LIVRE III
Entre les scheïkhs du règne de Murad, on remarque deux frères connus sous le nom de Yazidji-Oghii (fils de l'écrivain). T/un d'eux, MuhammedBidjan, traita, dans un grand poëme didactique, la partie dogmatique et mystique de Fislamisme. Il vivait à Gallipoli et y mourut en odeur de sainteté; T-autre frère, Ahmed Bidjan, traduisit en turk l'ouvrage arabe de son frère, intitulé les Flambeaux des Amants. Ces deux ouvrages sont très-estimés comme monuments de la langue, qui, à cette époque, était à peu près flxée : elle différait essentiellement de sa sœur ainée, la langue des Ouigours ou de Djagataï, appelée ancien lurky et restée assez pure de tout mélange de mots arabes et persans. Ces deux frères étaient derwischs de Tordre de Beïramiyé, de même que le scheïkh Akbiik {moustache blanche), sur le tombeau duquel, a Brousa, s'éleva plus tard une mosquée. Un jour qu' Akbiik se rendait chez sou scheïkh, sa coiffure, que les derwischs nomment leur couronne, tomba; il vit dans ce fait une manifestation de la volonté de Dieu et la défense de porter désormais un turban. A dater de ce jour, Akbiik y renonça, exemple qu'imitèrent son fils et ses disciples. Seïd Nataa (le nattier), né à Bagdad, avait été élevé par le grand scheikh Emir-SuUhan, qu'il accompagna à la cour de Baïezid; lors du mariage d'Ëmir- Sulthan avec la sœur de ce monarque, son disciple épousa la fille d'Ishak-Pacha. Comme Baïezid, qui avait fait construire à Brousa une mosquée et un couvent pour son beau-frère, Ishak-Pacha fonda également, pour son
gendre une mosquée et un couven^t^ doat les derwi^hs reçurent plus tard le nom d'Abou-Ishak. A Tépoque où les Tartares de Timur dévaslaient l'Asie, Seïd Nataa tomba en leur pouvoir, ainsi que son maître et le savant Fenarij tous ensuite ils furent rendus à la liberté. Yildirim Baïezid, en honneur de ses hautes vertus, l'avait nomn^é chef des seïds ou émir s, c'est-à-dire des pa-* rents du Prophète. Lors des fêtes que donna Murad ÎI, pour célôttrer la circoncision de son fils Muhaotfiied» Seïd T^ataa étendit sqr la table des nattes fabriqjuées de sa maij^y luxe inconnu jusqu'alors chez les Ottomans* Son QU Seïnoul-Abeddin luj succéda dans la dignité de chef des jKarçnts du Prophète. Ali, fils de SeïnouL^Abeddin.^ se distingua par ses poésies. On doit è son pettt-QJs Aschik^Tschelebi> qui vécut sous Suleùnan le Qraodv.les remarqni9,l;Jes biographies des poëte$ ottomans.
Pans ces biographies et dans plusieurs autres , se trouvent cités les poètes da temps de MucadU. Parmi m\y Amadeddin, turcomafi, appelé aussi Nizim^du nom du lie^^ de sa naissaïu^e (village près de Bagdad), mérite un souveqir^ non-seulement par son génie poétiquit, mai3 par sa fin malheureuse ; il suivait le$ dogmes pan- (héisMques du scheïkh Schoubli, dont la doctrine tout entière était fondée sur cet axiome : Je suis Die^ ! et q-ui profççsa que Tàme humaine, absorbée en Dieu, se mêlait à liU aomme la pluie à l'eau de la mer^ Amad-
Latifi, Biographies des poètes ottomans^ pag. 300.