XXX INTRODUCTION
peine de mourir, en 1356^ quand surgit la famille Balsa, alliée, dit-on, à la Maison de Baui* en Pro-vencej elle arrivait en Albanie avec Charles P' , roi de Sicile. Son chef s'empara de Scutari et du pays inférieur depuis le Zenta jusqu'à Gattaro. Bientôt, après la .défaite d'Ouroch (1568), par Dukaghin, Balsa, aidé de ses valeureux fils Strascimir, George et Balsa^ occupa aussi la partie supérieure du Zenta. La même année, ces trois seigneurs passèrent de l'Eglise Grecque à l'Ëglise Romaine.
Avant sa mort. Balsa enleva encore à Charles Topia la ville de Croïa, et chassa de leur pays la famille des Dukaghin et des Sophi.
Grâce à leur union, ses fils augmentèrent leurs États. Alliés avec Spataet d'autres seigneurs schkypes, ils arrachèrent aux Serbes une partie de leurs possessions, achetèrent Durazzo aux troupes navarraises , prirent Bérat et Avlone , s'emparèrent même d'une partie de la Thessalie et de la Macédoine, notamment de Castoria, tuèrent Biagio Matarango de Musakhi , occupèrent Arta et dévastèreat les domaines du comte Charles Tocco de Cépiialonie.
1 Cest en \ 393 que Marie de Baux porta dans la Maison de Châlon la principauté d'Orange, qui passa ensuite dans celles de Nassiu.
INTRODUCTION. xxxi
Cependant, malgré les défaites de Tocco, les Étoliens , fatigués du régime albanais , se réunirent à lui. Bientôt même, en 1576, la république de Raguse rétablit la paix entre les Balsa et Tocco qui épousa leur sœur Catherine.
Un fils de Tocco, Charles II, obtint de Manuel Cornnène le titre de despote et conquit Ângelo-Castron. Mais sa mort (1430) changea Tétat des choses : sous son neveu et son petit-neveu, ses Ëtats passèrent aux Ottomans. George Balsa étant mort (1570) à Scutari, son frère puiné fut battu (1585) par les Turks^ sous Yrènes, dans la plaine de Saura, près de Bérat. Balsa et Joanisch, fils de Dukaghin» péri^ rent sur le champ de bataille.
Vers 1586, George Strascimir Balsa, fils de Strascimir, engagé dans une nouvelle guerre contre les Ottomans, perdit Castoria, Bérat, Croïa, Durazzo. Le Sulthan lui vendit cette dernière ville et lui laissa Scutari. Durazzo fut donné en gage aux Vénitiens, auxquels son fils Balsa l'enleva plus tard* Georges, durant un voyage auprès de son oncle Etienne, despote de Servie, mourut, en 1421, circonstance dont les Vénitiens profitèrent, pour occuper Boudva^ Dolcigno , Scutari.
Tandis que déclinait la Maison des Balsa, deux autres familles albanaises, les Âriannites (nommés
xxxij INTRODUCTION .
aussi Comnëne), et les Castriota grandissaient en influence. Les Topia , les Span s'élevaient aussi; déjà, en 1436, un Topia, appelé Depas, était général des Albanais. La Yoïoussa formait la limite des deux territoires. A Texception des villes vénitiennes, les Castriota possédaient tout ce qui était au nord ^.
Assignant pour bornes aux possessions de Scanderbeg le golfe d'Ambracie et les bouches de Gattaro, quelques-uns de ses historiens reculent, vers rOrient, ses frontières jusqu'à la Servie, ce qui lui donnerait un territoire plus considérable que l'ancien royaume de Macédoine; mais, en réalité, il ne possédait que Croïa*, Lissa ^, Durazzo avec la partie du Musaché qui longe la rive droite de l'Apsus, au cours profondément encaissé^, et que les indigènes appellent Ergent ou Argent. Ce fleuve, qui descend des monts Candaviens ou Cauloniens, bientôt confondu avec rOssonni, et grossi d'une multitude d'affluents, traverse le canton de Tomoritza, se dirige vers Bérat,
1 Ami Booé, La Turquie cfEuropei lom. IV.
* Les Scbkypetars prononcent Croviia, ce qui, dans leur langue, signifie source, ou fontaine; les Byzantins écrivent : rà iv A>6ocvo> fpoùptov T>5s K/oot«s.— (AcROPOLiTE, HisL, p. 50, et Chroniq,f p. 436.)
-AkSera'i (ou Palais^ Blanc), par les Turks.
' Alessio. Tombée, après la mort de Scanderbeg, au pouvoir de Muhamnied II, depuis elle recouvra son indépendance, et exista longtemps, sous le protectorat de Venise, avec une forme républicaine.
* C^sAR, Bell Civ,, l\L
INTKODUCTION. xxxiij
et , accru d'une rivière venant de Moschopolis, il parcourt le Musaché.sous les noms de Beratino et de Cauloni, jusqu'à TAdriatique où il se jette, à cinq lieues nord des ruines d'ApoIlonia. Le château de Bérat*, dont Murad s'était emparé, en 1440, après la mort de Théodore Corone, son dernier seigneur, n'appartenait même pas à Scanderbeg. Son prétendu royaume se réduisait donc, à peu près, au modeste pachalik de Croïa*.
