‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 8 sur 217 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

a hamme était très-fréquent ; comme Vlliadfe^ comme y Odyssée et V Enéide y la Jérusalem délivrée en oflFre le fréquent spectacle.

Ces duels n^avaient point lieu seulement en temps de guerre^ entre combattants de deux armées eimemies ; mais, en pleine paix, un étranger, un voyageur se présentait dans une ville, appelant les plus intrépides en champclos, les excitant par des provocations qui, aujo^ird'hui, ne seraient plus qu'absurdes, mais qui alors trouvaient de l'écho, parce que c'était la voix du temps, et le manifeste des braves. Placé sous Ih sauvegarde du courage et de l'honneur, l'étranger vainqueur n'avait rien i craindre des amis ni des compatriotes du vaincu : parixml le triomphe avait droit d'asile.

Peu après le retour de Scanderbeg à Ândrinople> un Scythe, d'une stature colossale, vint, an milien d'une cérémonie publique, défier tous les grands per-^ sonnages qui entouraient Murad; il demandait que les deux adversaires entrassent en lice entièrement nus, armés seulement d'un poignard, etdan« un espace si étroit qu'on n'en pût sortir que par la victoire. Cette proposition sauvage, pas un Turk ne fut tenté de l'accepter. Vainement le Sulthan offrit l'attrait d'une grande récompense ; tous se tenaient immobiles y non ptr frayeur, mais par dédain ; et le Scythe, comme enivré de la terreur qu'il croyait insjpirer, redoublait de jactance, lorsque Scanderbeg, indigné de ses rodomontades, s'avance dans l'arène, se précipite sur son redou-

8 HISTOIRE DE S€ANDERBEG.

table ennemi^ saisit^ de sa main gaache^ le bras droit du barbare prêt à le frapper, lui plonge son poignard dans la gorge et le jette mort à terre.

De toute part des cris d'admiration s'élèvent; puis le vainqueur vient déposer aux pieds de Murad la tête du géant.

Peu après, mais dans une occasion plus digne de lui, Scanderbeg montra le même courage, et eut le même bonheur. II avait suivi Je Sulthan à Prusa^ en Bithynie ; ce fut là que deux riches cavaliers persans, dont Tun se nommait Jaïa et l'autre Zampsa, vinrent offrir à Murad leurs services; en témoignage de leur, vaillance, ils demandaient à combattre, soit avec la lance, soit avec l'épée, les deux plus braves guerriers turks. Le Sulthan accueillit leur prière, et, se tournant vers Scanderbeg : « Que tardes-tu, mon ûls,» lui dit*il, « toi en qui tout « courage abonde? Le prix de ce nouveau triomphe t'ap- « partient déjà ; va donc, signale encore aujourd'hui ta « fière jeunesse et ton bras invincible. )>

Scanderbeg accepte avec joie, sous la condition que seul il les combattra tous deux, mais que les Persans ne l'attaqueront qu'un à un et séparément.

Ayant aussitôt, selon la coutume, baisé les pieds du Sulthan, il s*élance sur son cheval , saisit ses armes,

* La Bilhynie possédait deux villes de ce nom : la plus célèbre est Tancienne Cionte, aujourd'hui Brussa; Taulre, bâtie, si Ton en cpoil la tradition, par Annibal , Prusa ad Olympurriy s'étendait sur le flanc du mont Olympe.

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