‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 166 sur 217 · LIVRE VII.— 1464-1481, 35I · texte numérisé non relu

LIVRE VII.— 1464-1481, 35I

Hais la guerre q ses mauvaises chances i mieux que personne, Mubammed le savait; le meurtre lui parut une voie plus sûrp. ï)g\x\ Turks, gagnés par lui, vinrent se présenter àScanderbeg; ils demandaient à recevoir le baptême et à combattre ensuite sous les drapeaux chrétiens. Cette démarche toucha Scanderbeg , trop brave pour craindre un péril, trop loyal pour soupçonner la trahison. Les deux sicaires furent donc bien accueil-» lis, baptisés et admis dans la garde du prince. Là, sous les dehors d'ardents néophytes, ils épiaient Toccasion.

Mais la Providence veillait >ur cette noble vie, dont le crime ne devait pas disposer,

S'étant pris de querelle un jour, et des paroles en étant arrivés aux menaces, les deux misérables s'accu^ sèrent réciproquement de n'être venus que pour assassiner le prince. Arrêtés et mis à la torture, Tun et l'autre avouèrent la vérité, et furent pendus S

À peine Scanderbeg avait-il pourvu à la sûreté de ses places, et, autant que possible, à la défense du pays, que Balaban rentrait en Albanie, mais cette fois avec quatre» vingt mille cavaliers; sur son passage, tout était mis à feu et à sang.

Arrivé devant Croïa, il intercepta toutes les commu-* nications, l'investit complètement et se retrancha dans un camp fortifié.

Muhammed, à la tête de cent vingt mille hommes, ne

* Selon Texpression pittoresque de J. Lavardin : « On leur fit rendre les anies en Tayr. » (Histoire de Georges Castrioif etc.)

tarda pas à l'y rejoindre. La ville fut aussitôt sommée de se rendre, sous certaines conditions favorables.

Sa réponse témoigna de son indomptable résolotion : ce Plutôt mourir mille fois que d*ètre infidèle à son a Dieu, à son prince, à la patrie. » Comme les parlementaires turks insistaient, une vive arquebusade leur imposa silence. Puis, sortant en grand nombre, les Croïens tombèrent sur un corps d'ennemis qui s'était un peu trop approchés de la ville, en tuèrent beaucoup, et rapportèrent^ en triomphe, bien des tètes coupées.

Surpris autant que furieux de tant d'audace, le Sulthan fit mettre en batterie ses pièces de campagne. Nuit et jour, avec le métal apporté, on lui fondait de gros canons : il avait juré de foudroyer, d'anéantir la ville.

Mais tous ses efforts restaient impuissants : à peine pratiquée, chaque brèche se réparait ; toute entreprise des Turks était vivement repoussée. Sans cesse^de vigoureuses sorties inquiétaient les assiégeants , interrompaient leurs travaux, les attiraient dans des embuscades , les pourchassaient jusque dans leurs avant-postes.

Après avoir confié la défense intérieure à l'habile Balthazar Perducci , Scanderbeg , pour harceler une armée qu'il ne pouvait combattre, s'était retiré au cœur des montagnes. A cheval jour et nuit, tombant sur les partis détachés, interceptant les vivres, multipliant les attaques, il ne laissait pas aux Turks un moment de repos.

Aussi cette immense armée commençait-elle à fondre.

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