‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 136 sur 217 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

que Ferdinand accor(|pfait à une redditioq spontanée.

Tout en causant ainsi, il le conduit, peu à peu, vers Tembuscade. Mai^ Fusiani^ nullement disposé 4 accueillir ces sages exhortations , affecte des prétentions exorbitantes; il va rnèqiie jusqu'à se répandre ep injures contre le Roi et la Reine.

Indigné alors, Scanderbeg le saisit par les d^ux bras, en criant: « A ipoi! ^ les Albanais accourent, garrotfisnt le gouverneur et Tenlèvent.

En cet état , les prétentiops de Fusianj flécbissept iipmédiatement : remise de 1^ p]ap^> réceptipri 4 pne garnison royale, il consent à tout , spi|s l'upiqpe pppdjtion de sa liberté ; et t'ex-gpuverpieur s'epib^fQPP pour la Sicile, en toute bâte, ayec ses b^gi^lg^s,* heuretiic encore de ne pas payer plu^ cher S9 félopie.

L'arfpée albanaise ét^it, (lepuis près d'une 9npé^, en Italie ; la guerre avait cessé ; Ferdip^nd, F^^bll sur spn trôqe, n'ayait plus d'autre ennemi qpe Ipirmépie. Scanderbeg songea sérieusemept ^ son dépar| : les rgpi408 triomphes de Mi^bammed devenaient pqur Ipi i^n s^n^pt divertissement. Cette gran4e proie de Çop^^atinQplo, loin d'étancber la spif dP l'insatiable conquérant, n'av^ft fait que J'irrit^r : déjè Wflîtrp 4fl la Morée , il s'est emparé de tout {ei continept gr^c , de plusieprs tliss de l'Afpbipel , ppis 4p la Servie ; PQpime m vil i\ér tajl, ^ne imipense nipltituito 4e paptifs est tr^tnée A 9a suite.

L'asservissement du Péloponèse avait comme éteint le

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dernier souffle de la Grèce en Europe; Muhammed résolut d'en Bnir avec elle en Orient*. Bientôt dMmmenses mouvements militaires révélèrent quelque expédition mystérieuse et redoutable. Le monde s'épuisait en conjectures : une vague épouvante planait sur toutes les têtes.

D'avance, Trébisonde, où, depuis 1204, régnent les Comnènes, est condamnée; bientôt elle ne sera plus qu'un pachalik. Malheur à Lesbos! Malheur à laValachie ! Malheur à la Bosnie !

Et toutes ces victoires, tous ces envahissements ne seront que le prélude d'autres plus menaçants encore.

Au mifieu de ses sanglantes luttes» de ses perpétuels sacrifices, de son incessante résistance, heureuse encore I Albanie! car, tant que vivra son héros, le sol restera pur du joug étranger, la foi des ancêtres vivifiera les cœurs, la patrie sera libre.

Après avoir annoncé sa résolution au roi Ferdinand, Scanderbeg voulut la communiquer aussi au Souverain Pontife et au duc de Milan. Tous deux lui envoyèrent aussitôt une ambassade, avec des félicitations et de riches présents. Les dons du Pape consistaient en subsides, en titres honorifiques, en prérogatives pour quelques églises d'Albanie, en reliques sacrées, en indulgences. De plus, le Saint-Père lui annonçait sa volonté de passer lui-même en Epire, à la tête de la croi-

* Hammer, Histoire de VEmpire ottoman, tom. lïl.

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