‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 146 sur 217 · LIVRE VI.— 14G · texte numérisé non relu

LIVRE VI.— 14G

« point à celui qui sollicite la paix à en prescrire les conte ditions.

« Je demande liberté de passage sur tes terres pour « mes troupes, allant guerroyer contre les Vénitiens ; f< ensuite que tu me donnes, en otage, Jean ton fils, qui c( sera traité comme mon enfant; enfin que nos sujets « puissent librement commercer entre eux.

<( Si tu acceptes, viens, en toute sécurité, me trouver : a la réception sera digne de ton rang. Oui, sur ma foi et « parole de souverain, j'entretiendrai fidèlement avec <c toi une paix inviolable; désormais ton pays ne sera a inquiété ni par mes armes ni par personne autre.

<( Au reste, si tu as des questions à faire, des doutes c( à éclaircir, adresse- toi, en toute confiance, à Musta- " a pha, mon envoyé.

« Donné en notre ville impériale de Constantînople,' « le 6 mai, et de la naissance de Jésus Tan mil quatre a cent soixante et un, »

Cette lettre, si amicale dans la forme, mais au fond si insidieuse, ayant été lue en Conseil, tous, princes, seigneurs et capitaines, convinrent qu'une telle démarche, de la part d'un si puissant monarque , était pour Scanderbeg glorieuse au plus haut point.

Quant aux conditions du traité, les deux premières furent rejetées à l'unanimité ; on n'admit que la troisième, celle relative à la liberté commerciale.

Voici la réponse adoptée en ce sens : « Georges Cas- « triota, surnoramé Scanderbeg^ prince des EpIrotêS et

a des Albanais^ soldat de Jésus-Christ, à Muhammed^ « souverain des Turks, salut.

a Nous avons reçu, prince très-illustre, ta lettre tout a empreinte des témoignages de ton amitié. Depuis m longtemps séparés Tun de l'autre, cette affection mu* « tuelle, dis-tu, s'était comme assoupie, et tu veux la c réveiller par une intime alliance.

« J'en accepte l'offre avec plaisir, mais non pas toutes « les conditions.

« Ainsi, allié et ami des Vénitiens, je ne puis, sans « violer la foi jurée, sans manquer à ma propre dignité^ « te donner passage pour les attaquer.

a Quant à te livrer mon ûls en otage, pour en faire « comme le nœud d'un nouveau lien entre nous, le cœur « d'un père et d'une mère ne pourrait s'imposer un te) « sacrifice ; c'est l'unique enfant que Dieu nous ait donné, a et il est encore en si bas àgel D'ailleurs, ce serait lui « causer un mal irréparable que de ne pas l'élever seloQ « les mœurs et dans la religion de son pays.

a Reste maintenant la clause relative au libre trafic « entre les deux pays : celle-là, tout mon Conseil et moi « nous l'approuvons pleinement, car les deux nations y « trouveraient un égal avantage.

« Tu m'invites aussi à te venir visiter, en toute con- « fiance, pour cimenter de part et d'autre une amitié si « longtemps en souffrance : grâces soient rendues, prince « excellent, à ta bonté. Malheureusement pour moi, ce « voyage à Constantinople, ce séjour qui me rappeliQ

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