‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 161 sur 217 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

détachés poar escarmoucher et engager le combat.

Les clairons ayant sonné la marche, l'armée albanaise se présenta fièrement devant Tennemi. Celui-ci, en bon ordre, enseignes déployées, semblait prêt à faire aux assaillants un vigoureux accueil.

Mais bientôt tout change d'aspect : au signal de la retraite , les Turks rentrèrent dans leurs lignes. C'est que Balaban n'avait pas prévu une attaque aussi imposante. Après avoir donné rendez-vous, dans cette même vallée, à JacoubArnauthy il ne voulait pas engager une action décisive avant de voir sur les hauteurs, derrière l'armée albanaise, les drapeaux amis apparaître.

De son côté, Scanderbeg mettait tout en œuvre pour irriter le pacha : en même temps que ses archers et fusiliers le harcelaient, il descendait dans la plaine avec toute l'armée. Là, à la façon des guerriers de l'Iliade, les Albanais , provoquant , du geste , de la voix , les Turks, leur reprochaient cette l&che immobilité. Impassible, le pacha entendait tout, voyait tout, mais ne remuait pas. Blessés, a la fin, de ce triste rôle, ses soldats commencèrent à murmurer; puis au mécontentement, succéda l'indignation ; bientôt les menaces éclatèrent : officiers et soldats, tous frémissant d'impatience, voulaient marcher à l'ennemi, avec ou sans leur général ; une révolte devenait imminente.

Balaban vit alors qu'en persistant il serait forcé dans ses lignes, et perdrait tous les avantages de la colère même de ses soldats. Fort à regret, il sortit donc de ses

34Î IITSTOIHE DE SCANDERBEG.

retranchements et régla gon ordre de batoilla, sani èl

troublé par Scanderbeg, qui ga gardait bien d'attaque

en effet, une charge vigoureuse aurait pu ramener da

;' le camp les premières troupes commençant à en sort

et toutes ses combinaisons eussent ainsi échoué.

, j Après avoir établi , en avant-garde, devant les ensi

- j gneS; rinfanterie des Azabs, Balaban partagea auaai i

. I forces en quatre divisions ; il opposa la première, I

- Ouloufedjis (cavaliers soldés), à Tanusios ; la second

.' f . les Akindjis, à Zaccharias; la troisième, les Janissain

à Pic Manuel ; la quatrième, composée d'une forte ca^

lerie et de l'élite de ses fantassins, vieilles bandes épro

vées, il en garda le commandement, pour tenir tète li

même à la division de Scanderbeg, car c'était M qu'ail

se porter tout I*effort du combat.

Depuis longtemps déjà, avec un acharnement égal,

luttait sous un soleil ardent, quand Scanderbeg, par

] ': mouvement rapide, réussit à tourner Balaban : se me

. j i tant à la tète de son aile droite, il fond en arrière sur

! - gauche turke, Tenfonce et perce Jusqu'aux Azabs, qo

malgré une énergique résistance, H démolit homme

homme.

La droite de l'ennemi devait bientAt subir le mÂi sort ; déjà les rudes charges de tous les corps albani ravalent fortement entamée : tout à coup Scanderb l'entreprend avec les troupes qui viennent de battre gauche. Prise alors en tête, en flanc, en queue, cei vaillante troupe hésite, fléchit. A force de prières,

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