Croia, qu'Acropolite', dans sa Chronique de VEm' pire Grec, nomme Croas, et les Turks Ak-Seraï, ou Palais-Blanc, fut fondée, en 1338, par Charles Thopias, seigneur de Scouria. Le rocher et les sources abondantes de Croia offrant de précieuses ressources pour une place de guerre, il y éleva une forteresse qui devint, lors de l'invasion des Turks, le dernier rempart des chrétiens orientaux , le glorieux théâtre des exploits de Scanderbeg.
Cette ville est bâlie à environ 1,200 pieds d'élévation, au-dessous d'un escarpement bordant la sommité de la montagne, laquelle peut avoir 1,900 à 2,000 pieds. Un talus se trouve encore entre elle et une muraille inférieure qui, plus considérable que
1 Voir Notes et Pièces justificatives (IV), p. 426, t PoDQDEviLLE, Voyags de la Grèce, tom. 1er. » Grand LogotLète (premier ministre) sous l'empereur Théodore Lascaris. Né à Gonstantinople en 4220, il y mourut en 1282.
xuibr INTRODUCTION.
Tautre , a devant elle une vallée évasée , fertile , qu*arrose un torrent. Ce torrent sort tout formé d'une caverne, au pied de Tescarpement inférieur. De là le nom de Croïa, source en albanais. A deux lieues plus auN., le Kokourlisou ( /a mtére exha^ tant de V odeur) a une origine semblable.
« Givitas est Epiri regni illius validissimummuni- « mentum» tamque clavis firmissima : hsec non ma- « gno ambitû continetur, in altissimâ saxi erepidine (K et undique praecipiti posita, camposlatissimos hinc fr et inde habet; quiaquidem oppugnari, nec expu- <x gnari nuUo modo potest ; in eâ enim sunt juges et «t fontes perennes, exquibus ei nomen inditumfuit, ff nam Croïa, quod epiroticum nomen est, latine foM € int^pretatur. Habet quidem agrum feracissimum « atque amaenissimum, sylvasvero et arbores cseteris € uberiopes, speciosiores et ad classes aedificandas <x nusquequam proceriores aptioresque reperiri pos-* ce sunt. Distat autem Dyrracbio ad XIY M.P. , Scodra « veroadLVIIM. P*. »
Les anciens appelaient Albanie* une contrée mon-»
* Barlbtius. Son ouvrage est divisé en treize livres. Voici le titre en tète du premier : Marini Barletii Scodrensis sacerdotis^ de vità et gestis Scanderbegi, Epirotarum principis.
* Albania dicitur ab Albanis populis asiaticis, qui a Tartans expuUi istic consederunty mais à quelle époque, se demande M. Pouqueville (Voyage de la Grèce, tom. lU). Un auteur plus moderne ne résout pas la question dans le passage suivant : Albania preae nomê
INTRODUCTION. xxxv
tueuse, presque sauvage, arrosée par le Cyrus*, et située dans f Asie-Supérieure, entre Tlbérie et cet immense lac salé qui s'étend aux confins de TEurope et de TAsie, la mer Caspienne. Tombée au pouvoir des Turks, veuve de son nom, elle ne fut plus connue que sous celui de Khirvan. La population vaincue se réfugia en Grèce, vers le golfe de Venise, et donna son nom à TÉpire*, sa nouvelle patrie, qui n*est aujourd'hui qu'une portion de la Basse- Albanie. De là l'usage d'appeler ses habitants tantôt Albanais, tantôt Épirotes.
Magius Patavinus, en assignant aux Albanais une origine asiatique, les déclare enfants du Caucase. Telle aussi avait été avant lui l'opinion d'^Enéas Sylvius; mais ni l'un ni l'autre n'indiquent les motifs de cette assertion, que confirment néanmoins les homonymies des diverses peuplades de Schkypetars établies dans Tlllyrie Macédonienne et dans l'Epire, avec celles des hordes qui ont vécu entre les Palus-
dagli Albani rfM^ta, che scacciati da* Tartarivi vennero in questa parte di Macedonia, che è situata fra il fiume Boiana' cke Plinio domanda Burana, la Cimara o soogli di Acrocerauni, mar Janio $ le montagne Camoli e Stacci. Ma sotto nome d'Alhania scorre ancora Epiro , paese che comincia da Valtonia, dagli antichi detta Avion navale, sino al golfo di VArta o Ambracia, dove abilano Chaoni e Tesproti, popoli feroci. — (Luccar, lib. IIÏ, p. 86. — Anne Comn.-* Gott. Stritt., Serv., c. xui.)
i Le Kour ou Mkvari.
* Du motgrecHn£lFOS, ^onimnliBmipmyi^f àntifiM^ît éjHrote.
xxxvj INTRODUCTION.
