ANTONIO FEDERIGHI. BENITIER DE LA CATHEDRALE DE SIENNE
LA SCULPTURE SIENXOISE 299
de la cathédrale, et de donner à l'enseignement le temps et l'énergie qu'il aurait pu consacrer au perfectionnement de son talent et à la production d'oeuvres originales importantes.
C'est comme peintre que Neroccio di Bartolommeo se distingua surtout : la statue de bois de sainte Catherine de Sienne à Fontebranda, le monument de l'évêque Tommaso Piccolomini, au-dessus de la porte du Campanile, dans la cathédrale, la statue de sainte Catherine d'Alexandrie dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste, ne révèlent que faiblement et par à-coups le sens exquis de la beauté des lignes qui s'épanouit dans ses peintures. Neroccio offre cependant un intérêt comme sculpteur ; c'est en effet le seul artiste siennois de sa génération, avec Pietro del Minella et ses frères, qui ait imité délia Quercia. Federighi fut un artiste indépendant; le Vecchietta, Cozzarelli et Urbano da Cortona suivirent Donatello ; Neroccio, en sculpture comme en peinture, reste distinctement siennois. Sa sainte Catherine d'Alexandrie appartient à l'école de délia Quercia : dans la pose, dans le dessin des draperies et surtout dans les plis au-dessus et au-dessous de la ceinture, on relève la marque de l'influence du maître.
Urbano da Cortona, d'abord élève de Donatello, pratiqua aux côtés du grand sculpteur florentin, alors qu'il travaillait à l'autel de la cathédrale de Padoue ; puis, venu de très bonne heure à Sienne, il s'affilia à l'école siennoise et passa presque tout le reste de ses jours dans sa ville d'adoption. Ses bas-reliefs, dans la cathédrale, et la louve qui surmonte le piédestal devant le Palais de la Seigneurie, ne décèlent pas de traces de génie. Urbano est l'homme d'une œuvre : le monument Felici à San Francesco. Il personnifie le cas, moins rare dans l'histoire des lettres que dans celle des autres arts, d'un artiste
3ûO HISTOIRE DE SIENNE
médiocre réussissant à produire un chef-d'œuvre. Dans la statue couchée de Cristoforo Felici, comme dans l'encadrement décoratif du monument, se manifeste l'heureuse imitation du grand maître d'Urbano. Les deux angioletti que séparent des couronnes lui furent suggérés sans aucun doute par le tombeau de Jean de Médicis, de Donatello, dans la sacristie de San Lorenzo à Florence. Les trois panneaux, derrière la statue de Felici, appartenaient autrefois au tableau d'autel de Padoue.
Plus fécond, comme sculpteur, fut Giacomo Cozzarelli. Parmi les œuvres se trouvant à Sienne, qu'on a avec raison attribuées à cet artiste, figurent une statue en terre cuite de saint Sigismond, à Santa Maria del Carmine; une Madone en relief, au cloître de San Francesco ; le monument de Giovanni Battista Tondi, dans le vestibule de l'hôpital ; une statue, en bois, de Niccolo da Tolentino, à San Agostino ; celle, également en bois, de saint Vincent Ferrier, à San Spirito ; un buste de sainte Catherine, dans la Via Benincasa ; une statue agenouillée de saint Jean Pévangéliste, en terre cuite, à l'Œuvre de la cathédrale ; les superbes ornements de bronze, sur la façade du Palazzo del Magnifico et une Pietà en terre cuite dans la sacristie de l'église de l'Observance. Cozzarelli recourut, on le voit, à différents matériaux : il produisit ainsi nombre d'œuvres agréables, heureuses au point de vue de la technique, mais jamais hors pair. Nous relevons de temps à autre dans ses statues une intimité empreinte de tendresse, une individualité d'expression qui décèlent l'influence d'Andréa délia Robbia. Cozzarelli appartient à cette catégorie d'artistes, encore fréquenté de nos jours, dont on dit : ce C'est un bon professeur » ; il faut voir en lui le directeur versatile d'une école d'art.
Contemporain de Cozzarelli, Giovanni di Stefano, fils du peintre Sassetta, dessina la chapelle Saint-Jean-Bap-
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Chapelle du couvent de lObservance, Sienne.
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