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a sons pas. Ne faut-il pas mourir une fois? Qu'importe « à la chrétienté le lieu de cette mort?
« Vous aussi, qui nous avez si souvent exhorté à la « guerre contre les Turks; vous, cardinaux, membres « de l'Église, vous devez suivre votre chef..,. Nous « l'avons promis au duc de Bourgogne, promis aux « Vénitiens. Maltresse de la mer, une redoutable flotte « nous accompagnera ; les autres puissances d'Italie nous <^ suivront. Avec lui, le duc de Bourgogne entraînera <c l'Occident; vers le Nord, le Turk se trouvera serré c( entre le Hongrois et le Sarmate; du haut de ses mon- <c tagnes, du fond de ses vallées, la Grèce chrétienne (c soulevée accourra dans nos camps. Albanais, Epi- « rotes, Serviens, tous saluant, avec enthousiasme, le c< jour de la liberté, nous prêteront assistance. En Asie (( même, nous aurons pour auxiliaires les ennemis des c< Turks, le Karaman et le roi de Perse. Enfin, grâce à c< la faveur divine, nous triompherons.
c( Quant à moi, ce n'est pas au combat que je marche : « la faiblesse de mon corps, le sacerdoce me le défenc( dent. J'imiterai donc Moïse priant sur la montagne, c( tandis qu'Israël combattait les Amalécites. A genoux, « sur une poupe élevée, ou sur la cime d'un mont, j'auc( rai, devant les yeux, la Sainte-Eucharistie; vous m'en- (( tourerez, et, d'un cœur humble et contrit, nous dece manderons au Seigneur la victoire pour ses soldats *. »
' Pie IÎ, Comment.^ lib. XII ;— RÀyNAU)us, Annales eccles.
.310 lllSTOIUK DE SCANDEUBEG.
Le 22 octobre 1463, une bulle^ éloquemment toa^ chante, proclama l'appel fiQX armes; elle indiquait Anc6ne comme lieu de rassemblement ; les foudres de l'Eglise menaçaient tous auteurs et fauteurs d'hostilités entre chrétiens.
Malheureusement les exhortations de Pie II n'obtin^ rent pas tout le succès espéré. La France^ engagée dans un dédale d^ntrigues par son habile et méchant roi Louis XI; l'Allemagne, se débattant dans Tanarchie entre les mains du faible Frédéric III, s'abstinrent. Malgré de solennels engagements; contractés au milieu de toutes les pompes de l'ancienne cheyalerie, dès 1453; aussitôt après la nouvelle de la prise de Constantioople, le duc de Bourgogne^ qui, dans un banquet; avait fait apparaître l'image de l'Eglise désolée, et juré DieUj la Vierge^ les dames et le Faisan, qu'il irait combattre les infidèles; ne remua point.
La nouvelle tentative de Jean de Calabre sur Nap]es absorbait toute Tattention de l'Italie *.
Uéroïque écho de la voix sacrée, le digne flis du graiiit^ woywode Jean Huniades, Mathias Corvin, répondit à rappel : par un traité conclu, le 12 septembre 1463, avec la république de Venise, les deux Etats s'engagèrent, unissant tontes leurs forces contre les infidèles; à ne déposer les armes que d'un commun accord.
* MicHEiET, Précis de VHisioire Moderne*
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Voici le bref * par leqael Pie II annonçait au Doge les mesures prises pour le succès de Texpédition.
ce Le projet que, depuis longtemps, nous avions conçu ce et tenu caché dans notre cœur, est maintenant révélé. c( Au printemps prochain nous partirons pour Fexpédi- (c lion contre les Turks^ et notre sénat apostolique nous « accompagnera. Les bonnes troupes ne nous manquece ront pas : elles combattront avec lé fer, et nous les a seconderons par nos prières.
«Notre décret, à ce sujet, a été lu> en plein Consistoire^ c( le XI des kalendes de novembre. Nos paroles ne seront a point vaines; ce que nous avons promis au Très-Haut> m nous l'accomplirons. Tous les moyens que nous pource rons avoir, nous les consacrerons à cette guerre. Notre ce bien-aimé Philippe, duc de Bourgogne, de Tillustre ce sang de France, marchera^ s'il plait àDieu^ avec nous^ ce accompagné, nous n'en doutons pas, de vaillants ce hommes et de troupes expérimentées.
ce Nous avons fondé de grandes espérances sur cette ce armée, mais nous n'en mettons pas moins dans la ce flotte que vous avez depuis peu envoyée dans le Péloce ponèse, et dont on nous a rapporté les exploits, qui ce égalent tout ce qu'on raconte de merveilleux de Tantice quité. Nous avons la confiance qu'elle partagera conce slamment les travaux de cette guerre avec nous et ledit ce duc, ainsi que cela a été convenu entre nous et votre
» Ce bref est rapporté par Marlno SanulOj historiographe de la République de Venise.
<c ambassadeur, et nous ne doatons pas que vous ne (( concouriez de tous vos efforts à une entreprise qui « intéresse la foi catholique.
(( Quoique ces moyens soient considérables et pro« « mettent de grands succès, dont il n'est pas permis de (( douter, cependant ces moyens seraient plus grands <c encore, et cette victoire serait plus certaine, si vous- (( même, prince de la république de Venise et chef de « ses armées, vous marchiez à cette guerre avec nous. a Rien n'influe sur les succès comme la présence des « princes, à cause du pouvoir et de la majesté dont ils « sont environnés. Les grands noms et la renommée in*- « spirent souvent plus de terreur que les armes. N'en « doutez pas, la présence du duc de Bourgogne en jetce tera beaucoup parmi nos ennemis. Nous-mème, nous « augmenterons répouvante par l'appareil de la dignité c( du Siège Apostolique; et vous, si vous paraissez sur le c( Bucentaure, revêtu des ornements ducaux, vous remc< plirez de terreur non-seulement la Grèce et les côtes c( d'Asie qui lui sont opposées, mais encore tout rOrient <t Unis ensemble pour le Saint Evangile et la gloire de c( Dieu, nous avons la certitude, avec son secours, de « faire des choses mémorables.
(• C'est pourquoi nous exhortons votre noblesse à ne pas <c différer de se rendre à nos désirs. Préparez-vous à cette « guerre, et faites vos dispositions pour vous trouver à c< Ancône, lorsque nous monterons sur la mer. Votre (( concours, dans notre entreprise , sera glorieux pour