NiLby, Roma, ttc.^ parte aniica, t. II, p
la croix, cet obélisque a deux cent quatre palmes d'élévation.
A la suite de sa narration, Fontana donne, sur un môme folio (72) , deux dessins gravés représentant cet obélisque. Le premier montre Tétat dans lequel il se trouvait lorsqu'il fut découvert, avec ses fractures et l'ancien piédestal à côlé ; le second le fait voir tel qu'il a été rétabli.
Voici les inscriptions que Sixte fit graver en lettres majuscules sur ses quatre faces :
Du côté de la loge des Bénédictions :
Constantinus
Fer crucem
Victor
A. S. Silvestro hic
Baptizatus
Cruels gloriam
Propagavit.
Du côté de la Scala Santa :
FI. Constantinus Au g.
Constantini Aug. F.
Obeliscum a patrë
Loco suc mottifla
Diuque Alexandriae
Jacentem
Trecentorum remigum
Impositum navi
Mirandœ vastitatis
Per mare Tiberimque
Magnis molibus
Romam convectum
In circo max.
Ponendum S. P. Q. R. D. D.
Du cdtë tourné vers la rue qui va au Capitole :
FI. Gonstantinus
Maximus Aug.
Ghristianae fidei
Vindex et assertor
Obeliscum
Ab iEgyptio rege
Impuro voto
Soli dicatum
Sedib. avulsum suis
Fer Niium transferri
Alexaudriam jussit :
Ut novam Romam
Ab se tune conditam
Eo decoraret
Monumento.
Du côté qui fait face à Sainte-Marie Majeure :
Sixtus V. Pont. Max.
Obeliscum hune
Specie eximia
Temporum calamitate
Fractum circi max.
Ruinis humo limoque
Alte demersum multa
Impensa extraxit.
Hune in locum magno
Labore transtulit :
Formaeque pristinae
Accurate restitutum
Cruci invictissimae
Dicavit
A. MDLXXXVIIÏI. Pont. IIII.
La dépense du transport et de Férection de cet obélisque, à laquelle il est fait allusion dans Tinscription
qui précède, fut en effet considérable. Fontana n'en parle pas, mais Fea en a donné le chiffre, relevé des comptes authentiques^ : il s'élève à 24,7i6 écus (environ i 32,000 francs), non compris la fourniture faite par la Chambre apostolique de 2,858 livres de bronze pour les ornements et les lions qui soutiennent la croix. Fea ne dit pas si, dans la dépense qu'il indique, figure celle de la fontaine établie au pied de Taiguille, et dont nous parlerons ci-après.
8° Transport et érection de t obélisque de la place
du Peuple,
Cet obélisque fut le quatrième et dernier relevé par Fontana. Comme le précédent, il gisait dans le grand cirque, où il avait été amené d'Egypte par ordre d'Auguste, lorsqu'il eut réduit ce royaume à l'état de province romaine ; ce prince l'avait consacré au soleil. Comme celui de Saint-Jean de Latran, il était brisé en trois morceaux et couvert d'hiéroglyphes; seulement, il a deux de ses faces plus étroites que les deux autres. Le granit en est très-beau et admirablement travaillé. Dans le courant de 1588, Sixte ordoiina de le dresser sur la place du Peuple, près de l'église de Sainte-Marie, qu'il avait indiquée pour servir de titre à un cardinal. Celte opération, conduite avec les mêmes procédés que les premières, réussit complètement. L'aiguille fut restaurée, ses trois morceaux rapportés et ajustés et la croix posée sur la pointe avec les cérémonies accoutumées. Elle s'élève, en y comprenant la croix, à cent soixante-trois palmes au-dessus du niveau de la
1 . Dans ses MisceUaneOf t. II, p. 4, cités par Nibby, Roma, etc., parte autica, t. 11, p. 260.
place. Sur son piédestal, des deux côtés du nord et du midi, on voit gravée Tantique inscription :
Imp. CîEsar Divi F.
Augustus Pontifex maximus Imp. XÏI. Cos. XI, trib. pot. XIV.
, iEgypto in potestatem
Popuii Romani redact.
Soli donum dédit.
Sur la face tournée du côté de l'église, Sixte a fail graver Tinscription suivante :
Aûte sacram
Illius aedem
Augustior
Laetiorque surgo
Cujus ex utero
Virginali
Aug. imperante
Sol justitiae
Exortus est.
Sur l'autre face à Toccident :
Sixtus V. Pont. Max.
Obeliscum hune
A Caesare Aug. soli
In circo max. ritu
Dicatum împio
Miseranda ruina
Fractum obrutumque
Erui, transferri,
Formae suae reddi,
Crueique invictiss.
Dedicari jussit
A. MDLXXXVIIII. Pont. IIII.
« Cette aiguille, fait remarquej Fontana en terminant son récit de Térection des obélisques, est située dans un très-beau lieu, eu égard à ce qu'elle se dresse vis-à-vis de la porte du Peuple, laquelle est la plus belle entrée de Rome. Car de cette porte à Ponte- Molle sur le Tibre, il y a plus d'un mille d'étendue, et tout cet espace est garni de palais et de superbes villas. Lorsqu'on a traversé la porte, on se trouve en face de trois rues les plus belles de Rome, très-droites et très-longues, et notre seigneur se propose d'y faire venir la quatrième, la plus longue de toutes, qui n'est pas encore finie. L'aiguille est placée de telle sorte, qu'elle se voit d'un bout à l'autre de ces trois rues. «
L'obélisque delà porte du Peuple, fut le dernier que Sixte ordonna de redresser. En souvenir de la réussite de l'heureuse érection des quatre aiguilles du Vatican, de Sainte-Marie Majeure, de Saint-Jean de Latran et de la place du Peuple, le pontife fit frapper une médaille qui présente, d'un côté, son effigie, et de l'autre les quatre monolithes avec ces mots : Cruci felicius consecrata.
Fontana lui-même , si l'on s'en rapporte au frontispice qui précède sa vie par Rellori, se fit frapper une médaille, pour transmettre à la postérité le souvenir du redressement de l'obélisque du Vatican , la première et la plus difficile de ces quatre entreprises. On y voit son buste sur la face , avec ces mots : Domenico Fontana civ, Rom, com, palat, eq. aur, (citoyen romain, comte Palatin, chevalier de l'Éperon d'or) ; au revers, l'obélisque du Vatican ; dans le champ à gauche : Jjjissu Xysti Quinti; à droite : Pont, Opt, Max; autour : Bx Ner. Cir, transtulit et erexit.
Enfin, dans le dessin gravé par Sebbenico, sur une
seule feuille, des quatre faces de l'obélisque de la place du Peuple, et des deux colonnes Trajane et Anfonine, Fontana a placé Técusson de ses armes, au bas d'une dédicace à Sixte, son constant protecteur. Cet écusson de forme ovale, surmonté d'un casque à cimier, représente, au milieu du champ, un obélisque, et , de chaque côté, une fontaine versant de l'eau, surmontée d'une équerre. Ces armes sont, on le voit, à la fois parlantes et emblématiques.