LIVRE I
gner à la République sa gratitude, Bo^a lui céda autheur tiquement ses possessions ; elle s^ débarrassait ainsi de tous démêlés av^c les prétendants.
Or, aux termes d'un traité de cession mutuelle entre Leccha Zacharias et Scanderbeg, celui des deux qui snr^ vivrait devait recueillir toutS la succession de l'autre. Un tel acte était-il valable? Les deux princes pouvaientils disposer ainsi de leurs domaines au préjudice de leurs collatéraux, et sans l'assentiment des Etats du pays 9 C'était là une question de droit à débattre.
Quant à Scanderbeg, ayant appris que les Vénitiens, au nom de la donation faite à leur profit, s'étaient emparés de Dayna, il protesta contre cette usurpation, publia le traité avec Zacharias, leva des troupes, marcba sut Dayna, l'investit, et la somma de se rendre, mais sans succès. Prendre une place lui était moins facile que de battFe l'ennemi en rase campagne ou dans des embus^f cades.
Pour pe pas aigri» les Daynieas et les fortifier ainsi dans leur résistance, nulle attaque n'eut lieu; tout dé-r gàt fut sévèrement prohibé. Scanderbeg voulait. , par un blocus, réduire la ville à se rendre.
Informé du danger qui menaçait Dayna, le sénat de Venise, résolu à la délivrer, ramassa, en toute hâte. Al*banals, Esclavons, Italiens. Mais ce n'était là qu'unemultitude, non une armée. Bientôt un puissant renfort lui vint en aide : deux chefs albanais, ligués jusqu'alors avec Scanderbeg contre les Turks, Leceha Dusmanus et
Pierre Span, s'étaient séparés de lui dans cette circonstance. Plus anciennement alliés de Venise, attachés à sa cause par le souvenir de nombreux bienfaits, voisins en outre de plusieurs possessions de la République, la reconnaissance, comme le soin de leur sûreté, les avaient décidés.
Ces forces réunies s'élevaient à treize mille hommes; Daniel Jurich, gouverneur de Scutari, les commandait.
Scanderbeg en comptait quatorze mille, mais qu'il dut partager en deux corps : l'un de cinq mille, pour le blocus deDayna, l'autre de sept mille chevaux et deux mille fantassins , pour combattre l'armée vénitienne.
Quoique bien sûr du courage de ses guerriers, le prince albanais, près d'en venir aux mains, se demandait pourtant : « Contre des chrétiens, leur bras sera-t-il aussi «ferme que contre les Turks?» Une mâle allocution eut bientôt communiqué à ces braves Tardeur qui l'embrasait lui-même.
En face de lui coulait le Drin, né, comme le Génussus, sur le plateau des monts Candave^, au pied même de la cbaine grecque. A travers le lac d'Ochrida , il se dirige d'abord vers le nord, mais se détourne ensuite vers Fouest, à son confluent avec le Drin blanc qui, arrivant du mont Scardus , et coulant vers le sud , lui fait changer de direction; après avoir décrit un grand coude vers ce point , le Drin , tributaire de l'Adria*