‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 178 sur 217 · LIVRE IV.-1464-1481. 8t · texte numérisé non relu

LIVRE IV.-1464-1481. 8t

le Sénat a toujours été pour moi un fidèle allié, inébranlable ami. Voilà ceux que je te laiMie pour rents, pour tuteurs. Ne t*écarte Jamais de leurs iseils. Telle est mon amitié pour eux, que leurs érèts ont toujours été miens; telle leur confiance moi^ qu'ils ont toujours laissé leurs villes et places (la disposition, dépôt que, grâces à Dieu, j'ai couvé intact.

\assure-toî donc, mon enfant, et, à l'ombre d'Une e protection, vis sans erainte. » y Scanderbeg s'interrompit de nouveau; puis,repre^ avec effort :

Tne fois paisible possesseur de tes domaines, » ftjou^ il, <K cultive par-dessus tout la justice, sans aecep^ a de riche ou de pauvre, de puissant ôu de faible, vironne tes Etats d'un rempart d'amis; car k vie maine a besoin d'amitié, comme la terre a besoin soleil. Attache- toi donc tous les cœurs par tes bien-» ts : Dieu te bénira, et tu seras agréable aux mmes.

Dans les circonstances difficiles, en face de Tadv^é, sois fort ; mais sache tempérer et gouverner la ospérité. Pas de molle paresse, pas d'oisiveté: de là issent tous les maux.

Patient dans les fatigues , intrépide au dangéf, gle, à force de prudence et de courage, Tlneonitante nssitude des choses humaines. Porte tellement ton fortune, cache si bien tes blessures^ que l'eiiMoit fie

J7t» HISTOIRE DE SCANDERBEG.

(( puisse se glorifier a tes dépens, ni triompher de ton a malheur.

a Les barbares sont experts en fait de ruses : ne les ce perds jamais de vue. Méprise les avances du tyran, a repousse, avec horreur, ses dons, ses promesses, car, a de ce côté, ne peuvent venir que honte et servitude.

« Aussi, pour éclairer ta route, entoure-toi toujours (c de conseillers sages et dévoués. Le peu que je vaux, (c je le dois aux enseignements de mon père, guide a expérimenté de ma jeunesse... ProBtes-en à ton tour, a cher enfant , que ton âme s'en imprègne; ton père a mourant te le demande, t'en supplie du plus profond « de son cœur.... il t'embrasse encore une fois.... il te (C bénit 1 »

Tandis que Scanderbeg serrait son fils entre ses bras, un grand tumulte éclata dans toute la ville : on venait d'apprendre que les Turks étaient déjà tout près, saccageant bourgs et campagne.

A cette nouvelle, le héros ne peut contenir un dernier élan de ce courage encore entier dans la mort ; se soulevant à grand'peine : « mes armes, mon cheval ! » s'écrie-t-il.

Mais aussitôt ses membres affaiblis le trahissent; il se laisse retomber sur son lit, et, la face tournée vers ses capitaines : « Allez, allez, amis » dit-il; bientôt je vous « aurai rejoints. »

Un escadron épirote s'élança aussitôt hors de la ville» se dirigeant vers le torrent de Clirus, où Ahamat*Pacha^

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