‹ Histoire de Scanderbeg; on, Turks et chrétieus au xv siècleChapitre 93 sur 217 · LIVRE IV.~U · texte numérisé non relu

LIVRE IV.~U

Voilà / à peu près , Constantinople; quand le fils dé Murad vint l'assiéger.

A la vue du formidable appareil qui enveloppait leur ville comme un linceul de mort, l'abattement, le désespoir s'emparèrent des habitants. Partout leur mobile imagination découvrait des signes de la colère céleste. Météores enflammés, prédictions sinistres, pieuses révélations, tout troublait ces âmes défaillantes. On exhuma, des archives de l'État, une prétendue prophétie de l'empereur Léon VI *, si singulièrement surnommé le Philosophe, et qui annonçait, pour l'époque d'alors, la fin de VEiliy?e d'Orient, prophétie fondée sur la découverte dd deux tablettes, trouvées récemment dans le cloître dô Saint-George, près de l'Arsenal (à la Pointe du Serai). Ces tablettes, divisées chacune en plusieurs champs ^ contenaient, l'une la série des empereurs, l'autre celle des patriarches à partir du règne de Léon; mais le nom du dernier empereur et celui du dernier patriarche man-

* Il avait la prétention de lire dans l'avenir, et les superstitieux Grecs ne lui contestaient pas cet avantage. On a conservé de lui diïsept oracles, phrases sans suite et sans raison , en vers ïambiques. Mais Léon a laissé d'autres travaux plus recommandables : il refondit le Corps de Droit commencé par Basile , et qu'on appela Basili-' ques ; il publia cent treize Nouvelles et des Epilomes. Son meilleur ouvrage est sa Tactique. Les bibliothèques de Florence et du Vatican renferment sans doute d'autres ouvrages militaires de Léon en manuscrit, et des discours religieux et moraux, car ce prince sans mœurs se consolait des vertus qui lui manquaient, en en parlant beaucoup. H avait aussi composé un éantique sur le Jugement Dernier et un poème sur la triste décadence de la Grèce*

quaient à chaque série, pour lesquelles deux champs avaient été laissé vides.

Une autre prophétie, annonçant la chute de TEmpire Grec, se trouvait parmi les oracles attribués à la sibylle d'Erythrée.

Suivant un récit accrédité, Michel, le premier des Paléologues, ayant demandé à un devin quelles seraient les destinées de TEmpire sous ses descendants, celui*-ci, pour toute réponse, n'avait prononcé qu'un mot : Mamaïmi; or, ce mot, privé de sens en lui-même, indiquait néanmoins, disait-on, par le nombre de ses lettres, qu'il y aurait sept empereurs de la famille des PaléoitTgaetr^ et que le dernier serait précipité du trône. On étendait le même présage à la famille d'Othman ; elle ne devait également donner que sept princes, et perdre ensuite l'héritage des Seldjoukides.

Enfin un écrivain byzantin rapporte qu'après la bataille de Kossowa, Hunyade déplorant sa défaite, un vieillard s'avança pour le consoler, et lui dit : c< Tant a que les Grecs n'auront pas été exterminés, les chrétiens « seront toujours malheureux. Pour mettre un terme aux «revers des fidèles, il faut que Constantinople tombe au a pouvoir des Turks. »

Outre deux prédictions relatives à deux des portes de Constantinople, il y en avait deux autres spéciales à la ville elle-même : d'après l'une , les ennemis pénétreraient au milieu de Constantinople , jusqu'à la place du Taureau; mais là les habitants se retourne^

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