‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 123 sur 217 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

lancer des boulets de pierre, et vingt-deux canoQS d'une longueur de vingt -sept pieds \

Jour etnuit, l'artillerie foudroya la ville : deSzegedin (Seged), c'est-à-dire à une distance de plus de vingtquatre milles hongrois^, on entendait la canonnade, Muhammed regardait la conquête de Belgrade comme un jeu auprès de celle de Constantinople ; cette place^ vainement assiégée par son père pendant six mois, il s'était même vanté, si l'on doit en croire quelques historiens, de la prendre en quinze jours. Sous deux mois il espérait être à Ofen *.

Réunie à Widdin *j une flottille de deux cents brigantins ' remonta le Danube pour intercepter les secours qu'on préparait à Szegedin.

Mais Hunyade allait troubler cette orgueilleuse sécurité.

Alors lieutenant général du royaume, il rassembla d'abord à Ofen, puis à Szegedin, l'armée des croisés.

Appelés par une bulle du pape Calixte lll, encouragés d'ailleurs par les promesses d'indulgences plénières du lé* gat (cardinal Jean Angelo), soixante mille hommes en*^

i Taguacotiub dans Catona, lll, p. 1068. -*£n6ëi«, J. o,» p. 409 dit seulement vingt-deux pifids.

« Thurocz, LV.

' Alt-Ofen, ou Œ-Bada , Vieux- Bude ; Tagliacotius , dans Catona, XÏII, p. 1070,etTHu«oci,p. 4092.

* C'est là qu'en 1798, Pass-Wan-Oglon proclama et maifitint son indépendance.

s Chalcond. : Ncpoes autem eranl numéro ducêrUœ.

viron avaient pris la croix et les armes contre les Tarks ; vaillante réponse à l'appel du Saint-Père, aux ardentes prédications du franciscain Joannes Capistrano.

Cependant, parmi toute cette multitude armée, on ne comptait que trois magnats, Jean de Korogh, hautpalatin et ban de Machov, d'Orban et de Posega, dans le banat duquel était située Belgrade S le capitaine Michel Zelaghy , haut - palatin de Bistrai, et le jeune Ladislas de Kanischa^ Beaucoup d'autres nobles prirent la croix, mais non les armes.

Les troupes d'Hunyade étaient un pèle-mèle de bourgeois, de paysans, d'étudiants, de moines mendiants, armés de pieux, de bâtons» de frondes, de sabres *• Six de ses collègues, comme lui franciscains, accompagnaient Capistrano. Les écrits de deux d'entre eux, Jean Taglicozzo et Nicolas de Fara, sur cette mémorable époque, ont transmis à la postérité leurs noms et celui de Capistrano*.

Le 14 juillet, Hunyade, avec une flottille de deux cents brigantins, en partie rassemblés à Sztary-Slankament, en partie construits, à Belgrade, sous la direction de Zelaghi, vint à la rencontre delà flottille ennemie. Le combat ne fut presque qu'un abordage ; car les bâtiments tnrks, d'une manœuvre lourde et inexpérimentée, ne taîdèrent

1 Tagliacotius dans Catona, XIII, p. 4078.

« Thurocz, LV.

3 Tagliacotius, 1. c, p. 1079.

♦ Pray, Annales, llï» part., et Catona, XIII, p. 4072 et 4096.

Page 1