Méotides, la mer Caspienne et la région s'étendant depuis le Pont-Euxin jusqu'à TArménie**
Appelés Albanais par les Européens > Ârvanitès par les Grecs, Ârnaoutes par les Turks et les Arabes des régences barbaresques, les Schkypetars ne se connaissent pas entre eux sous ces diverses dénominations, Schketechips ou Schkypetars d'origine , ils composent quatre grandes familles, sorties du •même berceau, les Guègues et lesMirdites (qui parlent la même langue), les Toxides , les Japys , les Ghamides. De là sont dérivées de nombreuses branches collatérales. Ainsi ont reparu, dans le voisinage de l'Adriatique, plusieurs tribus de ces trois cents nations de langues diverses, que Timosthènes énumère aux environs des Palus-Méotides, du Pont- Euxin , et sur le plateau de la petite Tatarie jusqu'à la mer Gaspienne.
Gité par Pline [Hist. natur.y liv. YI), Timosthènes affirme que ces trois cents nations parlaient^ suivant Strabon, trente-neuf langues différentes, et fréquentaient le marché de Dioscuriade, ville de laGolchide» où les Romains, pour la gestion de leurs affaires, employaient cent trente interprètes^.
1 Au reste, avec sa loyauté habituelle, Pouqueville mentionne ces sortes de rapprochements, comme ceux qu'il emprunte plus loin aux géographes arméniens, sans leur accorder une confiance absolue. (Voyage de la Grèce, tom. III.)
* PoDQUEYiLLB, Voyage de la Grèce, tom 111.
INTRODUCTION. xxxvij
Selon Vç^imon généralement adoptée, les Paries ÂlbanienneSj AlbaniœPylœ\ seraient la Passe de Derbent, le long de la mer Caspienne. Mais les indices légués par l'antiquité ; mais le silence gardé dans les descriptions de ce passage, quant à la mer Caspienne; mais l'emplacement que Ptolémée assigne expressément aux Portes d'Albanie, près des sources du Kasius^; mais cette circonstance qu'il établit les Diduri, voisins des Tuscij non loin des Portes Sarmatiques, et que ces deux tribus, sous les noms de Didos et de ïbt^c/ies,. voisines encore d'un défilé qui passe par le territoire d'Ouma-Khan, le long de la frontière du Daghestan, s'étendent au-delà du district de Kagmamcharie; toutes ces considérations autorisent à penser que c'est là qu'il faut chercher les Portes Albanaises ou Sarmatiques, jusqu'à présent méconnues^.
Peu de temps après la mémorable expédition de Jason dans la Colchide, 1350 ans avant J. C, des essaims de barbares s'élancèrent du fond de la Tatarie et des environs de la mer Hyrcanienne, les uns pour gagner l'Italie, les autres pour s'avancer à l'Occident, en contournant le Pont-Euxin, où leurs traces se perdent aux frontières de la Dacie. Vers la même
1 Demir-Kapou.
* Le Koïsou.
» Malte-Brun, Précis de la Géogrqphie UtUverselle.
xxxviij INTRODUCTION.
époque, des habitants de la Golchide, |K)ursuivant Taudacieux étranger qui avait pénétré dans leur pays^ formèrent des établissements en Crète, en Italie, autour de l'Adriatique, sur les côtes de Tlllyrie Macédonienne; ils fondèrent Golchinium. Telle est, selon M. PouquevilleS la période à laquelle se rattache Tarrivée en Europe des Schkypetars Albans ou Alba^ niens qui se confondirent avec les Illyriens, et devinrent, suivant les vicissitudes de la fortune, tantôt sujets, tantôt ennemis des rois de Macédoine. Gomme oubliés pendant bien des siècles, les Albanais repa« paissent, quand Thucydide, racontant l'expédition de Sitalce, roi des Thraces, contre Perdiccas, roi de Macédoine , indique , pour lieu de rassemblement de ces peuplades barbares, Dobérus {Pakechôrt); c'est là qu'elles s'organisaient , pour fondre , du haut de leurs montagnes , sur la Macédoine-Transa*^ xienne*.
On reconnaît à ce trait l'existence oubliée des Schypetars que Ptolémée montre , dans le ii* siècle; sous le nom d'Albanais, habitant au bord du fleuve' Skumbi, aujourd'hui appelé Tobi, la ville d'Albano^ polis (Elbassan) ; leur postérité s'y est perpétuée •.
* Voyage de la Grèce y tom. III.
« Thucydide, Histoire de la guerre de Péloponèse^ liv. II.
• *AA6àvôv, *AA6«vi7ro>tç. Ptolémée, après avoir parlé des Albanais, nomme les SkirtmêB (Skc^tAvcc), mot qu'on peut traduire par sau-
INTRODUCTION. xxxix
Ptolémée révèle, en quelque sorte, le nom de Schypetars^AUxquels il assigne celui de SkirtoneSy en plaçant leurs tribus sur la frontière de la Macédoine, du côté du lac Labeatis, lac qu'il ne nomme pas ; c'est aujourd'hui le Zenta. Pline* divise ce même peuple en douze tribus ; il lui donne le nom de Scirtari^ sans ajouter aucun détail, mais indique» dans leur voisinage, Colchinium ou Dulcigno.
