‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 118 sur 174 · Fol · texte numérisé non relu

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VIE DE SIXTE-QUINT. 3"îï

iixë pour l'érection de Tobélisque. En outre, au lieu de le laisser arriver au palais du Vatican par la porte du Peuple, il le fit conduire par la porte Angélique, en longeant le Borgo^ et en l'obligeant à traverser la place de Saint-Pierre. La vue de cette armée d'ouvriers, travaillant au milieu d'une forêt de poutres et comme d'un immense filet de cordages, frappa le duc de Luxembourg, qui en témoigna son éton^ nement, en disant : — «Qu'il admirait Rome ressus^ citant par les mains de Sixte ^ » — La vérité est, qu'il n'y avait alors en Europe aucun souverain, sans ex* cepter Philippe II, l'ordonnateur du triste palais de TEscurial, qui pût être comparé, pour le goût des arts et l'ardeur des grandes entreprises, au pontife romain .

« L'obélisque, continue Fontana, fut dressé en cinquante-deux reprises, et ce fut un très-beau spectacle sous beaucoup de rapports; car il y avait un énorme concours de monde, et il y eut beaucoup de personnes qui, pour ne pas perdre les places où elles se trouvaient pour voir, restèrent à jeun jusqu'au^ soir. D'autres construisirent des espèces de tribunes élevées pour les curieux, et gagnèrent assez d'argent. Au coucher du soleil, l'aiguille se dressait droite sur son piédestal, mais, sous elle, se trouvait le traîneau qu'elle avait emporté avec elle pendant qu'on rélevait. Aussitôt, avec plusieurs mortiers, le signal fut donné au château Saint-Ange, dont toute l'artillerie se mit à répondre par des décharges réitérées, et la ville entière fut dans la joie. Tous les tambours et tous les trompettes de Rome accoururent à la maison

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