‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 74 sur 217 · LIVRE Hï · texte numérisé non relu

LIVRE Hï

A la même époque, on vit successivement arriver léi ambassadeurs de Raguse*, offrant auSulthaii d'augmenter de cinq cents ducats le tribut annuel qu'ils avaient payé à son père ; les députés de Valachie , de Gènes, de Galata, de Khios, de Mîthylène, des chevaliers de Rho^ des, enfln les envoyés d'Ëunyade, avec lesquels Mtihammed conclut une suspension d'armes de trois années ^.

Après avoir ainsi consolidé, selon ses be^èoins actuels, ïa paix avec les puissances les plus voisines de sott empire en Europe, le Sulthan marcha en personne cdtt* tre Ibrahimbeg, prince de Karamanie, qui, profitant dé la mort de Murad, venait d'entrer en candpâgtîé potit reconquérir ses provinces enlevées. Voulant Exploiter l'inexpérience du jeune Sulthan, et Toccuper en métilé temps sur divers points à la fois, IbrafeitiÀ avaît pôtissê plusieurs descendants réels ou supposée des aftètèM princes de Kermiân, d'Aïdin et de Mehtesché, à ètiVahil^ ces provinces, et à se remettre ett possessîoti àe Ifetïf héritage. Muhammed chargea ïshàk-IPachai , bèglierbeg d'Anatolîe, de marcher à là rencontre de l'enttèrtl, et lui-même il le suivit immédiatement. Mais, dès soft arrivée à Akschehr, un envoyé d'Ibrahîtti vint lùî flfemarl^^ der la paix; le prince, comme gage d'une entière soumission, offrait la main de sa fille. Sans hésiter, Muhammed accorda l'une et accepta Vautre, car if lui trfi*dait d'être en paix sur terre et 3ur mer avec tous ses voisitis,

1 Engel, Histoire deRaguse, pag. 176. " ^

2 Ducas, 1. c.,pag. 431i

pour suivre, sans aucun antre souci, ses projets contre Constantinople.

Par une démarche aussi maladroite qu'intempestive, l'empereur grec allait bientôt hâter l'heure où se réaliserait ce terrible rêve de conquête ^

Cependant, après son heureuse poursuite de l'armée turke abandonnant le siège de Croïa, Scanderbeg était rentré dans sa capitale. Ce retour avait été un vrai triomphe; partout le peuple accourait en foule sur son passage. Au bruit des cloches, aux fanfares des trompettes, aux salves de l'artillerie se mêlaient de joyeuses acclamations. Le premier entre tous, Uranocontes, à la tête de sa vaillante garnison, vint le saluer; un tel honneur lui revenait de droit. Dès qu'il parut, Scanderbeg courut se jeter dans ses bras. Pour consacrer à jamais le souvenir de son intrépide défense, il érigea en sa faveur l'Emathie en duché. Tous les braves qui l'avaient si bien secondé furent comblés de largesses.

Impatients de contempler le glorieux théâtre d'une héroïque résistance, des milliers d'étrangers affluaient de toutes parts. Le monde chrétien s'associa à cette joie de r£pire. Le souverain pontife Nicolas Y % qui eut le

* Hahmer, Histoire de V empire ottoman, tom. II.

* Thomas Parentucelli ou de Sarzanoe. C'est ce sage pontife qui, suppliant les Grecs de recevoir les décrets du concile de Florence, prophétisait, suivant les termes de la parabole évangélique, que si le' figuier ne portait pas de fruits dans l'espace de trois ans, Tarbre serait coupé jusqu*à la racine, et la nation grecque ruinée.

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