‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 124 sur 217 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

pas à être dispersés ^ Pour que les navires démâtés et dont l'équipage avait péri, ne tombassent point au pouvoir des Hongrois*, Muhammed les fit brûler. Les Turks avaient perdu sept galères, dont trois coulées bas et quatre prises; plus de cinq cents des leurs périrent dans le combat*.

A genoux sur le rivage, pendant toute l'action, Capistrano invoquait le nom de Jésus, et agitait l'étendard des croisés.

Sept jours après l'échec reçu sur le Danube, Muhammed, ayant ordonné un assaut général, se mit lui-même à la tète des janissaires *. La veille , Karadja, beglerbeg de Rôumélie, qui jusqu'alors avait dirigé le siège avec talent et bonheur, était noblement mort, frappé par un boulet.

Dès le matin du 21 juillet 1456,* le camp ottoman re^ tentissait du bruit des tambours et des trompettes. Lés janissaires , dans une attaque impétueuse, pénétrèrent par les brèches et se rendirent maîtres du faubourg : de là ils se portèrent sur le pont qui conduit dans l'intérieur de la ville. Telle fut leur énergie, qu'Hunyade lui-même crut, un moment, à sa défaite.

1 Chalcondyl.; Thurocz, LV; Tagliacotics.

* Chalcondyl., Has quidem naves illico rex incendi curavU, ne in Pannonum poteslatem redigerenlur.

3 Tagliacotius dans Catona, XIII, p. 1075. Catona donne aussi» p. i 065 , le rapport de Thistorien polonais Dlugoss^ ainsi que ceux d'Hunyade et de Capislrano.

♦ Chalcondyle.

Mais Tapôtre et le guerrier allaient rivaliser d'héroïsme.

En ce moment suprême, le courage inspiré de Gapistrano ne faillit pas : sa confiance en Dieu resta inébranlable. D'après ses ordres, de nouveaux renforts entrèrent dans la citadelle, par laporte dederrière; comme des flots de feu, des sarments , imbibés de soufre, enflammés, roulèrent sur les Turks montant à l'assaut. Bientôt l'ennemi fut repoussé dans les fossés ^ Vers midi les assié* géants étaient forcés d'abandonner leurs positions.

En cet instant décisif, Capistrano, prenant avec lui le porte-étendard Pierre et deui de ses confrères et compagnons d'armes, dont Tun était Tagliacozzo, fit, à la tète de mille croisés, pour s'emparer de rartillerie de siège de l'ennemi', une sortie vigoureuse. Alors les Turks, au cri d^Àllah^ s'enfuirent dans toutes les directions, et les chrétiens, en invoquant le nom de JésuSi pénétrèrent jusque dans le camp ennemi.

Au spectacle de ses azabs en pleine fuite, de son artillerie sur le point d'être prise, Muhammed combat laimême en lion ; d'un coup de sabre , il fend la tête d'un chrétien ^ Mais, blessé à la cuisse ^, force lui est de se retirer. Tansporté de fureur, le Sulthan lance

1 Tagliacotius dansCatona, XIII, p. 4082. « Chalcondtle, p. 432, et Taglîacotius, 1. c, p. 4086. ' Idris, et, d'après lui, Seadeddin; Ghalgondtl. : Eo loooperemil virum Pannonum rcx, * Verum vulneratur fémur. Id.

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