LIVRE VII
Invasion de l'Épire par Muhammed. — Tentative d'assassinat sur Scanderbeg. — Balaban , avec quatre-vingt mille cavaliers, le Sullhan, avec cent vingt mille fantassins, investissent Croïa. — Belle résistance. — Retraite de Muhammed. — Blocus delà place par Balaban. — Épuisement de TAlbanie. — Arrivée de Scanderbeg à Rome. — Son retour devant Croïa. — Mort de Balaban. — Retraite d'une partie de Parmée turke. — Sédition dans le camp albanais. — Scanderbeg Tapaise. — Dès le printemps de 1466, Muhammed revient et s'éloigne une seconde fois, en laissant à deux pachas vingt-huit mille hommes pour protéger les frontières turkes. — Maladie de Scanderbeg , ses adieux à son armée , sa mort. — Deuil de l'Albanie. —Triomphe des Turks. — Mort de Muhammed.
Cependant les deux tristes nouvelles étaient arrivées à Constantinople.
Heureux dans ses plus vastes entreprises, Muhammed ne pouvait se résigner à de tels revers. Cet angle de TEpire, si opiniâtre dans la résistance, et où tant de champs de bataille racontaient ses défaites, lui semblait menacer la domination musulmane tout entière^ En
1 SisHONDi, Histoire des Républiques Italiennes du moyen dge, tom. Vil, édit. de Bruxelles, mdcccxxvi.
elTct, quel avait été jusqu'alors le secret de ses trio phes? L'absolue conGance de ses soldats dans la yoloi du ciel. Mais si cette conGance s'ébranlait : s'ils coi mençaicnt à croire que la protection divine passait leurs ennemis, c'en était fait; car, plus vite encore qi n'est monté à l'espérancei le fatalisme tombe au décc ragcment.
Pour en flnir, le Salthan résolut de ne plu s' remettre à ses lieutenants, mais d^envahir lal-lnèi l'Albanie avec des armées formidables, et d'a88ié§ d'abord Croïa, cœur du pays. Aussitôt de grandes lefi d'hommes furent ordonnées, l'artillerie, les machii de guerre, les équipages préparés.
Le bruit de semblables armements eut bientôt retdi en Albanie.
Scanderbcg rassembla ses conseillers les plus Intime rarchcvôquc Paul Angelo, entre autres, et Josaphat Bi baro, ambassadeur de Venise, homme d'un grand ser d'une expérience consommée. Tous tombèrent d'acco qu'avant tout il fallait pourvoir de bonnes garnison de munitions , d'approvisionnements considérable! toutes les places et forteresses , Croïa, plus que tou autre, car là se trouvait le pivot de la défense.
La place était beaucoup plus forte qu'à répoqi du siège tenté par Murad. On y établît d'excellent troupes, tant albanaises qu'italiennes, avec un goaye neur, italien aussi, dont le courage et l'habileté farei à la hauteur des circonstances, Balthazar Perduccl.