En rapprochant la consonnance,Scirtars et Schkypetars se ressemblent, et maintenant on dit Tun ou l'autre indifféremment. Les principales peuplades restées en place sont les Colentini ou Colasciniens, les Sopari ou Schkypetars, les Épetini ou SpacheSs les Grabaci ou habitants de Grabia *.
Depuis Thucydide et Ptolémée, nul récit ne s'en occupe. Identifiés sans doute avec l'existence de la Macédoine, les Schkypetars restèrent confondus dans la dénomination générique de Macédoniens et d'Illy^ riens, au gré du caprice de conquérants qui modifiaient sans cesse les démarcations topographiques. Mais indifférents à ces arbitraires distributions de pays, les Mbanais. sur la cime de leurs inaccessibles
tewSf et qui exprime parfaitement Pagilité d'un peuple que les Turks appellent chèvres de montagne. Ce mot, Tauteur remploie sans doute ici comme synonyme de Schkypetars.
* Plwe, lib. lU, c. XXII.
« PoDQUEViLLs, Voyaçe de la Grèce, tome I«'.
xl INTRODUCTION.
retraites , ne s'apercevaient pas même de la chute des empires, et gardaient fièrement leur indépendance.
Connue des Turks sous le nom d'Arnaoûtlik, ou pays des Arnaoiites, TAIbanie offre, comme l'Épire, un amphithéâtre de montagnes, s'élevant graduellement les unes au-dessus des autres, depuis le rivage de la mer jusqu'à cette partie de la chaîne grecque qui lie le Pinde au mont Scardus, et qui sépare les eaux du littoral Ionien de celles du littoral Égéen.
Les deux plateaux les plus élevés de cet amphithéâtre sont, d'un côté, celui du lac Lychnidien, à la tète de la vallée du Drin -, de l'autre, celui du lac Labéatis, à la tète de la vallée de la Boïana.
Lorsque les Turks envahirent l'Asie Mineure et la Grèce, les peuples assez braves pour leur résister se réfugièrent, après la conquête, les uns dans les montagnes du Caucase, les autres dans les montagnes de l'Albanie. C'est ainsi que cette dernière contrée devint l'asile des plus vaillants hommes de la Turkie européenne, comme le Caucase était devenu l'asile d^s plus intrépides guerriers de la Turkie Asiatique.
L'Albanie est à la Grèce ce que la Lombardie est à l'Italie : pour garder ces deux péninsules, il faut en occuper la tête. De là, aux yeux des Turks, Timportance de l'Albanie, boulevard de la Grèce.
INTRODUCTION. xlj
Étendue au nord jusqu'à la chaîne Mœsique^ la Grèce est une vaste péninsule composée de trois autres : la première^ ou la plus méridionale, bornée par l'isthme de Gorinthe^ et comprenant la Morée ou le Péloponèse; la seconde, l'ancienne Hellade ou Hellénie, limitée à une ligne tirée du golfe Ambracique au golfe Pélasgique^ ou même jusqu'au golfe Therméen , et comprenant , sur le littoral Égéen l'Attique, la Béotie, la Phocide, la Thessalie ; sur le littoral Ionien, l'ÉtolieetrAcarnanie; la troisième, circonscrite par la chaîne Mœsique, et comprenant, sur le littoral Ionien VÉpire avec Y Albanie, sur le littoral Égéen la Macédoine et la Thrace. Tout ce pays, les Turks l'appellent Roum^ily ou Romanie, parce qu'ils l'ont conquis sur les empereurs grecs, se parant encore alors du titre d'empereurs romains *.
Vers l'an 1010, le royaume des Bulgares comprenait la Macédoine, sur l'Albanie, la Servie, quand Tempereur Basile IP dispersa enfin cette agrégation de peuples dont les débris furent disséminés sur le territoire turk. G'est en 1185 que les Valaques, ou, à proprement parler, les Gutzo-Valaques, au sud du
1 Félix DE Beau JOUR, Voyage milùaire dana V Empire otlomarit Iwn. !•'.
* Ce 61s de Romain II eut la cruauté de faire crever les yeux à quinze mille prisonniers bulgares. Un seul sur cent fut épargné pour ramener les autres dans leur pays.
Xlij INTROjDIJCTïON.
