‹ Histoire de SienneChapitre 7 sur 38 · L ARCHITECTURE A SIENNE · texte numérisé non relu

L ARCHITECTURE A SIENNE

dire près d'un demi-siècle après la Loggia di Mercanzia l. Conçue par Antonio Federighi, un des plus grands artistes siennois de la Renaissance, que nous aurons l'occasion d'étudier comme sculpteur dans un prochain chapitre, elle offre un contraste frappant avec son aînée. A peu près dépourvue de décoration, elle tire presque exclusivement son effet de ses qualités architecturales. A la fois plus légère et plus imposante, elle est plus gracieuse de lignes et plus harmonieuse dans ses proportions. A la même période appartiennent le Palais Todeschini-Piccolomini, qui abrite aujourd'hui les Archives de la ville; le Palais Nerucci, actuellement le local de la Banca d'Italia, dessiné par Rossellino pour la sœur de Pie II, Caterina Piccolomini, mais construit effectivement sous la direction, d'abord de Federighi, puis d'Urbano de Cortone ; le Palazzo del Turco, appelé aussi dei Diavoli, dessiné par Federighi ; le Palais Spannocchi, élevé en i47par Giuliano da Maiano 2 et qui abrita longtemps la poste ; le Palais des Moines de San Galgano, construit deux ans plus tard par le même architecte ; et le Palais Constantini, attribué par quelques-uns à Francesco di Giorgio.

De tous ces palais, le plus remarquable est le Palais Todeschini-Piccolomini que construisit Pietro Paolo Porrina de Gasole3, le rival de Francesco di Giorgio. Sienne possède plusieurs bâtiments du Quattrocento qui ne sont pas dépourvus de charme, mais celui-ci est le seul édifice Renaissance de la ville qui agisse sur l'imagination de la même manière que certains grands palais de Florence.

1 On trouve dans les registres du Trésor secret du Vatican l'inscription d'un paiement effectué en décembre 1460, « per fare la loggia in Sieua. » Le travail marcha lentement, car elle ne fut certainement pas terminée avant les derniers mois de 1462. Cf. E. Mùntz, Les arts à la Cour des Papes, ira partie, Martin V-Pie II, Paris, 1878.

2 Mise. Stor. Sen., vol. III, i8g5, p. 59.

3 Allegretto Allegretti, Diarj Sanesi, dans Muratori, Rer. Ital Script., t. XXIII, c. 773.

D'une beauté austère et majestueuse, c'était bien l'habitation convenant aux chefs d'une grande famille qui, pendant des générations, avait rendu d'éminents services à l'État.

C'est à la première moitié du Cinquecento qu'appartiennent le Palazzo del Magnifico, ce beau palais aux superbes ornements de bronze que Giacomo Gozzarelli i bâtit pour Pandolfo Petrucci ; le Palais Pollini, attribué, non sans raison à notre avis, à Baldassare Peruzzi ; la loggia de la maison de sainte Catherine, également attribuée à Peruzzi, et plusieurs autres constructions moins considérables.

Il résulte de ce recensement rapide que presque tous les édifices siennois ayant quelque importance architecturale se répartissent en quatre courtes périodes. La première, de transition entre le roman et le gothique, est la période des Venriquattro, celle où l'on construisit la cathédrale : elle dura de i23o à 1266 environ. La deuxième fut l'âge gothique, l'époque des Nove, celle de la grande cathédrale inachevée et des palais gothiques, de 1288 à i3f>7. La troisième qui n'embrasse que quinze ans, de 1460 à i47^, fut la première période de la Renaissance, celle de Pie II. Enfin la dernière époque fut celle delà seconde période de la Renaissance, l'époque de Pandolfo Petrucci de 1487 à i5i2. Les principaux monuments appartenant à ces quelques années de despotisme sont le Palazzo del Magnifico, les églises San Sebastiano de de Valle Piatta et San Spirito.

1 II ne faut pas confondre Giacomo Cozzarelli, sculpteur et architecte, avec Giudoccio Cozzarelli, peintre et miniaturiste. M. Hastings a commis cette erreur dans son Siena, its Architecture and Art, Londres (1902, p. 3o), ainsi que l'éminent critique de la peinture italienne qui a eu l'aimable attention d'écrire des notices sur les étiquettes de quelques-unes des peintrres de la Bibliothèque de Christ Church, à Oxford.

Page 1