‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 28 sur 217 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

de leur mouvance, s'étendant jusqu'à Tyranna la Peliie. Cette ville, patriede Justinien,fut jadis, comme Avions et Mouseïon, rebâtie par ce prince, ému des désastres que la guerre avait accumulés sur la Taulantie* (Moyenne- Albanie) plus que sur toute autre partie de la Grèce.

Autour d'un tel chef, non moins vénérable par son grand ôge que par ses exploits, marchaient ses tenanciers, les sei-

4r^ gneurs de Stouria, de Cherabi (Crabous), de Pharca

(Phourca), de Chimarra et Vlicha, rangés sous la ban-

^ ^ nière de Georges Strezius, fils de Balsch ^ Trop jeunes

pour suivre Georges , ses deux frères Jean et Boïck étaient restés dans leurs domaines, entre Groïa et Alessio. Près d'eux, dans cette diète guerrière, on voyait Nicolas et Paul Dukaghin% maîtresde la fertile contrée qu'arrose le Lodrino; les Musakbi, alliés desCastriota, Leccha Zacharias , seigneur, au delà du Drin , de la Zadrima supérieure, vaste région qui s'étend jusqu'à la haute Mésie; le seigneur de Drivasto, Pierre Span, se prétendant issu du grand Théodose, et bien digne au reste d'une semblable origine ; ses fils, Alexis Boldar, Uroos et Miros, Leccas Dusmanus, auxquels obéissaient les

• * Péoniens, les Pélagoniens, les Scardes et plusieurs cités

^ ^ 1 Voir Notes et Pièces justificatives (YUI).

2 L'éminenle famille de boyards moldaves de ce nom est par conséquent albanaise d*origine, du village de Bals {Balesium)^ situé à douze mille pas de Scutari, à cinq mille de Drivasto, à< quinze cents de Dayna.

3 Les noms de Dukaghin et de Musakhi subsistent encore dans deux districts.

48 HISTOIRE DE SCAiNDEUBEG.

voisines de Drivasto et do Bals ^; Etienne Czernowitz, Seigneur du Monténégro, accompagné de ses fils, et plu* sieurs autres chefs ou députés des villes.

Tous ces princes épirotes, bien moins souverains que chefs militaires de vassaux affectionnés à leurs familles, apparaissent rarement dans Ij histoire, et l'héroïque lutte de Scanderbeg fut leur dernier effort collectif; ils disparurent^ dans4e même naufrage.

Venise, que ses possessions dans TÉpire intéressaient à la défense commune, envoya aussi des représentants à la diète; c'étaient les commandants deScutari, d'Alessio, et des autres villes et forteresses appartenant à la République.

Au jour indiqué, tous, seigneurs et députés, s'étant réunis dans la grande église, Scanderbeg exposa les motifs de sa conduite, et quelle nécessité à la fois religieuse et patriotique l'avait armé contre l'implacable ennemi du nom chrétien. Leur rappelant l'odieuse tyrannie turke, les souffrances de leurs frères et la gloire réservée à la plus sainte des causes, il les conjurait de rassembler toutes leurs forces :

(( Dès que retentiront dans nos montagnes les trom-

1 Balesium, Pline, lib. III. « Situm in radicibus montis Sardouici Maranai (Mavrovounion Monténégro) vulgb appellant. Juxtà ager et locus quidam quem Andae suprà Scodram ( Sipre Scodre ) appellant distans à Scodrâ XII, à Drivasto V, à Dayno XV. MP. »

. (Barlet., lib. m.)

• Sismondi , Histoire des républiques ilaliennes du moyen âge, tom. VII.

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