LIVRE I
ce liberté. Alors pourtant^ sous ce silence même; je trace vaillais dans votre intérêt et dans le mien^ qui ne sont « qu'un. C'est qu'il s'agissait de choses qui doivent être ce faites avant que d'être dites, et le frein vous était ce plus nécessaire que l'aiguillon. Si je vous ai caché ce mes desseins et ma résolution, ce n'est pas par mé^ ce fiance de votre foi, mais parce que l'amour de la ce liberté entraine bien plutôt qu'il ne se contient. Dès a que vous auriez entrevu la moindre occasion de la reee conquérir, vous auriez bravé mille morts, et d'innom^ (c brables épées se seraient levées sur vous. En cette ce extrémité, un seul échec nous enlevait tout espoir de ce jamais briser le joug , vous périssiez dans les sup« ce plices, ou ceux que les bourreaux eussent épargnés ce auraient subi une nouvelle servitude cent fois pire que ce la dernière.
ce Certes, parmi vos concitoyens, vous pouviez choisir ce un autre libérateur. Mais Dieu vous a inspiré la ce pensée d'attendre cette liberté de moi , plutôt que tt de la chercher vous-mêmes. Tout en appelant le jour ce de notre patriotique réunion, de si fiers courages ce élevés dans l'indépendance n'ont pas dédaigné de ce rester sous le joug des barbares ! Mais ce beau titre ce de libérateur, puis-je vraiment le prendre? Non, ce sans doute, car la liberté, ce n'est pas moi qui vous ce Fai apportée, je l'ai trouvée chez vous. A peine avaisce je touché votre sol bien-aimé, à peine mon nom ce avait-il retenti, que vous êtes accourus comme si, du
« pays des morts, vos pères, vos frères, vos enfants « vous étaient rendus. Ce n'est pas moi qui vous ai « donné des armes, car vous étiez armés; cette ville, c( ces provinces, je ne les ai pas conquises, c'est vous qui <c me les avez données. Dans vos cœurs, sur vos fronts, « sur vos épées, sur vos lances, partout j'ai trouvé (( la liberté. Oui, c'est vous, tuteurs fldèles et dévoués, « qui m'avez restitué les possessions de mes ancêtres.
« Achevez l'œuvre commencée avec tant de gloire « et de bonheur. Croïa est recouvrée, l'ennemi chassé (( des vallées des Dibres, toute l'Épire soulevée; mais K il reste à nos oppresseurs des châteaux, des force teresses. A ne voir que leur force et le nombre des « garnisons, une grande habileté, une infatigable obs- « tinatîon nous sont nécessaires; mais c'est en face de « l'ennemi, c'est le fer à la main que nous pourrons « mieux en juger. En avant donc nos étendards, mar- « chlons avec la certitude de la victoire, et la fortune « nous secondera *. »
Développant ensuite son plan , Scanderbeg annonça que la première place attaquée serait Pétrella, bâtie sur la pointe d'un roc escarpé, munie de provisions de toute espèce et d'une forte garnison.
Il ne faut pas confondre cette ville avec Pétralba (en turk Arnaoud'Belgrad)j ni avec Petra ad Sanctum Nicoïaunij port de mer au-dessus de Durazzo.
» Marinus Barletius, lib. I.