‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 47 sur 217 · IVRE II · texte numérisé non relu

IVRE II

priver Dayna de tout secours, et, par de fréquentes incursions, dévaster le territoire vénitien. L'entreprise s'exécuta avec une merveilleuse promptitude : en pea de temps la ville était debout, ses murailles relevées, ses fortifications en bon état. Une force considérable y fat placée : Hamza, neveu de Scanderbeg, et Harinus Span, chef albanais d'une grande valeur, la commandaient, pourvus tous deux d'instructions précises.

Malheureusement, Hamza, jeune, ardent, aventureux, voulut, malgré les sages remontrances de Span, surprendre Drivasto ; le plus triste échec châtia son imprudente tentative. Ce n'était là, au reste, que le prélude des malheurs que lui réservait l'avenir.

Exaspéré d'une aussi funeste infraction à sa volonté, et indigné d'odieux ravages, vengeance d'Hamza sur le pays, Scanderbeg éclata en reproches ; il lui redemanda avec amertume le sang de ses compagnons follement sacrifiés. Cette dévastation des campagnes , cette misère répandue , le fer et la flamme à la main, sur tant de paisibles familles, il les maudit. Tout semblait annoncer que des paroles ne suffiraient pas à sa colère, et qu'Hamza, malgré les liens de famille, expierait plus rigoureusement encore sa faute; mais, chefs et soldats, tous. intervinrent; cédant à leurs prières, Scanderbeg pardonna.

En prévoyant quelque prochaine entreprise des Turks, il ne s'était pas trompé : déjà, en efiet, Mustapha était revenu, par la Macédoine, s'établir, avec

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quinze mille cavaliers, sur les confins de l'EpIre. Mais cette fois ses instruclions différaient en tout des précédentes; ainsi, pour ne pas s'eiposer à un nouvel affront, II lui était expressément recommandé, quelque favorable que parût être l'occasion , d'éviter toute rencontre avec les Albanais, de ne commettre aucun dégftt, mais seulement de protéger les sujets et les firontières de l'Empire.

Mustapha se trouvait là depuis quelques jours, lorsque Scanderbeg avait quitté sou camp de Dayna pour combattre les Vénitiens. Ce brusque départ, et le peu de troupes restées devant la place, inspirèrent au général turk l'ardente tentation d'en venir aux mains; trouverait-il jamais une meilleure chance de revanche? Mais, d'un autre cAté, la teneur des ordres reçus et l'inflexible sévérité du maître le retenaient ; car une victoire même pouvait lui coûter la tète; les annales turkes offraient à son souvenir plus d'un sinistre exemple. Dans cette situation, pour arriver au but, 11 ne cessait d'entretenir le Sulthan des embarras et de la faiblesse de son ennemi; à l'en croire, si l'autorisation de l'attaquer était accor^dée, le triomphe devenait certain.

Enfin, cette permission tant souhaitée arrive. Comment Mustapha vat-il tenir sa promesse de victoire?

Surprendre Scanderbeg n'était pas chose facile. A. peine informé de la réapparition du pacha, il avait envoyé cinq mille hommes sur les frontières de la Macédoine, pour l'observer et le contenir. Leur commandant,

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