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khalia. Malheureusement, Scanderbeg avait négligé de s'assurer des hauteurs. Le côté occupé par les Musulmans s'appuyait à une montagne; son entrée était fort étroite; et comme Balaban se trouvait maître de la montagne et du déBlé, il y posta une embuscade, afin que si les Albanais, vainqueurs et acharnés a la poursuite, poussaient jusqu'au camp turk derrière la montagne, on pût les couper et les charger avec tout l'avantage d*une sembjable position ; calcul trop juste pour échapper à la prévoyante sagacité de Scanderbeg.
Aussi stratagème fut-il opposé à stratagème. Se retirer vers une autre montagne que les Albanais avaient à dos; simuler ainsi l'intention d'éviter le combat à cause de leur infériorité numérique ; par suite engager l'ennemi a tomber sur eux ; continuer toujours le même mouvement jusqu'à ce qu'ils eussent attiré les Turks ^ dans l'endroit le plus large de la vallée, et alors se retourner brusquement, en les chargeant avec leur impétuosité habituelle ; mais, par-dessus tout, ne pas poursuivre la victoire plus loin que la plaine, et ne pas s'engager dans les fourches de Yalkhalia, car là se trouvait l'embuscade ennemie, telles furent les instructions données par Scanderbeg.
Au même moment, Balaban s'avançait en ordre de bataille.
Détachant aussitôt quelques escadrons pour aller, h toute bride, occuper la montagne indiquée, Scanderbeg les suivit avec le reste de ses troupes, comme s'il eût
voulu le retirer. Dupes des apparences, et de peur qu'uDC telle proie ne leur échappe, les Turks se précipitent es désordre sur lui pour le charger en queue.
Soudain les Albanais font volte-face , serrent leun rangs, et alors commence pour l'ennemi une terrible sur^^ prise. Des deux côtés égal est l'acharnement : céder devant une poignée d'hommes, les Turks ne peuvent 8*] résigner; elScanderbeg, en dépit du nombre, s'est promis d'arracher la victoire. Aussi son cimeterre fauche-t-il les Turks comme des épis. Electrisés par cette merveil* leuse vaillance, les Albanais reviennent, si souvent el avec tant de furie, à la charge, qu'enCn, après une résistance désespérée, l'ennemi fléchit, recule; la fuit< devient générale.
Les vainqueurs le poursuivent l'épée dans les reini jusqu'au déOIé, Mais là, se rappelant Tordre du prince^ ils s'arrêtent.
Malheureusement, huit des plus éminents ofQcjen albanais ne suivent pas ce sage exemple : emportés pai l'ardeur du combat, sourds aux prières comme aux ordres de leur chef, ils s'engagent dans le fatal déGlé. Aussitôt, devant et derrière eux, un mur d'ennemis se dresse. Que faire alors? Se rouvrir un passage, le fer en main : vains efforts !... Une seule ressource leur reste, c'est de pénétrer plus avant dans le défilé pour gagner ensuite la plaine. Mais comme cette gorge aboutit au camp ennemi, à peine arrivés, une nuée de Turks les enveloppe. Leur admirable courage les tire encore de ce
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péril. Parvenus à la montagne voisine» ili s'y croient enfin en sûreté.
Mais ce que de loin ils ont pris pour des Albanais^ c'est l'infanterie turke : une troisième lutte recommence donc plus acharnée que les autres. Cette fois, criblés de blessures, affaiblis par la perte de leur sang^ se soutenant a peine sur leurs chevaux^ épuisés et mutilés comme eux, ils tombent en lambeaux^ mais vivants, au pouvoir de l'ennemi.
Ces huit braves étaient ce Mosès Golemi y coupable d'une défection y depuis si fidèlement, si vaillamment rachetée ; Giurisa Wladenius et Musakhi d'Angeiina , tous deux parents de Scanderbeg ; Gine Musakhi , Jean Perlati, Nicolas Berise, Georges Chuchio et Gine Manèsa.
Une aussi importante capture consola Bcilaban de sa défaite. En l'apprenant, Muhammed fut transporté de joie, a Oui; oui, » s'écria-t-il, o c'en est fait do Scance derbeg , puisque Balaban , mon flis , mon enfant a bien-aimé, seul entre tous mes généraux, a su, « pour son début, remporter un tel avantage! )» JEt aussitôt , avec de magnifiques présents , il lui envoya des renforts.
Cependant les huit prisonniers cheminaient triste* ment vers Constantinople.
Désolé de leur malheur, Scanderbeg avait immédiatement expédié un courrier au Sulthan : il ofirait, avec les plus vives instances, de les racheter à tout prix, ou de
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les échanger contre un très-grand nombre de prisonniers turks. Muhammed ne répondit à cette démarche que par d'injurieux sarcasmes^ et en faisant écorcher vifs les huit guerriers. Mais une agonie de quelques heures n'aurait pas assouvi sa rage : il voulut que la torture dur&t quinze jours ! Pendant ces atroces souffrances^ pas un seul d'entre eux ne renia ni son Dieu ni sa patrie; pas un seul ne demanda gr&ce : ils avaient combattu en héros» ils moururent en martyrs.
A cette nouvelle, TÉpire fut en deuil : les églises retentirent de chants funèbres; les villes^ les bourgs^ les montagnes, les vallées semblèrent éclater en gémissements ; l'armée laissa croître ses cheveux et sa barbe ; tousy officiers et soldats, s'engagèrent, par serment, à de terribles représailles.
Scanderbeg ne les fit pas attendre : se précipitant aussitôt sur le territoire turk , il mit tout à feu et à sang ; plus de pillage cette fois, plus de butin, mais des* truction, anéantissement.
Bientôt Balaban, qui avait ordre de pousser à outrance la guerre d'Albanie, vint camper à Alchrie, sur la frontière de Macédoine. Ses pertes étaient réparées, ses cadres au complet; comme à l'ouverlure delà campagne, il avait quinze mille cavaliers et trois mille fantassins.
Scanderbeg prit position , près d'Orocher , dans la Haute-Dibre , avec deux mille cinq cents fantassins et quatre mille chevaux. Pour éviter une surprise , des postes furent placés de distance en distance, sur toutes