‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 107 sur 174 · Tempesli, 1. llflib. I, Ji<>zx.x, p · texte numérisé non relu

Tempesli, 1. llflib. I, Ji<>zx.x, p

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et termina la coupole ; le début de cette noble entre-^ prise ayant eu lieu le 15 juillet 1588, et son glorieiu achèvement dans le mois de mai 1590^

Le mur qui forme la première assise de la coupole est de la largeur de onze palmes et un quart. Il s'élève en formant une courbe, depuis le point où il surplombe en saillie jusqu'à soixante-deuxpalmesetdemie, et il va s'arrondissant peu à peu jusqu'à seize palmes du point où il se termine. L'épaisseur du mur est divisée en trois parties : sur les deux côtés reposent les deux coupoles extérieure et intérieure ; le milieu da mur laissé libre sert de corridor ou allée, pour accéder à l'une et à l'autre coupole. Seize grosses bandes, construites en relief, comme des pilastres, se détachent du niveau du mur : chacune d'elles, à sa naissance, est large de onze palmes et un quart, et va en diminuant vers son extrémité jusqu'à quatre palmes. Ces seize bandes de maçonnerie s'élèvent en s'arrondissant^ comme de grosses côtes, jusqu'au commencement de la lanterne, dont elles forment le point d'appui. Elles sont soutenues par les seize ailes qui composent le tambour ou voûte de la coupole. La distance et la courbure sont parfaitement égales entre elles. Ces bandes de maçonnerie ou côtes, furent établies avant toute autre partie, et on les laissa bien sécher, afin de les éprouver, et d'avoir la certitude qu'elles étaient assez fortes pour recevoir, sans fléchir, la charge du cintre. Entre ces espèces de grosses côtes, se détachent seize lames ou parties de voûte, chacune desquelles, à sa naissance, est épaisse de six palmes et

1 . Jusqu'à la lanterne seulement : cette dernière partie fut ter minée en sept mois , sous Grégoire XiV. Voy. Nibbj. Roma nelt «rnio MDCCCXIXVm, pùtte modema, 1. 1, p. 598.

demi, et s'élève, en s'arrondissant de la même manière que les grosses côtes, jusqu'à la lanterne. Entre la voûte intérieure et celle extérieure, dans l'espace resté vide, on a ménagé un passage très-commode, qui reçoit le jour des fenêtres qui éclairent l'intérieur de l'édifice.

Le diamètre du vide, ou partie concave de la cou* pôle qui correspond à l'église, est de cent quatre-vingtneuf palmes deux tiers; et le diamètre de l'intérieur de la lanterne est du sixième de celui de la coupole. La hauteur totale de la lanterne, depuis sa base, jusqu'à l'extrémité de la croix, qui repose sur la boule dorée capable de contenir quinze personnes*, est de cent dix-sept palmes cinq douzièmes. On a fait la remarque que, si la lanterne était descendue de la coupole et placée debout par terre sur la place du palais Farnèse, la pointe de la croix arriverait à la naissance du grand entablement de ce palais : d'où l'on peut dire que sur la plate-forme de la coupole de Saint- Pierre, on a construit un admirable édifice plus élevé qu'aucun palais de Rome.

Sixte ne fit point construire cette lanterne, mais il jouit de la satisfaction de voir la coupole terminée. Domenico Fonlana, dans l'ouvrage qu'il a publié sur les travaux et monuments exécutés par lui pour ce pontife, rend un éclatant hommage à l'architecte de la coupole de Saint-Pierre, le seul artiste qu'il ait nommé avec éloges. — « Notre Seigneur, dit-il, fait

1. Cette boule, d'un seul morceau de onze palmes de diamètre, et la croix dorée au-dessus, sont l'ouvrage de Bastiano Torrisani , dit le Rologna , Tondeur de la Chambre apostolique et des papes âixte-Quint et Clément Vili. — Voy. le Daglione, éd. di NapoU, 1733, p. 211,212.

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voûier à présent la coupole de cette grande église : c'est la plus haute construction qu'il y ait dans tonte la chrétienté, à laquelle travaillent continuellement plus de six cents hommes, avec la plus grande dili^ gence et une dépense énorme. Celte construction pourra être comptée, à juste titre, parmi les miracles du monde, tant à cause de son architecture, que pour la difficulté, l'élévation, la dépense et l'abondance des matériaux qu*on y emploie : tellement que je crois qu'elle devra durer jusqu'à la fin du monde. Mais je n'en parlerai pas davantage, parce qu'elle est connue de tous pour sa grandeur admirable, et messer Giacopo délia Porta en est l'architecte *. »

Émerveillés de ce prodigieux travail, accompli en si peu de temps, les Romains exaltèrent à Fenvi le génie du souverain pontife, et son poëte ordinaire, Silvio Anloniano, put dire avec vérité dans cette circonstance.

Pontifices olim quem fundavere priores PraBcipua Sixtus perficit arte tholum^

Et tantum Sixti se gloria tollit in altum Quantum se Sixti nobile toUet opus.

Magnus honos magni fundamina ponere templi; Sed finem cœptis addere major honos.

« Sixte achève avec un art remarquable, le dôme commencé par les pontifes ses prédécesseurs, et la gloire de Sixte s'élève aussi haut que s'élèvera un si noble ouvrage. C'est un grand honneur de poser les fondements d'un grand temple; mais c'est un hon^

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