Tempeali, lU). XX, n9 i, p
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parler franchement, nous n'avons audune intention de le dissiper. Nos constitutions, que nous avons jurées, déterminent les causes qui peuvent nous autoriser à en fournir une partie aux étrangers. Or, supposes^ que nous envoyions un million, nous vou^ drions bien savoir de vous oii cette énorme somme passerait? Peut-être, direz-vous, à acheter des vivres, Mais nous répondrions que le Navarrais veut réduire Paris par la famine. Peut-être, répliqueriei;»vous, cet argent servirait à apaiser Tennemi et à épargner à la ville les horreurs d'un assaut. Ainsi, tout cet argent irait dans les mains du Navarrais, et je sais trop bien que, YQus autres, vous n*approuveress jamais, avec raison, que le tréspr sacré da Rome serve à engraisser un hérétique, qui n'aspire pas moins h se procurer de l'argent qu'à conquérir Paris, et s'il n'aime pas à ré^ pandre le sang des Parisiens, il ne pardonnerait pas l'effusion de ces trésors. C'est pourquoi, si les Parisiens ont besoin d'acheter des vivres, qu'ils disposent des objets précieuj( des églises, qui sont inutiles au culte sacré ; qu'ils s'en servent donc, parce que les écus de France, aussi bien que les écus rassemblés par nous, sont également des biens ecclésiastiques. Ensuite, s'ils ont besoin xl'argent pour soutenir la guerre, on peut faire la même réponse. Nous voyons que, tous les joui^, les affaires du Navarrais vont de mieux en mieux, et nous pouvons conclure qu'il faudra que Paris se rende, quand môme il aurait le million. Nous attendrons donc, pour apprendre à être libéral, que nous ayons vu quel secours ils auront reçus des Espagnols. Et vous savez combien d'écrits ont été publiés, qui prouvent qji'on ne doit pas s'embarrasser de la Ligue, et qu'il vaut mieux que le Navarrais soit roi
de France '. » Ainsi, ancon noaveaa subside ne fat accordé aux ligueurs.
Les prévisions de Sixte se réalisaient en Franoe : le légat, enfermé dans Paris, commençait à se repentir de n'ayoir pas accepté rinyitation du maréchal de Biron. Se ravisant un peu tard, il lui envoya Tévéque de Geneda, de la noble famille Mocenigo, de Venise, un de ses secrétaires. Le maréchal reçut Tévëgae à Brie-sur-Seine, où il était campé. Après un court entretien, il le conduisit au roi. Henri Taccueillit avec sa bienveillance et sa bonne humeur habituelles. Aux regrets exprimés par Tévéque, au nom du légat, sur ce que renvoyé du souverain pontife se trouvait enfermé dans Paris sans pouvoir en sortir, le roi répondit : (f Qu'il considérait Paris et tout ce qui était dedans, ainsi que tout ce qui voulait y entrer ou en sortir, comme ennemi, et qu'il ne croyait pas faire tort à Sa Sainteté en faisant la guerre audit légat, qui la lui avait déclarée, et qui excitait contre lui tous les princes chrétiens. » Et pour convaincre l'évéque de la vérité de ces assertions, Henri prit un malin plaisir à lui montrer plus de cent lettres, écrites contre lui par le légat à différents princes et à d'autres personnes, lettres qu'il avait fait intercepter. Il lui représenta aussi une dépêche écrite par l'ambassadeur d'Espagne, D. Bernardino di Mendozza, à Philippe H, dans laquelle, après avoir fait l'éloge des services rendus par le légat, l'ambassadeur priait le roi de lui faire payer la pension qu'il lui avait assurée, ainsi que celle de son secrétaire, s'il ne voulait pas les voir abandonner la cause espagnole.