DaDube, el les Bulgares» restés dans la Bulgarie- Noire^ fondèrent, à la ^uite d'une insurrection coFkclive, le royaume Yalaquo-Bulgare^ tantôt vassal, tantôt atKé des Byzantins, et conquis parles OttoinaiR» pendant la dernière moitié du xit"" siècle ^.^
Des régions de la Haute-Macédoine , eomme à' un j^ÎDt centra, partent quatre ou cinq cfasâ^nes de montagnes ; l'une^ dans la direction du nord, attetnC les rives du Danube près d'Orsova, où éea roefaiers qui resserrent le lit du fleuve, l'unissent à une branebe des montagnes de Transylvanie : airai le système des Carpatbes se trouve lie à celui des modt» Hœmus ; la seconde et la ptus con»dérable marcbe ^oit v^s Test, sépare la Bulgarie de laRouméMè liéfisse le littoral de la mer Noire de ses roeé escarpés, et détache une branche de collines vevs Ceastantinopil^ et vers les Dardaneltes. Cette chafae, c'est YUesmu» : YÉminehdag n'est que Fextr^ Bttté orientale du £a//ran des Turks. Comme FHœmuSy une troiûème chaîne se détache du plateau d^ la Hauie-Macédoine, m;ai3 en courant vers le sud-est: c'est le Rhodope des awiens, le Despoio-Dagh des Turks : une plaine élevée en relie les bases à celles de THœmus, et THébrus coule sur ce plateau. Une
4 Malte-Brun el Suot, Précis âe la Géographie Universelle^ ou j^cnpttbn (2e toutes les parties du Monde, etc., tom. lY, édit. de 18421-
INTRODUCTION. xliij
quatrième chaîne, peu connue, tend vers l'ouest; ce sont les monts de la Bosnie et de la Dalmatie, VAlbius ou Albanus des anciens : d'une cintquième branche enfm, se prolongeant au sud-ouest et au midi, sortent toutes les montagnes de la Thessalie, de l'Ëpire, de la Grèee proprement dite, de l'ArchipeH.
L'Épire est montagneuse jusqu'aux rivages de la mer. La Thessalie s'étend en un seul bassin, eirculairement entouré de montagnes, sur les terrasses desquelles, comme sur les bancs d'un gigantes(|ue anuphithéâtre, soixante -quinze villes étaient jadils assises.
Le bassin de l'Adriatique reçoit le double Drin d'Albanie, dont le bras méridional, ou le Drin Noir^ recueille de même les eaux du lac d'Ocbrida.
Du Pinde, l'Âoiis, aujourd'hui la Ymonssa {Eau permanente) arrive aussi à l'Adriatique \
D'une pente assez douce vers le golfe du Drin, les côtes de l'Albanie se redressent soudain près l'entrée de la mer Adriatique ; çà et là gisent d'énormes rochers, entassés pêle-mêle les uns sur les autres,
1 Malte-Brun emploie le terme de chaînes pour aider riuteltigence desiectears accoulumés à cette expression. !li(ais, selon lui, la péninsule au sud du Danube est un. massif couronné de quelques chaînons, plus encore sillonné par des vallons et descendant par terrasses. (Précis de la Géographie Universelle.)
« /d., id.
xHv INTRODUCTION.
comme par Teffort de bras gigantesques; de sombres nuages couronnent leurs cimes ; de fréquents étlahrs sillonnent leurs flancs , à leurs pieds mugit une mer toujours en courroux , et sans cesse des débris de vaisseaux jonchent ces âpres rivages. Ce sont là les monts AcrO'Cérauniens^ aujourd'hui Monte-di-Chimera.
Ceinte de montagnes au nord-est^ au nord^ à Touest et au sud-ouest, la Macédoine projette au sudest, entre les golfes de Saionique et de Contessa, ou d'OrfanOy une péninsule terminée par trois promontoires : le principal est VAthos, bloc colossal dont Tarchitecte Dinocrate voulait faire une statue d'Alexandre. De nombreuses montagnes divisent ce bassin naturel en plusieurs terrasses séparées par bien des défilés. Si Ton en croit les indigènes, de belles cascades, des temples inconnus, but et récompense d'une noble curiosité, y attendent le voyageur.
Nulle dénomination générale moderne ne désigne la chaîne à Test du Strymon {Strouma ou Karasoun); quelquefois la haute chaîne au nord est appelée Argentaro. Au nord-ouest, le Scardus^ sous l'expression albano-turke de Schar, semble conserver son ancien nom. Mais ce qu'un terme général soit ancien, soit moderne, ne saurait facilement caractériser, c'est
INTRODUCTION. xlv
la chaîne occidentale entre la Macédoine et TÂU banie; probablement est- ce moins une chaîne qu'un haut pays couronné de petits chaînons. En avançant vers le sud, tous ces pays montagneux se réunissent à l'ancien Pindus {Monie-Mezzovo), retraite favorite d'Apollon et des Muses.
Entre TÉpire eit la Macédoine, branche détachée vers Touest, l'Olympe, antique séjour des dieux, dépossédé, par quelques modernes, de son auguste dénomination, s'appelle, selon les uns, Schela, selon d'autres Olimbos. Dans l'intérieur, les monts Vermion {Bermius) et Verghiiission{Berceiemi$)o\xXero' livado^ descendent de l'ouest vers la plaine centrale, tandis qu'au contraire , le Kerkina des anciens et peut-être leur Bertiscus , courent du nord-est au sud.
Au centre de la Macédoine, assise au fond de son golfe, apparaît Salonique* avec son florissant commerce, son port créé par Constantin le Grand , son hippodrome, ses arcs de triomphe, dont l'un, encore presque entier, fut élevé en l'honneur de l'empereur Antonin ; avec ses magnifiques églises, notamment celle de Saint-Démétrius, devenues toutes des mos-
• Cest-à-dire Pré désert.
