‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 106 sur 174 · Gaerra, t. lii, p. 90, 2« col · texte numérisé non relu

Gaerra, t. lii, p. 90, 2« col

2. Voy. dans Guerra, t, 111, p. 90 et suiv., l'analyse des bulle» relatives à sa constraction , les indalgences accordées à ceux qui donnent de l'argent pour y contribaer, et l'institution du coU^s^ oo congrégation chargée de Teiller à la oonserration de l'édifice.

-de Vérone, dominicain, et Raphaël Sanzio. Ces artistes jugeant qae rédiiice ne pourrait soutenir la coupole, renforcèrent les piliers, et changèrent la forme de t*église de croix grecque en croix latine. San Gallo •étant mort en 1517, frère Giocondo ayant quitté Rome «et Raphaël étant venu à mourir en 1520, Léon X leur substitua Balthazar Peruzzi. Cet architecte, pour économiser le temps et Targent, réduisit de nouveau la basilique en croix grecque, plaçant la sacristie et les 'Clochers dans les angles, afin de maintenir la symétrie carrée de l'édifice. Léon X mourut en 1521, et son successeur Adrien VI, à cause de la brièveté de son pontificat, ne fit pas continuer les travaux. Ils restèrent également suspendus sous Clément VII, préoccupé d'autres soins occasionnés par le malheureux sac de Rome en 1527. A Clément VII succéda Paul III, de la maison Farnèse, qui nomma pour architecte de Saint-Pierre Antonio Picconi di San Gallo, neveu de «Giuliano cité plus haut. Antonio modifia le plan et renforça encore les piliers. A sa mort, arrivée en 1546, il laissa l'œuvre inachevée. Paul III alors fit venir à Rome Michel-Ange, qui, en quinze jours, fit un plan tout à fait nouveau. Il conserva la forme en croix -grecque, imagina la coupole à double voûte, la faisant reposer sur des murs très-épais, et non sur des colonnes: il dessina la façade, ressemblant à celle du Panthéon d' Agrippa, et proposa de recouvrir la partie •extérieure de l'édifice en Travertin et non en Peperin^ comme Bramante en avait eu l'idée. Enfin, il projeta de donner à la basilique six cents palmes de longueur -et autant de largeur et de hauteur. Satisfait de ce plan, Paul III déclara le Buonarotti architecte de Saint-Pierre, et lui donna les pouvoirs les plus amples

pour en continuer la construction. Elle fut conduite: par lui jusqu'au tambour, au-dessus duquel il devait élever la coupole. Paul III étant mort en 1549, Michel- Ange poursuivit Tœuvre sous Jules III, Marcel II et Paul IV. Ce dernier, dans la crainte que ce vaillant artiste ne vînt à manquer, lui lit faire un modèle de la coupole. Michel-Ange mourut en 1564, le Barozzi et Pirro Ligorio lui furent substitués, avec la recommandation expresse de se conformer exactement au plan dressé. Ligorio ayant voulu innover, fut congédié par Pie V, qui refusa d'admettre les modifications^ proposées, et le Barozzi continua seul le travail, mais lentement, à cause du manque de fonds, toutes les ressources de Pie V étant absorbées par la guerre contre les Turcs. Le Barozzi mort, Grégoire XIII le remplaça par Giacomo délia Porta, auquel il fit achever, en peu de temps, la chapelle de Saint-Grégoire de Nazianze, sur le plan de Michel-Ange. Sixte-Quint, élu pape en 1585, confirma délia Porta dans sa charge d'architecte de la basilique de Saint-Pierre S et lui enjoignit de se conformer au modèle de la coupole laissé par Michel-Ange ; ce qu'il fit avec beaucoup de bonheur.

Les dômes, coupoles, ou voûtes élevées à une grande hauteur, furent connus des anciens; mais au temps de Sixte, deux seulement étaient restés debout, savoir :

1. Tempesli, t. II, lib. I, n» xxix, p. 12, dit que Domenico Fon-

tana fut adjoint à Giacomo délia Porta pour ceUe entreprise

«( Sisto,,, manifestb al mondo la stimn ehe eglifaceva del merito e del valore di Giacomo délia Porta e del cavalière Domenico Fou^

tana y architetti i piu eqregii délia medestma (Cvpofa), etc —

Mais il se trompe, et Fontana lui-même dans son ouvrage (f> ICI,. V*) déclaire que Giacomo est le seul constructeur de cette coU'» pôle.

le dôme du Panthéon érigé à Rome, du temps d'Au* gnste, par Agrippa, en Thonneur de tous les dieux du paganisme; et la coupole de Sainte-Sophie à Constan* tinople. G^est d'après les plans de ces deux monuments, que les architectes du moyen âge et de la Renaissance conçurent Vidée de les imiter. Le premier qui tenta cette entreprise fut l'illustre Brunelleschi, Florentin, qui éleva dans les airs le majestueux dôme de la cathédrale de Florence. Il le forma de deux coupoles, une à r intérieur, et une autre au-dessus, à Textérieur. Michel-Ange, qui vint efisuïlè^, prit modèle sur ce dôme et sur celui du Panthéon , combinant leurs formes pour composer son dessin de la coupole de Saint-Pierre. A Tavénement de Sixte, elle n'était pas commencée, et Ton peut voir dans la galerie supérieure de la cour de Saint-Damase, au Vatican, la représentation de la basilique de Saint -Pierre, telle qu'elle était sous le pontificat de Grégoire XIII.

Bien que Rome eût pu apprécier, depuis le mois de mai 1585, rétonnante activité du nouveau pontife, elle doutait néanmoins qu'il pût réussir à élever la coupole de Saint-Pierre. En effet, les hommes les plus expérimentés dans Tart de l'architecture affirmaient que pour mener à fin cette difficile entreprise, il faudrait employer dix années et dépenser au moins cinq millions d'écus d'or. Mais Sixte, laissant dire, recommanda seulement à Giacomo délia Porta deux choses : « l'une, de ne pas regarder à la dépeùse; l'autre de ne pas perdre un seul instante » Et, en vérité, Tarchitecte le servit fidèlement comme il le méritait : puisque, dans l'espace de moins de deux années, il commença

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