Dans ion Traité, n» 118, p
Qaam décris nostris^ Auguste, penatibus undanii Gastalis hœc nobis^ aut lovis imber erit.
« Je possède, César, un petit bien de campagne, puissé-je le posséder longtemps sous ton règne ! et j'ai, de plus, une maisonnette à la ville. Mais c'est à grand' peine qu'une pompe recourbée apporte à mon jardin . altéré Teau d'une étroite vallée, et ma maison à sec gémit de ne pas jouir de la moindre rosée, lorsque tout près se fait entendre le bruit de la fontaine Martia. Prince auguste , l'eau dont tu auras gratifié mes pénates, deviendra pour moi l'eau de Castalie, ou la pluie d'or de Jupiter ^ »
Rome jouit de la plus grande quantité d'eau pen- . dant près de deux siècles, de Constantin en 306, jusqu'à la fin du règne de Théodoric, en 541. Bien qu'elle eût été prise par Alaric , en 409 , il ne parait pas que les Goths eussent endommagé ses aqueducs el ses fontaines, puisque Claudius Rutilus Numatianus, qui composa les distiques de son itinéraire après cet événement, décrit encore leur beauté dans ces vers emphatiques :
Quid loqûar acrio pendenles fornice rivos.
Que vix imbriferas tolleret Iris aquas?
Hos potius dices crevisse in sidéra montes.
Taie giganteum Graecia laudat opus.
Intercepta tuis conduntur flumina mûris;
Consumunt totos celsa lavacra lacus.
1. Martial, lib. IX, ep« lox. Tnula«tion de MM. D«iMdi, Verger et Maugeart, dans rédition des classiques latins de Panckouck, t. Ill,p. 104-106.—- On ignore si la suppliqueda poëte futaoeueilUe favorablement par Domitien ; il est permis d'en douter^ ea lisant Tépigramme, n» xxxvii, du même Utto.
VIE DB SIXTE-QUJNT. 45i
Née miDus et proprîis celebrantur roscida venis^
Totaque naiivo mœnia fonte sonant.
Frigidus aestivas hinc tempérât halitus auras;
Innocuaraque levât purior unda sitim.
« Que dire de ces ruisseaux que des voûtes suspendent au milieu des airs, à une hauteur où Iris élevait à peine son arc chargé de pluie? On croirait voir dans ces monuments des montagnes entassées jusqu'au ciel parla main des géants dont la Grèce exalte les travaux. Détournés de leur cours, des fleuves sont enfermés dans tes murs; les bains, placés au sommet des édifices, épuisent des lacs entiers. Tu vois aussi circuler dans ton enceinte, des eaux vives, nées du sol même de la ville , et qui y résonnent de toutes parts. La fraîcheur qu'elles répandent tempère les chaudes vapeurs de Tété, et l'on peut sans danger se désaltérer dans leurs ondes limpides^. »
Ce pompeux éloge des eaux, des bains, des aqueducs de Rome, prouve que ces ouvrages étaient encore intacts. Ce fait est confirmé par Cassiodore *, sous le régne de Tbéodoric, environ vingt ans avant leur destruction par Vitigès. Ce général rompit et démolit les aqueducs, afin de priver Rome, qu'il assiégeait, de Feau nécessaire pour faire tourner les moulins, et la forcer aijisi à se rendre.
Depuis cette époque, tous ces utiles et magnifiques ouvrages demeurèrent ruinés, et dans l'intérieur de Rome, la population des collines fut obligée d'abandonner les lieux élevés pour se rapprocher du Tibre, qui fournit seul, comme dans les quatre premiers siè-
1. Traduction de M. E. DespoU, dans les classiques latins de PanclLouclte, 2* série, p. 14-15.