* Therma jusqu^au règne de Cassandre, qui lui donna le nom de sa femme Thessalonique , sœur d* Alexandre. Voir Notes et Pièces justificatives (V.), p. 427.
xlvj INTRODUCTION.
quées ; d'autres précieux monuments attestent Tancienne splendeur de cette cité.
Si Ton entre dans la grande vallée du PénéeS ceinte des poétiques montagnes de r(Mympe, du Pinde, de l'Œla, du Pélion, et toute peuplée d^héroïques souvenirs, alors se déroule le pittoresque amphithéâtre de la Thessalîe.
Et comment alors ne pas songer k cette délicieuse vaUée de Tempe que chanta Yii^ile, à cette fameuse Larisse ^, théâtre du meurtre involontaire d*Acrisius par son petit-fils Persée^, capitale d'Achille, résidence de Philippe, père d'Alexandre, tombeau d'Hippocrate^ et refuge de Pompée? Comment ne pas s'arrêter à Pharsale, où les aigles romaines, en s'entre-déchirant, vengèrent le Monde opprimé?
La route d'El-Bassan à Durazzo quitte celle de Tyranna au pied des monts Grabatz, vers les sources du Panyasus, nommé maintenant Spirnatza, tourne à l'ouest, et va rejoindre, vers le village de Séraso, la route de Cavaya à Durazzo*, (l'ancienne Dyrro-
1 Aujourd'hui Salampria. C'est parmi les lauriers dont ses bords éulent couverts que naquit la gracieuse métatnorphose de Dapbné.
* ^enidjè'Varda,
> iSelon la fable, fils de Jupiter et de Danaé ; selon Fhistoire, fondateur de Mycènes.
* Mo^t à cent quatre ans. [In tel exemple de longévité sien) bien ai^ législateur 4e la ipédeciae.
^ L'anarchie qui désola la Haute-Albanie en 4 704, ^vaH a^éaiUf
INTRODUCTION. xlvij
chium),en côtoyant les collines qui environnent ta baie de Pétra.
Ce fut sur ces collines, autour de cette bafe, ifm César, dans sa campagne de Grèce, construisit t!e» lignes de circonvallation s'appuyant des deUx cotés à la mer, avec quinze mille pas de développèimént, pour y enfermer l'armée de Pottipée et la couper de Dyrrachium, où elle avait étabU ses dépôts. Mais ces lignes étant trop étendues, Pompée les rompit sur un point et força César dans ses retrancheâiènts. Celui-ci chercha alors à attirer son rival dans le coeur de la Grèce, car ii lui importait de le séparer de Dyrrachium. Pompée eut l'imprudence Ae le suivre : au lieu de se tenir dans les montagnes pour y disputer le terrain à des troupes plus aguerries que les
Durazzo, lorsque la France, qui voulait entretenir des^correspondau^ ces avec les insurgés de la Hongrie et Gonstantinople» y accrédita un agent.
Le coup fatal était porté à cette ville. < On voit, » dit le consul Is* nard, dans une lettre du 2 octobre 4746, « par ses vieilles murailles « que Durazzo dut être une très-grande viUe ; mais à présent elle esl « réduite et si petite, que le nombre de ses babiiants n'arrive pas à < deux cents. Le pays est pauvre et incultevTair empestiféré^ et cette « échelle n'est intéressante que comme lieu de transit des marokaii- « dises venant des provinces voisines. »
D'après Tétat actuel, il est évident que Durazzo s* était relevée
dans ces derniers temps. Mais ce qui D*a pas changé , c'est la pen.
manence des fièvres , que les missionnaires de la propagande seuls
bravent pour se rendre dans les missions latines de la Hauie-Albâme.
(PouQUEviLLE, Voyogc de la Grèce, tom. II.)
xlviij INTRODUCTION.
siennes, il compta trop sur la supériorité de sa cavalerie et se laissa conduire par les feintes marches de Tennemi dans les plaines de la Thessalie, oii il succomba sous les habiles manœuvres de Gésar>.
Par les défilés d'Agrapha*, on arrive dans rÉpire.
L'Albanie se divise en trois parties : la Haute-Albanie, jusqu'à El-Bassan, ou plutôt jusqu'au Gabar- Balkan et àCavaja; la Mo^enne-il/6ame, jusqu'aux montagnes du Tomor et de Skrapani, et la Basse-Albanie ou l'Ëpire se prolongeant jusqu'en Acarnanie. Comme autant de remparts, neuf à dix chaînes sillonnent l'Albanie ; six, TÉpire ; trois ou quatre, la Moyenne et la Haute-Albanie.
L'Albanie manquant de largeur ^ presque toutes ses rivières sont peu considérables ; leur cours est si borné, leurs pentes si fortes, qu'en été, beaucoup
^ Félix de Beaujour, Voyage Militaire dans VEmpire Ottoman, lom. Jw.
