‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 128 sur 217 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

gea Tanusios et Pic Manuel de tenir tète, dans la Basse- Dibre, aux entreprises de Sinan. Quant à lui, ayant gardé la meilleure partie de ses troupes, principalement en cavalerie, il veillait, avec Mosès, sur la Haute- Dibre.

Comme, de ce côté, l'accès de l'Albanie était facile à l'ennemi, et que l'hiver approchait, il résolut de se débarrasser d'aussi incommodes voisins, en les attirant, bon gré mal gré , dans une action.

Pour lui, concevoir c'était exécuter.

Suivi de mille chevaux, il part avant le jour, et marche droit à Alcrhie, non sans avoir fait fouiller d'abord les bois et ravins, pour n'être pas pris entre Sfétigrad et le corps turk. Bien renseigné par lui-même sur la position de Tennemi, il embusque çà et là son monde assez près de la ville, regagne le camp, ordonne le départ, prend des vivres pour un jour seulement, laisse , sous une garde suffisante, son bagage et ses tentes toutes dressées, et arrive à mille pas environ de son embuscade.

S'arrètant là, il détache Mosès avec six cents cavaliers; nul, certes, n'était plus propre à amorcer l'ennemi. Tous ses efforts, néanmoins, furent inutiles; Oumour avait pris son parti de ne pas remuer. Mosès revint donc trouver Scanderbeg, qui ne savait trop que résoudre, car attaquer les Turks dans leurs retranchements et sous la protection de la ville, c'eût été une folle tentative. Il alla attendre la nuit sur une colline voisine, rappela ses embuscades^ et, dès la pointe du

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jour, ravagea toute la campagne environnante s l'ennemi ne s'en émut pas davantage.

Bien convaincu que, pour le moment, il n'y avait rien à tenter^ Scapderbeg venait d'ordonner le départ, lorsque se présenta un héraut turk. Oumour rappelait au prince épirote la récente proposition du Sulthan, et l'engageait a ne plus se fatiguer en provocations superflues , Ofir la résolution de n'y pas répondre était iné^rapl^blQ : « Soit^ )) répondit Scanderbeg; a tu peux différer le c( combat, mais tu ne l'éviteras poin(. ))

Puis, confiant à Mosès la garde de la provinc^^ |1 cop-r gédia ses troupes, alla visiter la Bassq-PibfQ oi| commandait Tanusios, ne réussit Pfis mieux à proyçiquer Sinan, et revint à Groïa.

L'hiver, le printemps, l'été suivants se passèrent (lonp paisiblement. C'est dans le cours de cette derniàre saisQii que Sinan et Oumour, en personne, vinrent tenter, Ti^p après l'autre, une démarche pacifique, Acc^eillis avepmie courtoisie parfaite, gratifiés même de riches présents^ tous deux reçurent une semblable réponse : « Lq piiix, a oui, la paix, très-volontiers, mais bono^able, et spas a les deux conditions déjà stipulées. »

Vers cette époque, une bien triste nouvelle affligea Spanderbeg : le 27 juin 1458, Alphonse, roi d'Ârfigon^ de Naples et de Sicile, était mort, au moment qù ses troupes tenaient Gènes étroitement assiégée. L'Albanie perdait en lui un généreux appui , et Scander))eg pp ami fidèle. Héros tous deux, )'uQ de son siècle^ Taptre

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