LIVRE IV
melle de concours; les princes italiens gnerroyaient entre eux ; i'Aragon et la Castille n'avaient pas encore associé leurs destinées ; le Croissant était toujours arboré sur une partie de l'Espagne.
Quelques années auparavant, lorsque le pape Eugène ly avait réclamé l'assistance de l'Empereur : « Ce a sont les Grecs, d répondit le monarque avec humeur, a qui ont ouvert aux Turks les portes de l'Europe^ et oc mis le loup dans la bergerie* }s>
Quant aux Français^ restés indifférents à la chute de Baudoin 11^ ils ne s'émurent pas en faveur de VEm-pire grec; d'ailleurs Charles VII achevait la délivrance du royaume et l'expulsion des A nglais#
L'Angleterre commençait ses luttes intestines. Seuls dans toute l'Europe, les Génois et les Vénitiens qtif avaient des intérêts en Orient^ les Polonais et les Hongrois, les premiers menacés après la chute des Grecs ^ répondirent en 1442^ au cri d'alarme du chef suprême de la chrétienté ; une croisade contre les Turks fut préchée dans les diètes de Polc^ne el de Hongrie* Mais la Pologne était alors trop mal gouvernée pom agir puissamnœnt au dehors , et une fermentation iH'^ térieure travaillait la Hongrie.
Quatre vaisseaux génois ^ dont un appartenant i l'empereur Frédéric HI^ voilà presque toute l'assiatMCé qu'obtint Constantinople I
Il faut le dire aussi : jamais les querelles religieuses n'avaient été plus ardentes; jamais la hainedes sebisma-
184 HISTOIRK DE SCANDERBEG.
tiques contre les Latins n'avait échté avec plus de fureur* Le croirait-on? Dans ce moment suprême où^ faute de défenseurs, FEmpire allait succomber, Constantin Paléologue fut en butte aux sarcasmes, aux malédictions de ses sujets pour avoir manifesté la judicieuse pensée d'invoquer l'appui de l'Occident. « Non, ts> s'écriaient les Grecs sur les places publiques, dans les rues, sous les fenêtres du palais impérial, « non, nous « ne voulons ni des Latins, ni de leurs secours I Loin « de nous l'abominable culte des azymites! y>— « Quant a à moi, » disait le grand-duc Notharas, ce j'aimerais « cent fois mieux voir, à Constantinople, le turban des <£ Turks, que la tiare du pape. y>
N'est-ce pas là le presbytérien Knox disant, à propos des catholiques romains : « J^aimerais mieux voir dé^ « barquer vingt mille ennemis en Ecosse, que d'y voir <c célébrer une messe I » Ces deux fanatiques avaient le malheur d'être de la même famille.
Loin de songer aux Turks prêts à les écraser, les insensés Constantinopolitains ne songeaient qu'à empêcher le rapprochement des partis. Le 12 décembre de Tannée précédente, dans l'église de Sainte-Sophie, un simulacre de réconciliation * avait eu lieu ; mais cette hypocrite démonstration n'était due qu'à l'espoir d'intéresser à leur sort les grandes puissances d'Europe, et d'obtenir ainsi quelques secours. Le feu du schisme
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