' A partir du pont de la Panagia sur la rive gauche de la première branche de TAchéloûs, commençait autrefois le canton d*Agrapha • il comprenait toute la vallée jusqu^à son ouverture vers TAgraîde d' Acarnanie. Couverte de montagnes et de forêts, sillonnée de torrents et de rivières, cetle contrée, théâtre permanent de brigandages, confinait à Torient, avec le territoire de Tricala, chef-lieu du sangiakat de Tbessalie. Mais, depuis l'arrivée des Valaques dans ces montagnes, leur canton d*Aspropotamos a rejeté les limites du canton d*Agrapha jusqu'à la rive gauche du Tbestios ; au midi et à Toccident, il se confond avec les frontières du Radovich et de FAgraîde. (PouQUEviLLE, Voyage de la Grèce, tom. II.)
INTRODUCTION. xMx
d'entre elles n'ont presque pas d'eau, ou même sont entièrement à sec.
De toutes, la plus grande, c'est le Drin, formé du Drin Blanc et du Drin Noir, ou venant du lac d'Ochrida. Canal d'écoulement du lac de Scutari, la Boïana est aussi un cours d'eau important, puisque les navires caboteurs le remontent jusqu'à Oboti, à deux lieues au dessus de Scutari. Il n'en est pas ainsi du Skumbi, de l'Ergent, de la Voïoussa, du Kalamas, du Lorou, de l'Arta, de l'Aspro-Potamos (Rivière Blanche^ et moins encore du Souha-Ricka, du Mati, de rismos ou l'Ergent de Tyranna, du Deole, du Glenitza, du Souschitza, de l'Argyro-Potamos (Rivière d'argent ) , du Macro -Potamos {Rivière Noire ) , des affluents de l'Arta et du Voioussa, en particulier duToplitza {Rivière Chaude), du Saranta-Poros (rivière qu'on passe quarante fois), du Tscharkov, du Lioknitza et du Desnitza.
Dans les montagnes au nord-est de Janina^ les neiges du Pinde alimentent le sources de trois fleuves : l'Aspro-Potamos (l'Achéloiis); l'Arta (l'Arachtos ou Arethon), et la Voïoussa (l'Aoùs).
Aux AthamaneSy anciens habitants de ces contrées, ont succédé des Valaques,
La plus haute montagne de l' Albanie-Moyenne est le Tomoros, qui dépasse même le Nemertska-
l INTRODUCTION.
Malia, et n'a d'égal que le Pinde. Isolé et n'ayant qu'une circonférence de huit à neuf lieues, le Tomoros étonne d'autant plus les regards qu'il domine un pays dont les hauteurs ne dépassent pas deux mille pieds. Aussi, des éminences de la vallée de l'Ismos^ à trentenleux lieues en ligne directe au nord , et pardessus leGabar-Balkan, pei|t-on distinguer son som^ met. Visible encore, depuis le côté sud-^st du bassip d'Ochrida> et depuis ia hauteur à l'est de Gastdria, ilrestec^cbé parle Pinde aux valléesdu sud-owstdiela Macédoinie, ejt par Ije Nemertska-Malia au bassifi de Janina. L'élévation du petit Tomoros est d'environ 4,102 pieds; pottr le grand, de 5,i02 pieds. Dans lira fortes chaleurs de l'été» il ne conserve pas )a moindre trace de neige *.
Lia Moyenne (tt la Hautes-Albanie présentent bieli si|r les cartes quelques plaines étendues. La chaîne du Scardus ou Scodrus (Tchar-dagh ou GliQuboHn)^ sur une élévation de $,000 mètres, semble décrire un grand demi-cercle pour embrasser les vastes bas^ sins du double Drin et deiaMoratscha ; mais les certes manquent d'exactitude, car le terrain est aussi montueux vers les bords de la mer que dans l'intérieur.
Gomme la répartition des eaux détermine en général la nature des climats, les contrées du ^assin
* ÂHi BouÉ, La Turquie d'Europe^ tom. 11.
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de ^Adriatique, c'est-à-dire l* Albanie et la Dalmatie ressentent les douces chaleurs de l'Italie ; mais avec d'âpres sécheresses et de soudaines invasions des vents du nord ' .
La Basse- Albanie, ou l'ancienne Épire, a sa constitution climâtérique à part; bien que se prolongeant au sud du 40"'' parallèle, elle est beaucoup plu» froide que la Grèce.
Si l'on examine avec soin la nature rocailleuse du terrain chez les intrépides Mirdites, compatriotes et frères d'armes de Scanderbeg ; si l'on étudie les descriptions des défilés de la Candavie*, région qui fait suite au pays des Mirdites , on pourra considérer l'Albanie comme formée de deux terrasses, l'une s'élevantdu sein de la mer par de très-fortes felaises, l'autre naissant à quatre ou cinq lieues de la mer, et se prolongeant jusqu'aux hautes montagnes entre lesquelles s'étendent les lacs d'Ochrida et de Malik. Dulcigno*, Antivari*, avec leurs rivages hérissés de rochers, annoncentque la plaine de Scutari commence à s'élever; et au nord du lac de ce nom, Podgoritza et Gouri indiquent Un second degré d'élévation. Quant aux inaccessibles hauteurs du Monténégro, et
1 Malte-Brun , Préds de /^ Géographie Ufiwerselk»
' Pharsale, VI, 331 .
