‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 88 sur 217 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

scrupules n'arrêtèrent point son fils; et le plus orgueilleux des hommes descend! t, sans rougir, à de basses perfidies.

S'emparer de Constantinople , était devenu son idée fixe. Le sachant, les Grecs auraient dû éviter tout prétexte de rupture; loin de là, leurs ambassadeurs suivirent obstinément le camp turk: ils demandaient au Sulthan de payer, d'augmenter même la somme annuelle reçue par l'Empire. De telles obsessions fatiguaient le Divan; le vézyr Kalil-Pacha, secrètement dévoué aux chrétiens, crut même devoir leur transmettre l'opinion de ses collègues, en termes de nature à les effrayer. Malheureusement la salutaire impression d'un tel avertissement disparut devant l'obligeant accueil de Muhammed, devant sa gracieuse promesse de satisfaire les Grecs, dès son arrivée à Ândrinople.

Mais à peine eut-il repassé THellespont, que la pension fut supprimée, les officiers chassés des rives du Strymon.

Bientôt un acte plus significatif encore éclata, comme le menaçant manifeste d'une ardente convoitise : Baïezid- Yildirim ^ avait élevé, sur la rive asiatique du Bosphore, la forteresse de Guzel-Hyssar; Muhammed résolut d'en construire une plus formidable sur la rive opposée^ c'est-à-dire du côté de l'Europe.

* Et non Muhammed !«', grand-père de Muhammed II. Cest une erreur que Ducas, xxxiv, pag. 4 34 , place dans le discours de Tambassade grecque.

Cétait se rendre ainsi mattrc du passage de la mer Noire, et déjà commencer le siège de Constantinople ^

Différer davantage n'était plus au pouvoir de l'impa* tient Muhammed. Dessinant lui-même les murailles de Constantinople y il indiquait les points d'attaque, remplacement des batteries et des machines de guerre. Son sommeil en était troublé.

Une nuit , vers la seconde veille , il appela son vézyr Kalil-Pacha. L'heure , le message , le caractère dû maitre, sa propre conscience , tout alarma le ministre. C'est lui qui , possédant la conGance de Murad, avait préparé son retour au trône. Muhammed , lors de son avènement déGnitif , avait conGrmé Kalil-Pacba dans ses emplois ; mais plus sa faveur semblait grande, et plus le vieux vézyr se méGait de l'abîme: dévoué aux chrétiens sous le règne précédent^ il avait reçu le nom odieux pour les Osmanlis, de Giaour-Yol-Daschi^y et il entretenait avec l'ennemi de mystérieuses intelligences.

S'inclinant devant un tel ordre, Kalil-Pacha embrassa sa femme et ses enfants qu'il n'espérait plus revoir, remplit d'or une coupe, vint en toute hâte au palais, se prosterna aux pieds du Sulthan, et lui offrit le tribut de sa reconnaissante soumission, ce Non », lui répondit Muhammed, ce je ne reprends pas ce que je l'ai donné; »

i Gibbon , Histoire de la décadence et de la chute de V Empiré Romain,

« Cest le Kaêoup opta-pi que Ducan Iraduit par à xwv am^tiiv ouv- Hammer, Histoire de V Empire Ottoman, lom. II.

Page 1