‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 190 sur 217 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Mais rile de Rhodes n'envoya pas au Sul^han d'aussi douces joies qu'Otrante. Là, point de femmes à livrer aux plus hideui outrages, pas de prêtres à déchirer au pied des autels, pas d'enfants à égorger \ pas d'abjurations à tenter par le fer des bourreaux ; mais de rudes armures, impénétrables au cimeterre, mais de gigantesques cata^ pultes écrasant» l'ennemi sous leurs boulets de roche, mais d'indomptables chevaliers dont la vaillance s'entretenait au feu sacré de la Foi, mais un Grand-MaitrQ, Pierre d'Aubusson, se rappelant que Frmçe oblige *, digne, à force d'héroïsme, de sa mission, de sa patrjie, içt conquérant sur la brèche, au prix de son sang, le glorieux droit d'élever, en actions de grâces, dans Rhodes

1 Outre les préparatifs ordinaires, les Turks, au momjeot de Tassaut général, s'étaient munis de sacs pour le butin, de cordes pour lier les jeunes garçons et les jeunes filles , et de huit mille pieux pour empaler le Grand-Maître et les chevaliers.

^ « Rhodes m'oiïrait à chaque pas des traces de p.os mœurs et des souvenirs de ma patrie. Je retrouvais une petite France au mUieu de la Grèce.

« Procedo, etparran Tzojam iimiliLtaqae nagnis « Pergama. . ; .

< AgllOSGO.

« Je parcourais une longue rue , «ppelée encore la rite des Chevaliers. Elle est bordée de maisons gothiqves; les mars de ces maisons sont parsemés de devises gauloises et des armoiries de nos familles historiques. Je remarquai les lis de France couronnés, et aussi frais que s'ils sortaient de la main du sculpteur. Les Tui4s, qui ont mutilé partout les monuments de la Grèce, ont épargné ceux de la chevalerie ; l'honneur chrétien a étonné la bravoure infidèle, et les Saladin ont respecté les Couci. »

(Chateaubrund, Itinéraire de Paris à Jérusalem.)

4ûO HISTOIRE DE SCANDERBEG.

délivrée, la magnifique église de Sainte-Murie de la Victoire.

Les Rhodiens attribuèrent pieusement leur triomphe à l'apparition d'une croix d'or, d'une vierge toute rayonnanle, armée d'une lance et d'un bouclier, et d'un chevalier céleste qu'entourait un splendide cortège. La miraculeuse vision s'était manifestée au-dessus de la place où flottaient les étendards de Jésus^ de la Saiote- Yierge et de Saint-Jeau.

En 1489, Innocent YIII couvrit de la pourpre romaine la cuirasse du guerrier.

Cependant les terreurs du monde allaient se calmer.

Rêvant déjà la destruction du Soudan d'Egypte et la conquête de ses Etats ; menaçant à la fois Rome, la Perse et le vieil empire des Pharaons, Muhamnied avait assigné pour rendez- vous à ses troupes d'Orient, Korfa', ville de Pithynie , sur la Propontide.

Mais un hôte venu àTimproviste, un bête inévitable et vengeur l'y attendait.

A peine âgé de cinquante-deux ans, Huhammed avait immensément reculé les bornes de la domination musulmane; d'un côté, ses conquêtes s'étaient étendues du Danube à l'Euphrate, et de l'autre, des extrémités de la Crimée (Chersonèse Taurique) aux confins de la Syrie ; en Europe, il avait dompté les Valaques, les deux Bos-

* AsicKms , à Touest dlsnikniid et sur la côte septentrionale da golfe (le ce nom (Astacenus Sinus).

Page 1