' Ukinium ; en lurk, Olgun
* Bar.
lij INTRODUCTION.
aux précipices si pittoresques du golfe de Gattaro, c'est une preuve que l'intérieur de la Dalmatie méridionale est formé de plateaux élevés. Mieux connues^ les montagnes de la Dalmatie autrichienne se plongent dans la mer avec des falaises calcaires découpées en îles allongées; dans le haut pays, entre la Bosnie et la Dalmatie turke, se trouvent les Monts Albaniens de Ptolémée, ou Albiens de Strabon, aujourd'hui le Vitoraga, le Radussa, le Planitza et le Ranick.
JjC Musaché semble être le nom indigène de la Moyenne-Albanie, que baignent VErgent ou le Béralion, l'ancien Apsus et VArtanes.
C'est derrière ces diverses contrées que se déploie la grande vallée du Drin Noir, l'ancien Drinus ; son plus haut bassin, centre commun de l'Albanie et de la Macédoine, est occupé par le magnifique lac d'Ochrida.
La vallée du Drin appartient à la Haute-Albanie. Scutari ou Scodra, que les Turks, par on ne sait quelle raison, nomment Iskenderiah ou Alexandrie^ s'élève entre la Bdiana et la Drinassa.
Les Guègues, ou Albanais rouges, peuplent tout l'intérieur, depuis les sources des deux Drins jusqu'à celle de la Maratscha , nom de la Boïana avant de se jeter dans le lac de Scutari ou de Zenta.
En remontant sur le continent turk, on trouve les
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chaînes bordées au nord par les bassins du Danube- Inférieur delà Hongrie et des pays serbes; à Test, par les bassins de la mer de Marmara, de laThessalie , de THellada ; au sud ^ par ceux de la Maritza et des débouchés du Strymon, du Vardar* et du Bistritza; tandis qu'à Touest il n'y a (sauf la grande cavité herzegovinienne et celle de Scutari) que les petits bassins au débouché des rivières épirotes et albanaises : l'Aspro-Potamos, TArta , le Lorou, la Voïoussa, le Lom, le Skumbi, Tlsmos, le Drin, parmi lesquels, les plus considérables sont ceux de TArta et dû Lorou, du Drin et de l'Ismos.
Au-dessus de ces plaines, et plus loin dans les terres, à une élévation moindre de 800 pieds , sont, comme échelonnés, un grand nombre d'autres bas* sins, tels que ceux de Permet, de Berat, d'El-Bassan, de Tyranna en Albanie ; de Douino et de Mostar en' Herzégovine; de la Save, du Sadar-Supérieur, du Koloubara-Supérieur, de la Morava serbe autour de Sagodin,de Krouchevatz, deKaranovatz, deTschatschak, de Lepenitza en Servie ; du Sana , de l'Ouna en Croatie ; de Nisch , de Leskovatz , de Musta-
1 Dans le bassin du Haut-Yardar, se trouve la ville A'Ouskoup, l'ancienne Scopia, c'esl à dire « le lieu d'où Ton voil au loin. » Sou» le Bas-Empire, c'était une des clefs de la Macédoine. Hadgi-Kalfa prétend qu'un ancien écrit grec la nomme, à cause de sa beauté, La jeune fiancée de la Grèce,
liv INTRODUCTION.
pba Pacha-Palanka, de Pîrot en Mœsie Supérieure ; tle la partie basse de la Bulgarie, c'est-à-dire de Schoumla/ de Rasgrad, de Lofdscha, de Yikrar; ceux d'Andrinople^ de Melenik, dé Yodena, de TeloTO, d'Ostrovo, du Vardar-Moyeïi, d'Istib, de la Bregalnitza, d'Uscufo, de Stroumnitza en Macédoine, d'Alassona ^i Thessalie.
Le Drin Blanc j le Drino ou plutôt Drib des Albanai^Je BiclorDrina des Slaves^ est formé de trois torrents, la Bistritza^ laVrela (Source) et le Drin; ce det*nier,peu considérable, sort des montagnes reliant les cimes du Glieb au Kourilo-Planina ; il coule dans la Tallée sablée et profonde qui sépare ces montagnes*.
A un sens ethnographique, le nom même d'Albahie unit une signification physique, (^est à Tâpreté de leur pays que les Albanais doivent, en grande partie, leur rude constitution, des muscles d'acier, un teint basané, d'ardents regards, de belliqueux et sauvages instincts. Leur beauté^ m^e chez les hommes, imposante, virile même chez les femmes, est renommée dans l'Orient.
Jamais leur intrépidité séculaire ne s'est démentie: soldats de Pyrrhus, de Scanderbeg, c'est encore 0UX qui , égarés sous un autre drapeau , furent la vraie force du fameux Ali -Pacha dp Janina.
1 Ami Boue, /a Turquie d' Europe ^ lom. i*»".