‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 148 sur 217 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Latins tomber une seconde fois dans la même faute *.

Malheureusement ces secours, si nécessaires aux Bosniaques et si urgents, Pie II n'était pas encore prêt à les procurer. ÂiTaiblis par des combats antérieurs, désunis peut-être par la haine entre les deux sectes chrétiennes, ces peuples n'opposèrent qu*UDe faible résistance à Muhammed. Pris bientôt dans le chÂtean d'Eluth , et traîné aux pieds du Sulthan, le faible roi lui livra les clefs des soixante-dix forteresses delà Bosnie; En échange, Muhammed lui avait promis son rétablissement sur le trône, comme prince feudataire de la Porte : il tint parole en lui tranchant la tête, ou, selon d'autres, en le faisant écorcher vif. Toute la noblesse subit d'affreux supplices dans les plaines de Blagaï ; le peuple fut réduit en captivité. Une population musulmane remplaça la population indigène.

A peine établis dans leur nouvelle conquête, les Turks s'avancèrent plus loin. Arraché de ses Etats par eux, la même année, le ban d'Esclavonie fut massacré avec cinq cents de ses gentilshommes.

Déjà l'Italie voyait le fléau se rapprocher, de plus en plus, de ses frontières; une journée de marche séparait des avant-postes musulmans les possessions vénitiennes.

En Grèce, la guerre se rallumait aussi entre le lion de Saint-Marc et le Croissant.

Profondément ému de tant de désastres, et délivré des soucis nés de la succession au trône de Naples, Pie H,

1 SiSMONDi, Hist. des Itépubltques Italiennes du moyen âge, t. VU,

dans un Consistoire spécial, avait rappelé aux cardinaux combien il devenait urgent d'entreprendre cette guerre sacrée, à laquelle il s'était engagé dès son avènement au pontiGcat.

ce Chaque année, » dit-il , les yeux pleins de larmes, c£ les Turks ravagent quelque nouvelle province ce de la chrétienté ; dans celle-ci, nous leur avons va (c conquérir la Bosnie et massacrer son roi. Les Hongrois a s'effrayent, tous lespeuplesvoisins tremblent; et nous, a que ferons-nous? Exhorterons-nous les rois à les <c secourir, à repousser l'ennemi loin de nos frontières? a Mais déjà nous l'avons tenté, et en vain!

(c Dire aux autres : Allez, donne peu de crédit ; mais Ci dire : Suivez-moi, aura peut être plus d'effet sur eux; a je veux en essayer à mon tour. Oui, j' ai résolu de mar* (( cher moi-même contre les Turks, invitant ainsi, par a. des actes, non moins que par des paroles, les princes c( chrétiens à me suivre.

a Peut-être, à la vue de leur chef et de leur père, da « pontife romain, du vicaire de Jésus-Christ, partant, « vieux et malade, pour la guerre sacrée, peut-être alors (C rougiront-ils de rester chez eux, prendront-ils les ce armes, et voueront- ils tout leur courage à la défense c< de notre sainte religion.

ce Si cette voie, hélas! est impuissante, nous n'en (C connaissons plus d'autre. Sans doute, notre vieillesse ce est une chance fâcheuse, et nous allons à une mort c< presque certaine ; mais cette chance, nous ne la refu-

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