LIVRE II.— 1444-U
(c territoire considérable, s'étendant le long du Drin, a dans la direction de Scutari. »
Cet arrangement lui convenant sous tous les rapports, Scanderbeg, de l'avis de son Conseil, se hâta de l'accep* ter. 11 chargea les plénipotentiaires d'exprimer à leurs maîtres tous ses regrets d'une lutte devant laquelle son honneur n'avait pu reculer et dont sa conscience même lui avait fait une loi. c< Mais, » ajoutait-il, « le Sénat « peut désormais compter sur mon bras, sur mon entier « dévouement. »
Des courriers eurent bientôt répandu l'heureuse nouvelle dans toute l'Epire.
Le blocus de Dayna une fois levé, les portes de la ville s'ouvrirent. Assiégés et assiégeants fraternisèrent gaiement; tous ensemble, ils travaillèrent à la démolition des lignes et forts qui étreignaient la place; André et Volcathagne recouvrèrent la liberté; tout ce qui avait été enlevé aux Scutariens et aux autres sujets de la République, châteaux, forteresses, territoire, fut restitué.
De nombreuses réjouissances, des jeux, des tournois attestèrent l'allégresse publique, et les députés s'en retournèrent comblés de largesses.
Tranquille de ce côté, Scanderbeg, réunissant le corps resté devant Dayna aux troupes qui avaie/it remporté la dernière victoire, courut ravager la frontière turke. Ces courses continuelles étaient une nécessité de sa situation) car, ne voulant pas grever d'impôts le
peuple, il ne doonait au soldat d'autre paye que son butin ^ De là aussi une infatigable ardeur à suivre un tel chef- Cette eipédition, véritable razzia, terminée, il congédia une partie de son monde^ laissa des forces suffisantes sur les frontières de la Macédoine et revint A Croïa.
Peu de jours s'étaient écoulés, quand une ambassade solennelle lui apportait, au nom du Sénat, avec de riches présents^ des lettres patentes le déclarant, lui et ses descendants, citoyens de Venise ; la Sérénissime République le créaiti eii nième temps, gouverneur de toutes ses possessions et son lieutenant général en Eplre. A dater du même jour, son nom fut inscrit dans le Livre d'Or^ au premier rang de la noblesse vénitienne.
< BellumseipstmalU.Tii* hii. lib.|XXXlV.