‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 65 sur 217 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

grand Hunyade, se retirer et gagner en bon 'ordre ses retranchements. Comme troublé par cet échec, doutant de lui-même, il s'échappa du camp pour courir en Hongrie. Ainsi abandonnée, Tarmée chrétienne se dispersa et fut massacrée. Dix-sept mille Hongrois périrent : la victoire coûtait quarante mille hommes aux Turks.

Murad, dans Phiver qui s'écoula entre la reddition de Sfétigrad et le siège de Croïa, eut la satisfaction de régler Tordre de succession au trône parmi les prétendants à Tempire de Byzance. Quand l'empereur Joannes Paléologue mourut % Démétrius, quoique plus jeune que son frère Constantin, despote' du Péloponèse, aspira au pouvoir. Mais Constantin, à sept reprises différentes, envoya le protovestiar Phranzès auprès de Murad, pour solliciter Tinvestiture de Tempire grec. Enfln, cette persévérante prière fut accueillie, et l'ambassadeur s'en retourna comblé de présents.

C'est ainsi que, par la grâce du Sulthan, le septième et dernier Paléologue monta sur le trône de Byzance, sous les débris duquel le Gis de ce même Sulthan allait, trois ans plus tard, l'ensevelir.

Dans la même année, Murad maria son fiIsMuhammed à la princesse de Soulkadr, fille de Suleïman-Beï, prince turcoman de ce pays; les fêtes durèrent trois mois à An-

i 31 octobre U49.

^ ^tanôrviif maître, souverain : ainsi Acandrvis vocây, Neplune.

m HISTOIRE DE SCANDERBEG.

drînopie, d'où Muhammed repartit, vers la fin de dé-cembre 1450^ pour son gouvernement de Magnésie ^

Un mois après, dans une tie du lac d'Andrinople, théâtre ordinaire de ses plaisirs, le ft février 1491, le diiîème mois de l'an 855 de l'hégire, Murad, Agé de quarante-neuf ans , mourut d'une attaque d'apoplexie, au milieu d'un festin.

Il avait régné trente années avec gloire.

Certes, c'était une remarquable nature que celle de ce conquérant, épris de la solitude au milieu de ses triom-* phes, abdiquant deux fois le pouvoir suprême, et, poar le reprendre, ne cédant qu'aux instances de ses peuples^ au sentiment d'un grand devoir. Juste, clément, cha«> ritable , observateur scrupuleux de la foi jurée, maii inflexible vengeur de la foi violée, il fonda des mosquées^ des caravanséraïs, des cuisines pour les pauvres, des collèges, des hôpitaux. Chaque année» il envoyait, aux personnes pieuses de la Mecque, de Médine, de Jéru<« salem, deux mille cinq cents pièces d'or, et mille aux descendants du Prophète. Son premier soin, lorsqu'il s'emparait d'une ville, était d'y élever un Djamt (cathédrale), une mosquée, un imarety un médrice et un khan^ La mosquée d'Andrinople, si connue soUs le nom de Ulch'Chérafeli {des trois galeries) , e^t son ouvrage* Près de lé, il fit bâtir un Darul-badie {école des tradi^ lions du Prophèle)y en y attachant des professeurs lar-

* Haiibr, Histoire de Vempire Ottoman, tom. 11.

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