Le ministre d'Auguste, le même qui bâtit le Panthéon
3. Nibby, Roma, parte antica, t. 1, p. 30, a traduit le mot Lacus par Fontanc versanii, ce qui répondrait aux anciennes bornes- Tontaines de Paris.
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Frontin, dans son Traité des aqueducs *, confirme le récit de Pline. < Marcus Agrippa, dit-il, après Tédiliié qu'il exerça étant consulaire, fut, le premier, chargé de l'intendance perpétuelle des eaux, qui étaient pour ainsi dire son propre ouvrage, et qu'on devait à sa générosité. Les eaux étant alors abondantes, il détermina par des règlements la quantité qui serait accordée, soit aux travaux publics, soit aux réservoirs, soit aux particuliers. Il établit même à ses frais un corps d'esclaves chargés de l'entretien des aqueducs, des châteaux d'eaux et des réservoirs. Auguste, à qui ces esclaves échurent en héritage, les donna à TÉtat. »
« Mais tous les aqueducs des époques antérieures, fait remarquer Pline ^ , le cèdent à celui que commença Caligula et que termina Claude. Les eaux des sources Curtia^ Cœrulea et Anio novus ont été amenées à Rome d'une distance de quarante milles, et élevées au niveau des sept collines. On alloua pour cet ouvrage 55 millions 500,000 sesterces. Si l'on considère attentivement quelle quantité d'eau il a fourni au public pour les bains, les rései-voirs,^les maisons, les canaux, les jardins, les faubourgs, les maisons de campagne; si Ton songe aux arcades construites pour les amener de si loin, ainsi qu'aux montagnes percées et aux vallées comblées, on avouera que le monde entier n'offre point de merveilles plus étonnantes. »
Aussi Frontin, intendant des eaux sous Nerva et Trajan, en parlant des ouvrages exécutés par ordre
1. Traduil par M. Ch. Dailly, dans la collection des classiques laUns publiés par la librairie Panckoucke, 2^ série, p. 444-445, no 98.
2» Loc. cit.
de Galigula et Claude, afin d^amener les eaux à Rome, s^écrie arec on enlbonsiasme bien natorel : « Gomment comparer à ces constmctions si nomlH^nses et si vastes, exigées par cette immense quantité d'eau, les pyramides évidemment inntiles on les onvrages oiseoi et trop vantés des Grecs ^? » — On pent voir encore, dans la campagne de Rome, les restes des arcades de Teaa Claudia et Aniene tuwa^ ceux da grand château on réservoir près de la Porta Maggiore, à gauche en sortant de la ville, le monument magnifique, ancien arc-de-triomphe dont on a fait la porte Majeure, avec rinscription antique attestant les travaux ordonnés par Tempereur Claude; enfin, aux Esquilies, les raines de la grande fontaine, connue sous le nom des Cent- Salles.
Après Claude , les empereurs qui s'attachèrent le plus à augmenter le volume des eaux destinées à Rome, furent Nerva, Trajan, Adrien, les Antonin, Septime Sévère, Dioctétien et CiOnstantin. Sous le règne de Trajan, Frontin, qui en avait Tadministration supérieare, a donné la quantité totale d'eau absorbée chaque joor de son temps dans la capitale du monde, tant pour les services publics que pour les besoins des particaliers. Cette quantité était alors de 14,018 quinaires, équivalant, selon le calcul de M. de Prony ^ à 785,000 mètres cubes d'eau. Mais il faut ajouter à ce chiffre dix mille quinaires (557,000 mètres cubes) que Frontin recouvra sur des détournements frauduleux, et fil rentrer pour l'usage du public. En outre, pour avoir la quantité totale des eaux qui alimentaient l'ancienne
1. De ÀqKxdvciibus, daos la coUecUon prédtée, p. 386-7, n<* 16.
2. Mémoires de T Académie des sciences, L II, p. 451, Année 1817.
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ville des Césars, il faut tenir compte du produit de cinq autres aqueducs, qui furent construits après Trajan, jusques et compris le règne de Constantin ^ De sorte que, sans rien exagérer , il est permis d'évaluer à plus de quinze cent mille mètres cubes la totalité du volume d'eau qui était conduite à Rome, et débitée en vingt-quatre heures, par les quatorze a:queducs élevés à cet effet sur une longueur d'environ cinq cents kilomètres, et qui fonctionnaient tous sous les règnes de Dioclétien et de Constantin.
La propriété de ces eaux appartenait en partie au fisc de l'empereur (fiscus) ; en partie au Trésor public [/Erariumpublicum) : mais souvent, les mauvais princes s'approprièrent les redevances auxquelles le Trésor avait droit. Frontin explique, en effet*, « qu'il fit rentrer au Trésor public, grâce à l'équité de Nerva, une somme de 250,000 sesterces, versée naguère dans lés coffres de Domitien. »
Ce dernier empereur n'accordait pas facilement des concessions d'eau gratuites. Une épigramme de Martial en est la preuve. Voici la demande qui lui fut adressée par le poëte satirique qui, semblable en cela aux autres solliciteurs, savait flatter le tyran, lorsque son intérêt l'y poussait :
Est mihi, sitque precor longum, te praeside, Gaesar,
Rus minimum : parvi sunt et in urbe lares : Sed de valle brevî, quas det sitientibus hortis,
Gurva laboratas antlia tollit aquas.
Sicca domus queritur nulio se rore foveri^
Quum mihi vicino Martia fonte sonet :
t. Yoy. la note 43, p. 488, de la traduction précitée de I'ou« -vrage de FronUn.