‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 29 sur 217 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

« pettes de TinOdèle y dit-il e|i terminant , montron^s (( nous dignes soldats de Jésus-Christ.' »

D'unanimes acclamations accueillirent ces paroles^ et, d'une seule voix, on lui déféra le commandement suprême. Se levant alors, Ârrianites le salua prince d'Albanie, en déclarant qu'il lui payerait le tribut jusque alors exigé par Murad. Presque tous les assistants suivirent son exemple; tous du moins promirent un subside soit en troupes, soit en argent.

Si la puissante Venise s'était imposé aussi des redevances, elle aurait cru déroger ; mais, dans la suite, elle n'en contribua pas moins aux frais de la guerre.

Après avoir appelé, par des prières publiques et de solennelles processions, l'assistance divine sur les drapeaux de la confédération, on se sépara.

Impatient d'organiser sur tous les points son système de défense, Scanderbeg appela à Croïa Mosès, qui enGn avait réduit Sfétigrad à se rendre. Mosès ramenait avec lui cinq mille hommes seulement, le reste de ses forces ayant été employé, tant pour la garnison de Sfétigrad qu'en détachements chargés de protéger les approches de la place. Des courriers allèrent sur tous les points activer les levées promises; chaque allié dut marcher, le plus promptement possible, au rendez-vous indiqué.

Cependant, quarante mille cavaliers, sous les ordres d'Ali-Pacha, l'un des meilleurs généraux turks, s'avançaient contre l'Albanie. A cette nouvelle, la terreur en-

vahit les campagnes; femmes^ enfants^ vieillards abandonnant leurs demeures^ se réfugiaient dans les villes; les églises ne désemplissaient pas; on eût dit que déjà Tennemi était là.

Mais bientôt la mâle attitude de Scanderbeg eut raf* fermi les cœurs. A l'arrivée des divers contingents auxiliaires devant Croïa^ comme ses conseillers^ ne trouvant point ses forces assez imposantes, l'engageaient à de nouvelles levées : « Non, non, » répondit-il gaiement, c< voilà au contraire beaucoup trop de troupes ; » et il en renvoya une partie. Son vrai motif était dé se ménager des ressources en cas de défaite. Huit mille chevaui, sept mille fantassins composèrent toute l'armée albanaise.

Telle était l'ardeur des soldats que Scanderbeg, après leur avoir donné la paye ordinaire, et fait célébrer la messe en tète du camp, marcha au-devant des Turks. Sur le soir, il s'arrêta dans une plaine de la Basse- Dibre, à quatre-vingts milles environ de Croïa, au pied d'une montagne très-boisée. Par ses ordres, G née Musakhi et Hamza s'embusquent avec trois mille cavaliers ; ils ne s'ébranleront qu'une fois la mêlée engagée, mais alors ce sera à fond de galop pour charger en queue. 'Quant à lui, adossé à la montagne, il occupe l'extrémité de la plaine, et laisse en avant tout l'espace nécessaire aux Turks pour se ranger en bataille.

Loin de défendre les gorges qui conduisent à Croïa, il attend, pour les fermer, que Tennemi se soit avancé

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