LIVRE IV
(c céleste, je suis prêt à les expier par le sacrifice de ma « vie. »
Puis, empereur, pontifes, soldats, martyrs encore debout, tous demandèrent à Dieu, non ces honteuses voluptés promises par l'islamisme, non le pillage ni Tincendie , mais son appui pendant le combat, mais sa grâce après la mort ; chant d'adieu solennel à la vie, sorte de De profundis prononcé d'avance pour eux-mêmes, par des héros qui, le lendemain, devaient être des morts.
Pieds nus, suivis du sénat, des grands de la cour et d'une immense multitude, le clergé parcourut la ville, en portant les reliques des saints et tous les objets de la vénération des fidèles. Répandus çà et là dans les rues, sur les places publiques, les vieillards, les femmes, les enfants criaient miséricorde, et suppliaient, en sanglotant, le Seigneur de ne pas abandonner son troupeau à la merci des barbares : aKyrie eleison! Kyrie eleison!» disaient-ils en tombant à genoux ; « Seigneur, détource nez de nous votre juste colère, et délivrez-nous de vos « ennemis. »
Tout Tespoir du peuple était en la Sainte-Vierge qui, lors du dernier siège par Murad, miraculeusement apparue sur les remparts, avait dispersé les Turks. Aussi, depuis la semaine de P&ques, commencement du siège actuel, son image restait-elle exposée dans l'église de la yierge Hodegatria, au milieu de l'Acropolis, sur l'emplacement de l'ancien autel de Minerve Embasia.
L'Empereur retourna ensuite dans ce palais qu'il ne
devait plus revoir, y appela les principaux Grecs, les plas braves d'entre les alliés, régla avec eux les dispositions de la défense, demanda, à hante voix, pardon à tous des fautes qu'il avait pu commettre pendant son règne, prit ses armes et monta à cheval. Le chrétien avait accompli sa tâche ; le guerrier allait consommer la sienne.
Avant de se séparer, tous s'étaient embrassés ; près de quitter familles,amis, patrie, tous prenaient héroïquement congé de la vie, les regards vers le ciel, la main au glaive.
C'està une heure après minuitquecommença l'attaqve*
Dans la soirée, les troupes, le canon, les fascine» s'é*talent avancés au bord du fossé, qui, en plusieurs endroits, présentait jusqu'à la brèche un chemin uni ; les prouesdes quatre-vingts galères, leurs échellesd'escalode touchaient presque les mursdu port les plus vulnérables^ Sous peine de mort, le silence était ordonné : mais le souffle de tant de poitrines haletantes, la marche et le travail de cette masse énorme envoyèrent des sons cod« fus à l'oreille des sentinelles des tours.
Dès la pointe du jour, l'assaut était général.
En ce moment, outre les dix mille gardes, matelots et soldats de marine, deux cent cinquante mille Turki^ cavaliers et fantassins, étaient en mouvement. On a comparé leur ligne d'attaque serrée et continue à un gigan^ tesque cordage tressé ou tordu K Un réseau de feu ébrei-
» Docas.