‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 162 sur 217 · UVRE VI · texte numérisé non relu

UVRE VI

menaces, de courage» Balaban la soutient encore, ^m enQn tout plie devant un ennemi qui broie tout. Près d'être pris, le pacha lui-même enfonce ses éperons dans les flancs de son cheval et fuit comme un trait Plu^ sieurs des siens veulent le suivre : arrivés aux montagnes^ ils y tombent sous le fer albanais. Plus heureux ceux qui. se sont répandus dans les champs et dans les bois. Le reste est pris ou tué.

Mais l'armée victorieuse n'était pas encore sortie do la vallée de Valkhalia; l'immense butin n'était pas réparti lorsqu'un messager de Mamiza, sœur de Scanderbeg, arriva de Pétrella où elle s'était arrêtée avec ses gardes. Elle l'informait que Jacoub Arnautb, entré en Epire par la route de Belgrade, avec seize mille chevaux^ campait dans la Basse-Tyranne, sur les rives de TArgilata < et ravageait tout.

Aussitôt Scanderbeg rassemble tes principaux ofOcieréy leur communique sa résolution de marcher sur*le*champ àTennemi, encore ébranlé par la défaite de Balaban. Néanmoins il leur recommande de sonder les dispositions des troupes.

A peine ces hommes trempés de fer, ces merveilleux soldats ont-ils entrevu ce dont il s'agit, que toutes les fatigues, les blessures même sont oubliées; l'allégresse éclate dans le camp : « La victoire, » disaientils gaiement, a est un trop bon repas pour s'en dégoû-

1 Barletius, p. 215 à 218.

c( ter sitôt; Balaban a fourni le dtner , bientôt Jaconb tt donnera le dessert. » Admirable influence sur un vaillant peuple d'un chef en qui se résument l'indépendance, la vie nationales !

Instruit de l'approche de Scanderbeg, mais sans connaître encore le désastre du pacha, Jacoub décampa sur l'heure, pour se retirer dans les montagnes de Tyranna S près de Cassar. Ce lieu lui semblait plus sûr.

A Tinstant même, l'inévitable Scanderbeg s'établit dans la position que Jacoub venait de quitter. En vue l'une de l'autre , les deux armées restèrent , un joue entier, à s'observer. La nuit suivante, craignant que Jacoub ne décampât s'il apprenait la défaite de Balaban, Scanderbeg garnit de troupes toutes les issues ; dès lors la retraite devenait impossible. Puis, au jour, après avoir fait jeter, devant les tentes ennemies, les têtes d'of- Aciers de l'armée récemment battue, et exposer, avec des captifs enchaînés, tous les étendards et drapeaux conquis, il s'avança en ordre de bataille.

C'est ainsi que Scanderbeg annonçait lai-mème sa victoire.

A ce spectacle si imprévu, «Ah! maintenant, » dit douce loureusement Jacoub, à voix basse, « je reconnais la c( mauvaise fortune d'Othman et le bonheur de l'Ai* « banie! »

Mais, général et soldats, nul ne se laissa abattre;

^ Après la conquête , Tyraona fut érigée , par ua batchérif de 1501, en Sandjiak de la Guegaria.

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