856). La réaction ultramontaine s'accusait en Suisse par la querelle de Mgr Marilley avec le Conseil d'Etat de Genève; en France, par l'appel comme d'abus que méritait l'évêque de Moulins ; en Savoie, par les sympathies déclarées du clergé et de ses adhérents pour l'union avec la France, dans l'espoir quelque peu aventuré du triomphe prochain des doctrines de M. de Montalembert, Le dimanche, 46 mars 1856, le Courrier des Alpes faisait distribuer une feuille portant ces mots :

« Nous nous hâtons de porter à nos abonnés la bonne nouvelle qui nous arrive par le télégraphe et qui

' Au ie"f janvier 1856, les 4 évêchés, 60 canonicats, tous les postes ecclésiastiques sont occupés par des Savoyens ; sur les employés des diverses administrations, dont le chiffre total est de 531, on ne compte que 90 Piémontais; dans les deux régiments de la brigade de Savoie, tous les officiers, sauf I^, sont Savoyens. Dans la magistrature, les membres des tribunaux et des judicatures sont tous Savoyens : à la Cour d'appel, 3 sur 40 sont Piémontais. La Savoie est d'ailleurs représentée, en Piémont dans le clergé, la magistrature de JNice, de Gênes, de Casai, les ministères et les grands corps de l'Ëtat. (Annuaires officiels,^

va répandre la joie dans tout runWers, dans la Frange et dans la Savoie en particulier. Cent un coups de canon annoncent aujourd'hui dans toutes les villes de France la naissance heureuse de celui qui doit être un jour l'Empereur des Français et que les circonstances providentielles dans lesquelles se trouve le monde proclament en ce moment le Prince de la Paix. — Vive l'Empereur ! Vive la France ! Vive la Savoie ! jd

Pour répondre à ces provocations et exalter le sentiment national, le ministre Rattazzi fait jouer sur le théâtre de Chambéry, malgré le veto du syndic, un drame de Joseph Dessaix, Bonivard ou l'Indépendance (25 mai). Les conservateiœs critiquent cette pièce qui compromet les choses saintes en jetant sur la scène le costume des prêtres ; production scandaleuse qui souille même les planches d'un théâtre. Les jeunes gens chantent la Marseillaise; il y a, chaque soir, des rixes entre les soldats piémontais et les ouvriers.

L'attitude hostile du clergé à Tégard des iwcamérateurs devint telle qu'un document officiel ne craignit pas de la qualifier en termes sévères :

«: Les fêtes pascales et celles du Statut ont été l'occasion de nouveaux actes d'hostilité de la part des prêtres. Tantôt on refuse le baptême et les actes qui sont le fondement et la preuve de l'état civil des personnes, tantôt on refuse la sépulture' ecclésiastique. Au tribunal de la pénitence, on in(]uiète les consciences et l'on fait des excitations inconciliables avec la qualité et les devoirs des personnes qui s'en approchent. On n'a jpas égard au repos des familles, et l'on ne craint pas de tirer parti des malheurs domestiques. Ceux qui ont pris part à Texécution de la loi des couvents sont signalés au lit de mort, et, dans ces moments suprêmes où l'esprit de

rhomme est chancelant, l'on demande et Ton impose des rétractations injurieuses. ^ »

Les quatre évêques de Savoie répliquent à cette circulaire par une vigoureuse protestation du 3 juillet adressée au président du Conseil des ministres; et le Courrier des Alpes recommence contre le gouvernement une nouvelle campagne de chiffres. Il établit que la Savoie livre au Piémont, en 4856, 4,717,415 fr. 35, déduction faite de tous frais et dépenses soldés par l'Etat dans le pays, au lieu de 1,657,238 fr. 58 qu'elle payait en 1848. Il réclame les trois millions par an que perd la Savoie, chaque année, avec le régime du Connubio et Tutopie de Vidée.

Cependant, le parti radical gagne du terrain; le pensionnat du Sacré-Cœur est fermé ^ ; une manifestation populaire en faveur de l'intendant Magenta, accusé d'actes équivoques par le parti clérical, réunit les fonctionnaires, les ouvriers et les officiers de la garde nationale, malgré l'ordre du syndic et les elforts du colonel, M. de Savoiroux, oui donne sa démission (29 juin 1857). Les étudiants brûlent le Courrier des Alpes sur la place Saint-Léger comme à Bonneville et à Thonon, en 1848, on brûlait les journaux italiens. Ce .journal est condan^né pour diffamation envers le publiciste piémontais Me-

* Circulaire du ministro Uattuz/i, du 9 juin 18.06, aux intendants et avocats jg^énéraux.

- On rappelle, à ce propos» la loi française de 1 850 sur la liberté de l enseignement ; on blâma la tendance de l'Etat à se servir du monopole comme d'un levier politique ; on réclama la liberté de l'école, le droit de concurrence et l'Influence légitime de TEglIte dans rnnseignAment primaire, stirtout pour les flNet .

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