CHAPITRE XVII
f triMpofft et redreiMiiient de Tobéiiiqae ém Tatiean, par Doaenico Foataiia.
La vne des anciens obélisques abandonnés dans Rome, les uns à moitié enfouis sous une masse de décombres, les autres brisés et gisant à terre, donna ridée à Sixte de les dégager, de les transporter et de les relever sur les places les plus belles de cette ville. n voulait les faire servir à la décoration de Fancienoe capitale du monde, 6t les consacrer au Dieu des chrétiens, afin de montrer le triomphe de TÉvangile sur le paganisme. On voit à Rome aujourd'hui douze obélisques debout \ dont aucun n'a conservé intact son état primitif, et n'est placé à l'endroit ou les anciens Romains l'avaient établi. Sixte eut l'honneur de faire ériger quatre de ces douze obélisques, qui sont : ceux du Vatican, de la place Saint-Jean de Lalran, de Sainte-Marie Majeure et de la place du Peuple.
Avant de raconter, avec Domenico Fontana, les moyens employés pour transporter et redresser ce^ énormes monolithes, nous croyons nécessaire dedon-
1. Les voici suivant Timportance de leur élevai ion et de leur masse. Ce sont ceux de Saint- Jean de Latran , du VaUcau , de la place du Peuple, de Monte- Citorio, de la place Navone, de Sainte- Marie Majeure, du Quirinal, de la Trinité des Monts, du Piiicio, du Panthéon, de la Minerve et de la villa Mattei.
ner quelques explications succinctes sur ces monuments de Part de l'antique Egypte.
Pline, dans son Histoire naturelle *, dit que les rois de ce pays firent tailler des obélisques d'un seul morceau de granit rose siénite, et qu'ils les consacrèrent au soleil, dont, par leur forme, ils imitaient les rayons. Il ajoute que les figures dont ils étaient couverts renfermaient l'explication des lois de la nature, telles qu'elles étaient interpiélées par la philosophie et la religion des Égyptiens. Âmmien Marcellin affirme, de son côté, que les obélisques étaient consacrés par les rois d'Égypie en l'honneur de leurs dieux, et que les hiéroglyphes dont ils sont couverts contiennent les vœux exprimés ou accomplis par ces rois. Celte explication se rapproche de celles données par M. Champollion et d'autres savants modernes; car il paraît aujourd'hui démontré que ces hiéroglyphes ne sont autre chose que des légendes écrites avec l'enflure du style oriental, contenant le récit des dons accordés par le soleil, désignés sous différentes dénominations, aux rois d'Egypte, avec les titres pompeux de ces princes.
Les obélisques de Rome n'ont pas tous des hiéroglyphes ; ceux du Vatican, du Quirinal et de Sainte- Marie Majeure en sont dépourvus. De l'absence de ces figures sur ces monolithes, on a conclu avec une grande probabilité' qu'ils sont l'œuvre des anciens Romains ; car ceux qui existent encore en Egypte en sont couverts. La justesse de ce raisonnement est du reste démontrée par Pline ', qui explique que l'obé-