‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 91 sur 217 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

culée du camp; cent mille fantassins d'Asie formaient l'aile droite^ en s'éiendant jusqu'à cette Porte Dorée, d'où partaient autrefois les triomphateurs , quand , à Constantinople, on triomphait encore ; on l'a murée à cause d'une prophétie annonçant que les chrétiens rentreraient un jour par cette porte: sur le frontispice reste encore le nom de Théodose, qui, après les défaites des barbares et de Maiime, l'avait surmontée d'une statue de la Victoire.

L'aile gauche, de cinquante mille Européens, se pro^ longeait dans la direction du nord, jusqu'à la Porte de Bois {Odoun'Kapouçi)y et au golfe de Chrysocéras.

Le Sùlthan he tenait au centre , avec quinze mille Janissaires. Sa tente se dressait derrière la colline qui fait face à la porte anciennement appelée Caligaria, et que les Turks ont appelée J?gfrt-iirapoMpt\Por te Courbée). Douze cents Janissaires en défendaient les abords; un fossé profond , fortement palissade , l'entourait. Pour contenir les Génois de Fera et de Galata, Zaganos-Pacha, parent de Muhaihmed, alla s'établir, avec quelques troupes, au-dessus du port intérieur.

La flotte était de dix-huit trirèmes, de quarante-huit bîrèmes, de vingt-cinq navires de transport, de plus de trois cents autres de moindre grandeur ; en tout quatre cent vingt bâtiments. On l'avait équipée pendant Thiver, sous la direction de Balta-Oghlou, dans une baie du Bosphore qui s'appelle encore aujourd'hui la baie de Balta-Oghlou. Ayant appareillé à Phidalia, elle fit voile

vers Diploncion (Beschiktasch). C'est de cette rade qu'une partie des bâtiments allait être bientôt tirée à terre.

Bourgade thracienne sous le nom de Lygos, colonie grecque sous celui de Byzance *, puis, nouvelle capitale de l'Empire Romain sous la pompeuse dénomination de Nea Pcofxa , devenue enfin et restée Koo<rTavTivo7roXiç *, cette belle reine du Bosphore, assise, comme sur un trône, sur son promontoire partagé en sept collines, semble destinée à dominer deux mers et deux parties du monde.

La mer de Marmara, l'antique Propontide^mer intérieure de cinquante lieues de long sur vingt-cinq de large, renfermée entre l'Europe et l'Asie , reçoit, d'une part, le Bosphore de Thrace, et, de l'autre, elle communique avec l'Archipel (OEgeum-Mare) par le détroit des Dardanelles.

* Six cent cinquante-six ans avant J. C, Byzas, à la tète d'une colonie mégarienne , s'arrétant sur le magnifique promontoire de forme triangulaire, dominé par sept collines inégales qui se dressent en face de TAsie, y fonda, au 410^27" de latitude, et au 26°35 de longitude, la ville devenue depuis si célèbre, et lui donna son nom.

* Les Byzantins parlaient dorien. Quant aux paysans des environs, dans leur grec dorien vulgaire , ils disaient en s'y rendant ; « Nous allons, es tan bolin, dans la ville. » Des mots grecs, i; t9iv tcoXiv, les Turks ont fait htambol, et par un jeu de mots à sens religieux, hlamboljplénitude de Vislamisme. Ils l'appellent aussi Oummedunya {Mère du Monde), Stamboul {la bien gardée) .

Dans les annales russes, elle se nomme Tzarigorod, ou la ville royale ; Tzarigrod chez les Slaves ; Zarigrad chez les Bulgares et les Valaques. Dès le x® siècle, les Islandais et les peuples Scandinaves la connaissaient sous le nom de Myklagard (la Grande Cité).

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